14/04/2013

Sainte Anastasie

Ce lundi 15 avril, c'est la Sainte Anastasie. Je ne connais personne de ce prénom, donc personne à féliciter...

Sur le plan politique, personne non plus à féliciter pour une votation ou une élection.

Mais quand même: quel séisme à Lugano, où la Lega, premier mouvement historique du populisme de bas étage, prend la majorité de l'exécutif. Bonne ou mauvaise nouvelle?

Dans un sens, bonne , je pense, car c'est la première fois qu'un mouvement populiste prend la majorité d'un exécutif...

Au Tessin, la Lega dispose de deux sièges au Conseil d'Etat, que leurs titulaires ont assumé sans se mouiller et en n'administrant que des départements non sensibles et sans risques.

Avec une majorité dans l'exécutif de la plus grande commune du Tessin, ce mouvement populiste se trouve pour la première fois confronté aux réalités du pouvoir et à ses conséquences. Enfin, il nous sera donné de voir dans quelle mesure ces éternels mouvements d'opposition assumeront réellement le pouvoir et ses conséquencesn

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01/04/2013

Déchets plastiques: et si l'exemple venait d'ailleurs?

Tous ceux d'entre nous qui ont voyagé en Asie - et en particulier les nostalgiques de Katmandu - ont eu l'occasion de voir l'usage immuable de sachets en polyéthylène pour emballer tout achat de souvenirs , de fruits ou de toute autre marchandise.

Ces sacs se retrouvent ensuite dans la nature, dans les lacs et les rivières, puis, si on les récolte, sont brûlés sur des places publiques, dégageant des senteurs toxiques et insupportables.

En Suisse, le Conseil fédéral entend trouver une solution à la prolifération de ces emballages, en proposant que les commerces, les distributeurs, soient chargés de reprendre ces déchets et de les recycler.

Cris d'orfraies de ces distributeurs qui estiment que cette solution est non seulement coûteuse, mais trop compliquée..

Il sied toutefois de rappeler que ces déchets plastiques représentent un tiers des déchets incinérés et que leur récupération ferait baisser ce pourcentage de plus de 20%.

Au Bhoutan, qui applique le principe du BIB (bonheur intérieur brut), tous les sachets ou emballages vendus sont en papier recyclé et, donc, recyclables facilement et à moindres frais.

La Suisse ne serait elle pas capable de montrer l'exemple en la matière? Les consommateurs le souhaitent, et les distributeurs devraient accéder à ce souhait légitime.

Alors foin de tous ces emballages plastiques, les solutions alternatives et pas si chères existent.

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24/03/2013

Chambres fédérales: des élus déconnectés...

A trois reprises durant cette session de printemps des Chambres fédérales, nos élus ont pris des décisions peu compréhensibles, voire sévèrement condamnables à l'aune de la tâche qui leur est confiée: la défense des intérêts du peuple, des assurés et des familles.

En refusant en commission de la santé et des affaires sociales, d'accepter le moratoire sur l'installation de nouveaux médecins, nos sénateurs affichent un mépris certain vis à vis des assurés et des cantons, dont ils sont censés représenter les intérêts. Chaque nouveau cabinet génère, au bas mot, 300'000 francs de coûts supplémentaires. Multipliés par les 1'500 demandes nouvelles d'installation en 2012, ces montants donnent une idée assez effrayante des augmentations des coûts globaux de la santé pour 2013, et de leurs conséquences sur nos primes en 2014. C'est indécent. Comment ces autorités peuvent-elles fustiger les dépenses des cantons en matière de santé et, parallèlement, ne pas leur donner les moyens de les contrôler?

En refusant d'opposer un contre-projet bien construit et logique à l'initiative pour une caisse publique et unique, les élus du Conseil national jettent aux orties les préoccupations de la majorité de la population: plus de transparence dans la gestion des caisses, solidarité renforcée entre malades chroniques et personnes en meilleure santé, séparation des assurances de base et des complémentaires. En votant ainsi, nos élus - docilement soumis au lobby des assureurs - n'ont qu'un objectif en vue: le refus de l'initiative par le peuple (comme les deux fois précédentes) et l'obtention de la liberté de contracter pour les assureurs, c'est à dire la possibilité pour ces derniers de choisir les médecins qu'ils souhaitent rembourser, donc les moins coûteux, soit ceux qui accepteront, sous de telles pressions, de limiter leurs soins au plus bas et au meilleur marché. Donc, l'issue certaine d'une médecine au rabais alors que notre système de santé, certes coûteux, est l'un des meilleurs au monde quant à son accessibilité et son efficacité. Et le risque - ou la chance - que l'initiative pour la caisse unique passe, tant l'exaspération des assurés est grande. En effet, la troisième fois sera peut être la bonne.

Enfin, détail anecdotique mais significatif: le refus du National de soutenir le calculateur neutre de la Confédération, priminfo.ch, sous le futile prétexte de la concurrence. Les calculateurs actuels, les comparis et autres, sont subventionnés par des assureurs. Priminfo avait au moins le label rassurant de la neutralité étatique et du rôle nécessaire de la Confédération de renseigner la population de façon objective.

En agissant ainsi, nos élus montrent que leur seul souci est de saborder les projets du ministre Alain Berset, dès lors qu'ils se rendent compte que le candidat consensuel et doux qu'ils avaient élu n'a pas perdu ses convictions de gauche. Et surtout, ils découvrent qu'après l'immobilisme de Couchepin et de Burkhalter au DFI, le socialiste met le doigt sur ce qui ne va pas et là où ça fait mal.

Ces élus ne sont plus à l'écoute de leurs électeurs et de leurs soucis. Malheureusement, aux prochaines élections fédérales, tout le monde aura oublié...

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15/03/2013

Du rôle du Conseil des Etats

Mercredi 13 mars, la commission santé social du Conseil des Etats a, par 7 voix contre six, décidé de ne pas accorder le caractère urgent au projet du Conseil fédéral concernant la prolongation pour 3 ans- à nouveau - du moratoire sur l'ouverture de nouveaux cabinets médicaux.

Conséquence: cette mesure, adoptée de justesse par le Conseil National, est repoussée au mieux en juin, alors qu'il était prévu de la faire entrer en vigueur en avril. Avec pour effet de vider les hôpitaux de médecins qualifiés qui se précipitent pour reprendre  ou ouvrir un cabinet

La question de fond a déjà été traitée ici. Mais se pose la question du rôle des élus du Conseil des Etats. Il y a fort longtemps, les membres du Conseil des Etats étaient nommés par le Conseil d'Etat de chaque canton, voire élus par les différents Grands Conseils. Ils représentaient dès lors clairement la position des cantons.

La gauche, dans pratiquement tous les cantons, a exigé au fil des ans, par souci de démocratie, que ces élections au Conseil des Etats soient aussi faites par le peuple.

Dès lors, ces élus ne relaient plus les préoccupations des cantons, mais celles des partis ou des lobbyes.

Dans le contexte du moratoire, ou de la "clause du besoin", l'intérêt de tous les cantons est d'avoir une régulation de l'offre et de la demande en matière de soins. Las, la majorité des membres de la commission santé social du Conseil des Etats étant inféodée à des assureurs, la décision prise ne répond plus aux soucis de cantons, mais à ceux des assureurs.

Trop de démocratie tue la démocratie, dit on...En l'occurrence, elle tue les intérêts légitimes des cantons, qui devront assumer des coûts supplémentaires en matière de soins...

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14/03/2013

Naturalisation des étrangers: tour de vis...

Le Conseil national a pris sa décision: PLR, PDC et UDC ont imposé leur loi: durcir les conditions d'octroi de la nationalité aux étarngers, et en particulier aux jeunes dont le comptage à double des années passées en Suisse est simplement supprimé. Une honte pour tous ces jeunes bien intégrés qui représentent notre avenir. Une honte pour un pays qui doit sa richesse à l'immigration. Une honte, à Genève, pour les promesses faites en Assemblée Constituante.

Je regarde ce soir, comme chaque mois, les débats du Grand Conseil. Je souris - une fois n'est pas coutume, rassurez-vous. En effet, au Conseil National, UDC et MCG ont réussi à imposer, avec cette alliance improbable avec le PDC, l'exigence de la langue: "bien communiquer au quotidien dans une langue nationale, à l'oral et à l'écrit."

Les interventions des députés UDC et MCG au Grand Conseil montrent à l'évidence que ce "bien communiquer" n'est guère de mise, à une exception près, que nous ne citerons pas. Pas une phrase cohérente, fautes de français et de syntaxe à chaque phrase, élocution difficile, sans parler de la grossièreté de certains propos. Et, par charité, je ne vous parlerai pas des débats du Conseil Municipal...

L'élu se doit d'être un exemple...Qui avait dit ça...?

20:43 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/03/2013

Primaires: le PS se dégonfle

Les socialistes, lors de leur Congrès de samedi, ont donc désigné leurs quatre candidats pour la course au Conseil d'Etat. Quatre, et non deux. Quatre, soit tous les candidats à l'interne. Les militants du PS n'ont donc pas eu le courage de faire de réelles primaires à l'interne, préférant laisser le peuple choisir lors du premier tour de cet automne.

En effet, selon la nouvelle constitution, seuls les candidats qui réaliseront plus de 50% des voix - soit une majorité absolue - seront élus. Tous les autres devront se présenter au deuxième tour.

Durant ces trente dernières années, aucun candidat au CE n'aurait pu être élu au premier tour.

Dans l'esprit de l'Assemblée constituante, le choix du scrutin majoritaire à deux tours avait pour objectif de laisser le peuple, au deuxième tour, affiner son choix, voire le corriger. Ce système aurait par exemple permis, à n'en pas douter, d'éviter l'éjection des socialistes et l'instauration d'un gouvernement dit "monocolore" tel que nous l'avons connu au début des années nonante.

Mais l'objectif des constituants n'était en tout cas pas de laisser le peuple organiser des primaires. Celles-ci sont de la responsabilité des partis, qui doivent proposer et assumer un choix décidé à l'interne.

C'est une mauvais interprétation de la Constitution que fait le PS, en évitant lâchement de faire un choix clair. Dommage....

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05/03/2013

Clause du besoin: un mois de mars agité...

Le Conseil fédéral souhaite présenter dès l’an prochain un projet visant à piloter sur le long terme l'admission des médecins spécialistes. En vue de répondre immédiatement à la hausse actuelle du nombre de spécialistes, le Conseil fédéral entend, dans un premier temps, soumettre aux Chambres un projet de loi urgent instituant une clause du besoin limitée à trois ans. Grâce à ce projet, les cantons pourraient, dès le 1er avril 2013, réagir rapidement en cas d'offre excessive de soins.

 

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13:55 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

28/02/2013

Initiative « Pour une caisse publique d'assurance-maladie »: Rejet du CF

Le Conseil fédéral rejette l'initiative populaire « Pour une caisse publique d'assurance-maladie » tout en lui opposant un contre-projet indirect. Ce contre-projet doit avant tout permettre de limiter l'incitation pour les assureurs à pratiquer la sélection des risques, et ce, en mettant en place une réassurance pour les très hauts coûts et en améliorant la compensation des risques. En outre, il est prévu de séparer strictement l'assurance obligatoire des assurances complémentaires, ce qui augmentera la transparence. Le contre-projet est désormais mis en consultation.

Les initiants estiment que ce contre projet n'est que du "second choix" et ne satisfait absolument pas les objectifs de l'initiative. Quant aux opposants, on les trouve pratiquement dans tous les partis. Pour eux, ce contre projet est le commencement de la mise en application de l'initiative, avec comme objectif à terme que le domaine de l'assurance maladie soit complètement étatisé.

Dès lors, devant une telle fronde, le contre projet mitonné par Alain Berset a-t-il encore une chance?

En fait oui, et ce pour deux raisons principales: d'uen part, il est vrai que chaque volonté de changement dans le domaine de la santé suscite moultes oppositions; ensuite, reconnaissons que c'est la première fois depuis longtemps qu'un ministre de la santé pose clairement un choix sur la table, sans fard ni mensonge.

Certes, le contre projet fait encore la part belle aux assureurs et leur laisse un pouvoir énorme, mais la séparation stricte entre assurance de base et assurance privée est un grand pas vers la transparence et la protection des données des patients.

Il en va de même pour la possibilité de réassurance, qui évitera à l'ensemble des assurés de devoir asumer des coûts extrêmement élevés, qui ne sont générés d'ailleurs que par 1 % des assurés.

Le Parlement y semble majoritairement opposé? La belle affaire...Il était aussi majoritairement opposé à l'initiative Minder et très favorable au contre projet. Et le succès attendu de M. Minder le 3 mars montrera bien que nos élus peuvent massivement être désavoués..

A moins... A moins que peut-être, par l'accumulation de maladresses et de mépris des assureurs - comme le refus de rembourser les primes trop perçues dans certains cantons ou celui de valoriser des professions de la santé qui ne l'ont pas été depuis 15 ans - l'on aboutisse à une "minderisation" du débat qui pourrait faire pencher la balance en faveur de l'initiative...

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19/02/2013

Daniel Vasella: manque de courage et mépris

Novartis l'a annoncé ce jour: son Président du conseil d'administration, Daniel Vasella, renonce à son indemnité de départ de 72 millions.

Une maladresse de plus. Soit cela signifie qu'elle était vraiment injustifiée, ce qui est grave et scandaleux vu le montant en jeu, soit c'est une forme de mépris supplémentaire, du genre "de toutes façons, je n'en ai pas besoin...". J'ai connu un Daniel Vasella plus combatif et pugnace dans les années soixante, alors qu'il était membre de la LMR. Pourquoi n'a-t-il pas accepté de défendre son parachute platiné devant les actionnaires de Novarits vendredi prochain? Pressions des opposants à l'initiative Minder, lassitude, mépris ou lâcheté?

Un peu de tout, vraisemblablement. En doit du travail, l'employeur impose en général une claude de non concurrence à un collaborateur précieux, lui interdisant, pendant une période donnée après sa démission, d'exercer la même activité dans un certain rayon géographique. Cette clause est assortie d'une pénalité en cas de non respect. En l'occurrence, on est dans la situation inverse. C'est le collaborateur, M. Vasella, qui fixe le prix de sa non activité pendant 6 ans au service d'une entreprise concurrente.

Ce prix a été fixé d'entente avec le membre du CA de Novartis responsable des rémunérations, le boss de Mc Kinsey. Et dès après son départ de Novartis, Daniel Vasella sera consultant auprès de Mc Kinsey...Ben voyons!

Le pire, c'est le mépris...Après avoir annoncé qu'il ferait don d'une partie de ses 72 millions à des oeuvres caritatives, Daniel Vasella y renonce tout simplement. Il n'en pas besoin, certes, et il le fait savoir. Cette somme, injustifiée à tous les niveaux, n'avait donc donc pas lieu d'être, sachant qu'en tout, au service de Novartis, Daniel Vasella s'est constitué au minimum un pactole d'au moins 400 millions. De quoi vivre une retraite assez acceptable, somme toute.

Et ce n'est pas ce geste qui va inverser la tendance des sondages de l'initiative Minder. Au contraire. Et ses opposants, aux arguments de plus en plus faibles, n'auront plus qu'à se mordre les doigts de ne pas avoir senti le vent venir.

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10/02/2013

Le mépris des assureurs maladie

Dans le contexte du scandale des primes trop perçues par les assureurs maladie, notamment dans les cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Zuerich et Neuchâtel, Helsana et le Groupe Mutuel ont enfin pris position. Ce dernier estime que rendre cet argent ne serait pas une bonne idée et que cette situation n'est pas imputable aux assureurs, mais à l'autorité de surveillance. Ben voyons...Sachant que les assureurs ont systèmatiquement surévalué les risques dans ces cantons, et ce sous la bienveillante surveillance de l'OFAS, on tombe des nues devant une telle candeur...

Mais le plus scandaleux reste l'attitude de Helsana. Par la bouche de son président, Daniel Schmutz, il écarte tout simplement la moindre idée de remboursement des primes et, pire, menace d'augmenter les primes en raison des dommages potentiels causés par "les politiciens et l'administration".

Il sied de rappeler ici que les assureurs maladie, tout en restant des entités privées, n'agissent et n'encaissent des primes que par délégation de la loi et de l'autorité fédérale. L'argent qu'ils prélèvent ne leur appartient pas. Certes, la LAMal leur a donné tellement de pouvoirs qu'aujourd'hui ils se croient propriétaires de notre système de santé. D'où le mépris constant qu'ils affichent envers les soucis de santé des assurés, les coûts trop élevés des hôpitaux, et les professionnels de santé qu'ils ne considèrent que comme "fauteurs de coûts".

Il faudra très rapidement cadrer des gens comme le président d'Helsana, dont la traduction du nom de famille en français donne une image assez juste du personnage...

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27/01/2013

Initiative Minder

Débat intéressant vendredi soir, comme d'habitude, sur Forum. En particulier le volet consacré à l'initiative Minder contre les rémunérations abusives des grands patrons, suite au sondage réalisé durant la semaine du 13 janvier et qui donne le texte de M. Minder gagnant à 58%.

Certes, l'on sait que durant ces 5 prochaines semaines, jusqu'au jour de la votation du 3 mars, le score peut s'effriter, voire s'inverser, comme cela arrive souvent s'agissant d'un initiative populaire.

je reste surpris du message martelé par Economie suisse qui investit dans la campagne pour le non près de 6 à 7 millions de francs, avec des méthodes et des arguments plutôt spécieux.

Jugeons plutôt: Economie suisse en appelle à la raison de la population, en lui demandant de ne pas voter de façon émotionnelle.

Deux remarques:

Comment d'abord parler de raison, quand tout un chacun peut constater que la conduite de nos dirigeants bancaires, de cacades en fraudes, n'a rien eu de raisonnable ces dernières années et leur a permis, en plus de salaires indécents, de récolter bonus et parachutes dorés, sans sanction eût égard à leur conduite et leur responsabilité...?

Comment ensuite demander au citoyen de ne pas céder à l'émotion alors que face à ces évènements il passe de la rage au sentiment d'injustice, de l'incompréhension à la colère?

Certes, l'initiative Minder est certainement, par certains aspects, un peu excessive, mais ces aspects ne justifient pas la vision d'avenir apocalyptique que donnent ses opposants quant à l'emploi et à la difficulté de trouver de bons patrons pour assurer l'avenir pour nos industries...

M. Minder le prouve: pour réussir, il n'a pas eu besoin de salaire exorbitant et, de surcroît,  il investit dans cette campagne ses énergies physiques, mentales et financières, et quasiment seul. Et cela, cela plaît aux Suisses, qui découvre un modèle de patron dont le salaire mensuel ne correspond pas à 5 ans du salaire moyen de l'un de ses employés.

Précision non négligeable: le sondage mentionné par Forum a été réalisé avant les révélations du départ de Daniel Vasella de Novartis, et surtout avant l'annonce de ses indemnités pour les 5 prochaines années, juste pour ne rien faire...

Un autre argument avancé par Economie suisse est la solidité du contre projet. Mais bon, ce n'est pas un contre projet direct, et rien n'assure qu'il sera mis en oeuvre ou qu'il ne sera pas l'objet d'un referendum. Certes, Economie suisse a garanti qu'elle ne lancerait pas un tel referendum. Mais quid des autres organisations économiques et patronales...?

En l'état, Economie suisse a tout intérêt à changer son message, et surtout son chargé de com...

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15/01/2013

Santé: DRG et secret médical, patients, dégagez....!

Les DRG (Diagnosis Related Groups) sont la nouvelle façon de rémunérer les prestations des hôpitaux dès le 1er janvier 2012. En pratique, cela signifie qu'on ne rémunère plus en fonction des prestations fournies, mais d'un forfait par cas. Donc, par exemple, une prothèse de hanche "vaut"...disons 10 jours d'hospitalisation. Au delà de ce délai, l'hôpital perd de l'argent si le délai est dépassé, d'où tentation assez forte de "virer" le patient le plus tôt possible.

Deux exemples récents qui ont touché deux de mes proches:

- un ami victime d'une dissection aortique, et qui passe une semaine dans un hôpital universitaire. A la fin de la semaine, on lui propose non pas de passer en institution de réhabilitation, mais de se retrouver en famille pour les fêtes.Ssans lui préciser bien sûr que s'il passe plus de 48 heures chez lui, en ambulatoire, son traitement de réhabilitation ne pourra se faire qu'en ambulatoire, et non plus dans un établissement spécialisé.

- une proche, victime d'une fracture du bassin. Hospitalisation de 7 jours, puis pression pour l'envoyer en réhabilitation . Problème, les places manquent. Donc proposition d'un traiteent ambulatoire à domicile, avec aide familiale, déplacement tous les jours dans un établissement spécialisé.

Dans les deux cas, les assureurs exercent donc une pression inadmissible, par le système des DRG, en imposant aux hôpitaux d'éjecter leurs patients le plus tôt possible, reportant ainsi les coûts - car ceux-ci subsistent - sur d'autres structures. Où donc est l'économie....? Et que penser du patient, pris en otage entre les hôpitaux, soucieux de leurs finances, et les assureurs, soucieux de leurs profits?

Qui plus est, cerise sur le gâteau, tous les renseignements médicaux, même les plus intimes, sont transmis à l'assureur. L'introduction de ces DRG, malgré les promesses faites, met à mort les principes de base du secret médical. 

Voir à ce sujet le Temps Présent de ce prochain temps Présent....Edifiant, mais surtout inquiétant.

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06/01/2013

La vie est belle...

...certes, surtout en ces périodes de fêtes, du moinspour les plus favorisés d'entre nous.

Et la mort est toujours aussi moche, surtout brutale, violente, inattendue et en particulier en ces périodes de fêtes...

La tragédie de Daillon, au centre d el'actualité depuis quelques jours, nous rappelle quelques souvenirs assez récents:

"Tout est sous contrôle, l'Armée sait exactement qui est en possession d'une arme de service..."

"Un registre centralisé de recensement des armes, tel que demandé par l'initiative contre l'arme à la maison, serait trop lourd à gérer. C'est le problème des cantons, et nous promettons de faciliter rapidement les échanges de renseignements entre ces derniers..."

"L'arme est à la maison, mais les soldats n'ont plus leurs cartouches à la maison...."

"Les contrôles effectués à la sortie des stands de tir et à la fin des exercices de tir permettent d'exclure que des cartouches ne soient subtilisées..."

"Les échanges entre la police et l'Armée concernant des individus dangereux sont réguliers et satisfaisants..."

Quelques deux ans après le rejet de la dite initiative - rejet massif en particulier en Valais - et quelques morts supplémentaires plus tard, les Voruz et Perrin, comme d'autres ténors de l'UDC ou de la droite, reconnaissent aujourd'hui - et avec quelle quelle clairvoyance - qu'il y a un problème et qu'il faut le gérer sur le plan fédéral.

En effet, au lendemain de la votation, on apprenait:

- que plusieurs milliers d'armes de sevice se promenaient dans la nature sans contrôle

- que les échanges d'informations entre la police et l'Armée étaient pour le moins lacunaires

- que des individus considérés comme psychologiquement faibles étaient toujours en possession de leur arme de service

- que les cantons n'ont toujours rien fait en matière de coordination de renseignements.

On se souviendra aussi de l'affiche représentant le président des jeunes UDC genevois, nu, avec comme cache sexe - ou substitut - son seul fusil d'assaut... Belle preuve de puissance et de mâle virilité, dont le retour sur image est particulièrement sordide après Daillon.

Ces défenseurs de l'arme à la maison ne sont rien moins que des complices de meurtre, par dol éventuel. Ils savent que la situation actuelle peut favoriser, voire provoquer des meurtres et des suicides, mais ils en prennent leur parti et - considérant que ce n'est pas monnaie courante - admettent que ce soit possible et qu'il faut bien faire avec.

Messieurs, combien vous faut il de morts de plus pour changer d'avis?

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18/12/2012

"Rester coi"

C'est sous ce titre que Fathi Derder, conseiller national PLR, signe la rubrique "Les petits secrets du palais" dans Le Matin de ce lundi 17 décembre.

Bonne plume, celui qui a ravi longtemps les auditeurs de l'ex RSR La Première, raille une de ses collègues du Conseil national qui, à son goût, prend trop souvent et trop longtemps la parole pour s'exprimer en plénière.

Il déplore également les débats libres, sans limite, au cours desquels de multiples orateurs se succèdent sans rien apporter, selon lui, de concret ni de constructif, les opinions étant déjà largements forgées.

Coincidence: ce même journal publiait la semaine passée le classement des parlementaires les plus assidus, au moins au moment des votes. Et parmi les Romands, c'est le même Fathi Derder qui était classé parmi les moins présents. Il est vrai que les votes comptent si peu, et qu'il vaut mieux être présent dans la presse de boulevard afin d'être réélu.

"Rester coi": il aurait dû faire de ce titre sa devise et en rester là...

04:33 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

16/12/2012

Non à une armée différente

C'est fait! Cette semaine, le Conseil national a rejeté l'initiative du Groupe pour une suisse  sans armée en refusant également de lui opposer un contre projet.

Près de 50 orateurs se sont succédés à la tribune, sans originalité d'ailleurs. On a constaté les mêmes guerres de tranchées entre les opposants et les partisans d'une armée de milice.

Désolant, car aucun parlementaire n'a osé proposé une solution alternative, telle que, parmi d'autres, celles exposées en un temps récent par Pierre Maudet, dans un raport complet et intelligent. Certes, tout ne plaît pas, en particulier aux collègues PLR zurichois, banquiers et colonels de Pierre Maudet.

Mais cela mérite une réflexion plus approfondie que ce que nous avons entendu cette semaine.

Les mérites de l'armée de milice ont été vantés: mélange de classes sociales, ouverture sur l'autre, sens de la camarederie, découverte du pays. Mais que penser de ces objectifs quand on sait que seuls 50% des suisses font encore leur armée?

Renforcer ce sédiment social, plutilingue et multicurel, passe par une autre voie: celle d'un service communautaire. Obligatoire pour tout jeune de 18 à 25 ans, il impose a tout suisse de donner - et c'est peu de choses - un an de sa vie à son pays et à ses institutions. Un an, en service  militaire et/ou civil selon les choix.

Cette année de service à la communauté remplit les conditions de sa réussite:

- maintien d'une force armée destinée à la protection de la population

- engagement de civilistes en EMS, hôpitaux, institutions sociales et associations sans but lucratif.

Afin de favoriser cette cohésion sociale tant vantée par notre système actuel, le formation doit être précédée par deux mois de formation commune. Les thèmes abordés seraient: organisation politique, système de défense, instruction civique, organisation des systèmes sanitaire et social, techniques de débat, art de parler en public, sport.

Ensuite, pour les dix mois suivants, travail communautaire en service militaire ou civil.

Cette solution permet de mettre en commun les expériences de chaque citoyen et de mieux les faire se connaitre.

Le Conseil des Etats, qui doit se prononcer sur ce point, serait bien inspiré de proposer un contre-projet dans ce sens.

15:03 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook