10/06/2013

Grand Conseil: 25% d'augmentation pour les députés?

Le Matin Dimanche faisait état de cette curieuse proposition qui pourrait émaner du Bureau du Grand Conseil. 25 % d'augmentation des jetons de présence en plénière et en commission afin de tenir compte du renchérissement d'une part, et de l'augmentation du volume de travail de l'autre. Il est vrai que ces indemnités n'ont pas été revues depuis 2001. Mais...

...quelques chiffres: 

- de janvier 2001 à décembre 2012, l'indice suisse des prix à laconsommation a augmenté de 7.4 %,

- de janvier 2001 à mai 2013, on relève une augmentation de 7.8 %,

- durant cette dernière période, l'indice genevois des prix à la consommation a progressé de 9.8 %.

On est donc loin des 25 % proposés par le Bureau et plutôt proche des 10 % estimés comme plus justes par le chef de groupe PDC Bertrand Buchs.

Et l'augmentation du volume de travail?

Elle provient essentiellement de l'avalanche de projets de loi, d'amendements, de propositions de résolution et de questions écrites provoquée par les députés eux-mêmes. Genève est pratiquement le seul canton dans lequel les députés peuvent proposer des projets de loi. Ailleurs, les députés demandent au Conseil d'Etat, par voie de motion ou de postulat, de présenter de tels projets.

On rappellera aussi les interminables et inutiles débats - comme celui sur le déménagement d'un service de l'Etat - au cours duquel certains députés ont poussé le détail jusqu'à parler des m2 disponibles, des placards de rangement et de l'archivage des dossiers...

Enfin, Genève est aussi le canton dans lequel les commissions parlementaires sont les plus nombreuses, ce qui augmente les temps de présence et de travail.

Certes, tout travail mérite salaire ou, à tout le moins, une compensation correcte. Mais s'octroyer ainsi une augmentation de 25 % alors que l'on demande à tout un chacun de se serrer la ceinture, ça ne peut pas se concevoir.

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07/06/2013

SPMI

Je suis ce soir le débat du Grand Conseil consacré à la situation du service de la protection des mineurs.

Certes, la situation des collaborateurs de ce service est parfois difficile et tendue.

Cela étant, j'ai élu des députés au Grand Conseil pour présider "aux destinées de la République", comme le dit l'exhortation rappelée à l'ouverture de chaque session.

Et je fais le constat qu'en fait, une partie d'entre eux font un travail de conciergie, s'occupent de locaux, de surfaces, d'ergonomie, de dossiers et d'armoires de classement.

Et pendant ce temps, qui définit la stratégie de notre République...?

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Flânerie

Le beau temps et la chaleur - de saison et enfin revenus - incitent à la flânerie dans notre belle ville...Belle? Voire...

Du Rond Point de Rive - cette verrue moche - à la Gare, suivons les Rues Basses, dont Jacqueline Burnand avait dit à l'époque que ce serait la plus belle rue piétonne d'Europe... Pas réellement piétonne, d'abord pavée et recouverte de beau granit, décorée de poutres de bois et de garnitures  de cuivre, elle a perdu la majorité de ses pavés, remplacés par des "pansements" de goudron, ensuite,les poutres et le cuivre ont disparu.

Nous laissons à notre droite la Place Longemalle, inaugurée à la gloire de notre ancien Maire M. Pagani, sur laquelle les bancs circulaires mettent les jambes de ceux qui les utilisent à nouveau à portée des pare-chocs des voitures qui y viennent chercher Dieu sait quoi.

Arrivée à la Place Bel Air, moche et peu conviviale, encombrée de piétons paumés, de bus et de trams qui s'encombrent les uns les autres, de cyclistes désécurisés...

Passons à la Place St Gervais, dont le socle noir et stalinien doit plaire à l'ancien maire, mais dont l'esthétique massive et rugueuse n'inspire rien.

Poussons jusqu'à la gare, dont la place est désolante de tristesse et de mauvais goût...

Mais qui sont donc les architectes, les urbanistes et les ingénieurs qui, à prix d'or, peuvent concevoir de telles horreurs?

Qui sont ces gens qui ont donné au nouveau bâtiment du Collège Calvin la même architecture que l'ancien Palais du peuple de Berlin Est, heureusement détruit depuis. Qui sont-ils , ceux qui ont conçu cette laideur du batiment des APM au Boulevard du Pont d'Arve?

Cette ville, notre ville, ne peut elle donner à ses habitants le vrai goût d'y flâner et de s'y sentir bien?

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01/06/2013

Constitution 2012

La nouvelle Constitution est entrée en vigueur il y a une heure. Célébrée par les constituants qui ont dit oui, cette nuit, elle devra déployer ses effets ces 5 prochaines années en modifiant les textes législatifs pertinents.

Nombre de constituants se présentent au Grand Conseil cet automne. Leur but est de srvir la République, mais aussi et surtout d'apporter leur expertise et leur expérience afin d'éclairer leurs futurs collègues députés lorsque des questions d'interprétation se poseront, inévitablement.

J'encourage les lecteurs des blogs d'apporter leur soutien à ces candidats, dont je publierai prochainement la liste, tous partis confondus, sur ce blog.

Leur expérience, et le sens du compromis et de la négociation qu'ils ont démontrés ont permis le succès de ce beau projet novatuer et moderne. Ces qualités insuffleront, à n'en pas douter, une nouvelle forme de débats au futur Grand Conseil.

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11/05/2013

Joli coup

En nommant Isabelle Chassot à la tête de l'office fédéral de la culture, Alain Berset marque un point. En premier lieu, il étoffe ainsi son état-major en le mâtinant d'un peu de francophilie et place à ce poste stratégique une femme ouverte à la culture et aux arts, charismatique et compétente.

Ensuite, il fait appel à une ancienne conseillère d'Etat et ancienne présidente de la conférence des directeurs de l'instruction publique (CDIP), donc à une femme qui connaît bien les mécanismes des cantons et leurs susceptibilités respectives et fédéralistes face à toute tentative d'intervention de la Confédération.

Sur un sujet aussi sensible que la culture, domaine sur lequel bien des cantons sont chatouilleux et tiennent à garder leurs compétences, l'expertise d'une femme de tête et son sens de la diplomatie ne seront pas de trop pour permettre enfin d'avoir dans ce pays une politique de la culture concertée et cohérente.

On se prendrait à souhaiter une initiative aussi originale dans un autre domaine: le sport. Puissant facteur d'ntégration, canal essentiel de la promotion de la santé et de la prévention des maladies, le sport ne peut que perdre en force s'il est laissé au responsable pâlot du DDPS. 

Il aurait ainsi toute sa place au DFI, sous la houlette d'un ministre qui saurait de quoi il parle et qui pourrait, en créant un secrétariat d'Etat, réunir ainsi la santé et le sport dans une logique sans faille et cohérente.

Mais bon, la cohérence et la politique vont rarement de pair...

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06/05/2013

MCG et récup

Ce matin, lors du débat traditionnel sur RTS 1, il était question de quotas éventuels à imposer dans les classes d'enseignement afin d'viter que la proportion d'élèves non francophones ne soit trop importante, au risque de péjorer les capacités des élèves francophones de suivre normalement l'enseignement dispensé et de retarder ainsi l'acquisition de leurs connaissances.

A cette occasion, Eric Stauffer est notamment intervenu en affirmant - ce qui n'était pas l'objet du débat d'ailleurs - que le MCG, son parti, avait déposé au Grand Conseil un projet de loi imposant la scolarité obligatoire jusqu'à l'âge de 18 ans. C'est sûrement vrai, mais un minimum de correction et d'honnêteté aurait pu lui faire dire que cette disposition avait été adoptée par l'Assemblée Constituante et figure dès lors dans notre Constitution, qui entre en vigueur le 1er juin prochain. 

J'ajoute - parce que lui ne l'a pas fait et ne le fera jamais - que le Conseiller d'Etat Charles Beer a beaucoup plaidé devant la Constituante pour l'introduction de cette disposition, ce qui n'a pas été une partie facile, tant la droite a eu des réticences à cet égard.

Cette attitude - peut-être logique en politique électoraliste et politicienne - me fait penser à celle de cet oiseau qui va pondre ses oeufs dans le nid des autres, le coucou. Et coucou, ce n'est pas loin de coquin...

Donc, rendons à César ce qui appartient à César, et reprenons à Riquet ce qui ne lui appartient pas, tant il est vrai que le MCG, comme on le disait des Japonais dans le temps, copie bien et ne crée pas grand chose.

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14/04/2013

Sainte Anastasie

Ce lundi 15 avril, c'est la Sainte Anastasie. Je ne connais personne de ce prénom, donc personne à féliciter...

Sur le plan politique, personne non plus à féliciter pour une votation ou une élection.

Mais quand même: quel séisme à Lugano, où la Lega, premier mouvement historique du populisme de bas étage, prend la majorité de l'exécutif. Bonne ou mauvaise nouvelle?

Dans un sens, bonne , je pense, car c'est la première fois qu'un mouvement populiste prend la majorité d'un exécutif...

Au Tessin, la Lega dispose de deux sièges au Conseil d'Etat, que leurs titulaires ont assumé sans se mouiller et en n'administrant que des départements non sensibles et sans risques.

Avec une majorité dans l'exécutif de la plus grande commune du Tessin, ce mouvement populiste se trouve pour la première fois confronté aux réalités du pouvoir et à ses conséquences. Enfin, il nous sera donné de voir dans quelle mesure ces éternels mouvements d'opposition assumeront réellement le pouvoir et ses conséquencesn

20:16 Publié dans Elections et motivation | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

01/04/2013

Déchets plastiques: et si l'exemple venait d'ailleurs?

Tous ceux d'entre nous qui ont voyagé en Asie - et en particulier les nostalgiques de Katmandu - ont eu l'occasion de voir l'usage immuable de sachets en polyéthylène pour emballer tout achat de souvenirs , de fruits ou de toute autre marchandise.

Ces sacs se retrouvent ensuite dans la nature, dans les lacs et les rivières, puis, si on les récolte, sont brûlés sur des places publiques, dégageant des senteurs toxiques et insupportables.

En Suisse, le Conseil fédéral entend trouver une solution à la prolifération de ces emballages, en proposant que les commerces, les distributeurs, soient chargés de reprendre ces déchets et de les recycler.

Cris d'orfraies de ces distributeurs qui estiment que cette solution est non seulement coûteuse, mais trop compliquée..

Il sied toutefois de rappeler que ces déchets plastiques représentent un tiers des déchets incinérés et que leur récupération ferait baisser ce pourcentage de plus de 20%.

Au Bhoutan, qui applique le principe du BIB (bonheur intérieur brut), tous les sachets ou emballages vendus sont en papier recyclé et, donc, recyclables facilement et à moindres frais.

La Suisse ne serait elle pas capable de montrer l'exemple en la matière? Les consommateurs le souhaitent, et les distributeurs devraient accéder à ce souhait légitime.

Alors foin de tous ces emballages plastiques, les solutions alternatives et pas si chères existent.

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24/03/2013

Chambres fédérales: des élus déconnectés...

A trois reprises durant cette session de printemps des Chambres fédérales, nos élus ont pris des décisions peu compréhensibles, voire sévèrement condamnables à l'aune de la tâche qui leur est confiée: la défense des intérêts du peuple, des assurés et des familles.

En refusant en commission de la santé et des affaires sociales, d'accepter le moratoire sur l'installation de nouveaux médecins, nos sénateurs affichent un mépris certain vis à vis des assurés et des cantons, dont ils sont censés représenter les intérêts. Chaque nouveau cabinet génère, au bas mot, 300'000 francs de coûts supplémentaires. Multipliés par les 1'500 demandes nouvelles d'installation en 2012, ces montants donnent une idée assez effrayante des augmentations des coûts globaux de la santé pour 2013, et de leurs conséquences sur nos primes en 2014. C'est indécent. Comment ces autorités peuvent-elles fustiger les dépenses des cantons en matière de santé et, parallèlement, ne pas leur donner les moyens de les contrôler?

En refusant d'opposer un contre-projet bien construit et logique à l'initiative pour une caisse publique et unique, les élus du Conseil national jettent aux orties les préoccupations de la majorité de la population: plus de transparence dans la gestion des caisses, solidarité renforcée entre malades chroniques et personnes en meilleure santé, séparation des assurances de base et des complémentaires. En votant ainsi, nos élus - docilement soumis au lobby des assureurs - n'ont qu'un objectif en vue: le refus de l'initiative par le peuple (comme les deux fois précédentes) et l'obtention de la liberté de contracter pour les assureurs, c'est à dire la possibilité pour ces derniers de choisir les médecins qu'ils souhaitent rembourser, donc les moins coûteux, soit ceux qui accepteront, sous de telles pressions, de limiter leurs soins au plus bas et au meilleur marché. Donc, l'issue certaine d'une médecine au rabais alors que notre système de santé, certes coûteux, est l'un des meilleurs au monde quant à son accessibilité et son efficacité. Et le risque - ou la chance - que l'initiative pour la caisse unique passe, tant l'exaspération des assurés est grande. En effet, la troisième fois sera peut être la bonne.

Enfin, détail anecdotique mais significatif: le refus du National de soutenir le calculateur neutre de la Confédération, priminfo.ch, sous le futile prétexte de la concurrence. Les calculateurs actuels, les comparis et autres, sont subventionnés par des assureurs. Priminfo avait au moins le label rassurant de la neutralité étatique et du rôle nécessaire de la Confédération de renseigner la population de façon objective.

En agissant ainsi, nos élus montrent que leur seul souci est de saborder les projets du ministre Alain Berset, dès lors qu'ils se rendent compte que le candidat consensuel et doux qu'ils avaient élu n'a pas perdu ses convictions de gauche. Et surtout, ils découvrent qu'après l'immobilisme de Couchepin et de Burkhalter au DFI, le socialiste met le doigt sur ce qui ne va pas et là où ça fait mal.

Ces élus ne sont plus à l'écoute de leurs électeurs et de leurs soucis. Malheureusement, aux prochaines élections fédérales, tout le monde aura oublié...

14:37 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

15/03/2013

Du rôle du Conseil des Etats

Mercredi 13 mars, la commission santé social du Conseil des Etats a, par 7 voix contre six, décidé de ne pas accorder le caractère urgent au projet du Conseil fédéral concernant la prolongation pour 3 ans- à nouveau - du moratoire sur l'ouverture de nouveaux cabinets médicaux.

Conséquence: cette mesure, adoptée de justesse par le Conseil National, est repoussée au mieux en juin, alors qu'il était prévu de la faire entrer en vigueur en avril. Avec pour effet de vider les hôpitaux de médecins qualifiés qui se précipitent pour reprendre  ou ouvrir un cabinet

La question de fond a déjà été traitée ici. Mais se pose la question du rôle des élus du Conseil des Etats. Il y a fort longtemps, les membres du Conseil des Etats étaient nommés par le Conseil d'Etat de chaque canton, voire élus par les différents Grands Conseils. Ils représentaient dès lors clairement la position des cantons.

La gauche, dans pratiquement tous les cantons, a exigé au fil des ans, par souci de démocratie, que ces élections au Conseil des Etats soient aussi faites par le peuple.

Dès lors, ces élus ne relaient plus les préoccupations des cantons, mais celles des partis ou des lobbyes.

Dans le contexte du moratoire, ou de la "clause du besoin", l'intérêt de tous les cantons est d'avoir une régulation de l'offre et de la demande en matière de soins. Las, la majorité des membres de la commission santé social du Conseil des Etats étant inféodée à des assureurs, la décision prise ne répond plus aux soucis de cantons, mais à ceux des assureurs.

Trop de démocratie tue la démocratie, dit on...En l'occurrence, elle tue les intérêts légitimes des cantons, qui devront assumer des coûts supplémentaires en matière de soins...

14:00 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/03/2013

Naturalisation des étrangers: tour de vis...

Le Conseil national a pris sa décision: PLR, PDC et UDC ont imposé leur loi: durcir les conditions d'octroi de la nationalité aux étarngers, et en particulier aux jeunes dont le comptage à double des années passées en Suisse est simplement supprimé. Une honte pour tous ces jeunes bien intégrés qui représentent notre avenir. Une honte pour un pays qui doit sa richesse à l'immigration. Une honte, à Genève, pour les promesses faites en Assemblée Constituante.

Je regarde ce soir, comme chaque mois, les débats du Grand Conseil. Je souris - une fois n'est pas coutume, rassurez-vous. En effet, au Conseil National, UDC et MCG ont réussi à imposer, avec cette alliance improbable avec le PDC, l'exigence de la langue: "bien communiquer au quotidien dans une langue nationale, à l'oral et à l'écrit."

Les interventions des députés UDC et MCG au Grand Conseil montrent à l'évidence que ce "bien communiquer" n'est guère de mise, à une exception près, que nous ne citerons pas. Pas une phrase cohérente, fautes de français et de syntaxe à chaque phrase, élocution difficile, sans parler de la grossièreté de certains propos. Et, par charité, je ne vous parlerai pas des débats du Conseil Municipal...

L'élu se doit d'être un exemple...Qui avait dit ça...?

20:43 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/03/2013

Primaires: le PS se dégonfle

Les socialistes, lors de leur Congrès de samedi, ont donc désigné leurs quatre candidats pour la course au Conseil d'Etat. Quatre, et non deux. Quatre, soit tous les candidats à l'interne. Les militants du PS n'ont donc pas eu le courage de faire de réelles primaires à l'interne, préférant laisser le peuple choisir lors du premier tour de cet automne.

En effet, selon la nouvelle constitution, seuls les candidats qui réaliseront plus de 50% des voix - soit une majorité absolue - seront élus. Tous les autres devront se présenter au deuxième tour.

Durant ces trente dernières années, aucun candidat au CE n'aurait pu être élu au premier tour.

Dans l'esprit de l'Assemblée constituante, le choix du scrutin majoritaire à deux tours avait pour objectif de laisser le peuple, au deuxième tour, affiner son choix, voire le corriger. Ce système aurait par exemple permis, à n'en pas douter, d'éviter l'éjection des socialistes et l'instauration d'un gouvernement dit "monocolore" tel que nous l'avons connu au début des années nonante.

Mais l'objectif des constituants n'était en tout cas pas de laisser le peuple organiser des primaires. Celles-ci sont de la responsabilité des partis, qui doivent proposer et assumer un choix décidé à l'interne.

C'est une mauvais interprétation de la Constitution que fait le PS, en évitant lâchement de faire un choix clair. Dommage....

14:11 Publié dans Constituante | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

05/03/2013

Clause du besoin: un mois de mars agité...

Le Conseil fédéral souhaite présenter dès l’an prochain un projet visant à piloter sur le long terme l'admission des médecins spécialistes. En vue de répondre immédiatement à la hausse actuelle du nombre de spécialistes, le Conseil fédéral entend, dans un premier temps, soumettre aux Chambres un projet de loi urgent instituant une clause du besoin limitée à trois ans. Grâce à ce projet, les cantons pourraient, dès le 1er avril 2013, réagir rapidement en cas d'offre excessive de soins.

 

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13:55 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

28/02/2013

Initiative « Pour une caisse publique d'assurance-maladie »: Rejet du CF

Le Conseil fédéral rejette l'initiative populaire « Pour une caisse publique d'assurance-maladie » tout en lui opposant un contre-projet indirect. Ce contre-projet doit avant tout permettre de limiter l'incitation pour les assureurs à pratiquer la sélection des risques, et ce, en mettant en place une réassurance pour les très hauts coûts et en améliorant la compensation des risques. En outre, il est prévu de séparer strictement l'assurance obligatoire des assurances complémentaires, ce qui augmentera la transparence. Le contre-projet est désormais mis en consultation.

Les initiants estiment que ce contre projet n'est que du "second choix" et ne satisfait absolument pas les objectifs de l'initiative. Quant aux opposants, on les trouve pratiquement dans tous les partis. Pour eux, ce contre projet est le commencement de la mise en application de l'initiative, avec comme objectif à terme que le domaine de l'assurance maladie soit complètement étatisé.

Dès lors, devant une telle fronde, le contre projet mitonné par Alain Berset a-t-il encore une chance?

En fait oui, et ce pour deux raisons principales: d'uen part, il est vrai que chaque volonté de changement dans le domaine de la santé suscite moultes oppositions; ensuite, reconnaissons que c'est la première fois depuis longtemps qu'un ministre de la santé pose clairement un choix sur la table, sans fard ni mensonge.

Certes, le contre projet fait encore la part belle aux assureurs et leur laisse un pouvoir énorme, mais la séparation stricte entre assurance de base et assurance privée est un grand pas vers la transparence et la protection des données des patients.

Il en va de même pour la possibilité de réassurance, qui évitera à l'ensemble des assurés de devoir asumer des coûts extrêmement élevés, qui ne sont générés d'ailleurs que par 1 % des assurés.

Le Parlement y semble majoritairement opposé? La belle affaire...Il était aussi majoritairement opposé à l'initiative Minder et très favorable au contre projet. Et le succès attendu de M. Minder le 3 mars montrera bien que nos élus peuvent massivement être désavoués..

A moins... A moins que peut-être, par l'accumulation de maladresses et de mépris des assureurs - comme le refus de rembourser les primes trop perçues dans certains cantons ou celui de valoriser des professions de la santé qui ne l'ont pas été depuis 15 ans - l'on aboutisse à une "minderisation" du débat qui pourrait faire pencher la balance en faveur de l'initiative...

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19/02/2013

Daniel Vasella: manque de courage et mépris

Novartis l'a annoncé ce jour: son Président du conseil d'administration, Daniel Vasella, renonce à son indemnité de départ de 72 millions.

Une maladresse de plus. Soit cela signifie qu'elle était vraiment injustifiée, ce qui est grave et scandaleux vu le montant en jeu, soit c'est une forme de mépris supplémentaire, du genre "de toutes façons, je n'en ai pas besoin...". J'ai connu un Daniel Vasella plus combatif et pugnace dans les années soixante, alors qu'il était membre de la LMR. Pourquoi n'a-t-il pas accepté de défendre son parachute platiné devant les actionnaires de Novarits vendredi prochain? Pressions des opposants à l'initiative Minder, lassitude, mépris ou lâcheté?

Un peu de tout, vraisemblablement. En doit du travail, l'employeur impose en général une claude de non concurrence à un collaborateur précieux, lui interdisant, pendant une période donnée après sa démission, d'exercer la même activité dans un certain rayon géographique. Cette clause est assortie d'une pénalité en cas de non respect. En l'occurrence, on est dans la situation inverse. C'est le collaborateur, M. Vasella, qui fixe le prix de sa non activité pendant 6 ans au service d'une entreprise concurrente.

Ce prix a été fixé d'entente avec le membre du CA de Novartis responsable des rémunérations, le boss de Mc Kinsey. Et dès après son départ de Novartis, Daniel Vasella sera consultant auprès de Mc Kinsey...Ben voyons!

Le pire, c'est le mépris...Après avoir annoncé qu'il ferait don d'une partie de ses 72 millions à des oeuvres caritatives, Daniel Vasella y renonce tout simplement. Il n'en pas besoin, certes, et il le fait savoir. Cette somme, injustifiée à tous les niveaux, n'avait donc donc pas lieu d'être, sachant qu'en tout, au service de Novartis, Daniel Vasella s'est constitué au minimum un pactole d'au moins 400 millions. De quoi vivre une retraite assez acceptable, somme toute.

Et ce n'est pas ce geste qui va inverser la tendance des sondages de l'initiative Minder. Au contraire. Et ses opposants, aux arguments de plus en plus faibles, n'auront plus qu'à se mordre les doigts de ne pas avoir senti le vent venir.

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