23/09/2011

Quand un radical en cache un autre...

Pascal Couchepin, ancien patron de la santé, nous avait habitués à ses coups de gueule et ses passages en force.

Son successueur, Didier Burckhalter, plus palot, se faisait attendre dans ce domaine.

Après une timide entrée en matière, maladroite au possible, avec le non remboursement des lunettes, il a fait plus fort...

Je ne reviendrai pas sur ma note précédente et sur la caution de l'OFSP donnée aux assureurs de violer sans vergogne le secret médical.

Attardons nous sur les deux étapes suivantes: le nouveau financement hospitalier et le "managed care".

Le premier, adopté par les deux chambres, impose aux cantons de subventionner les établissements privés, pour certaines prestations, à la même hauteur que les établissements  publics, soit à 55%. Cette décision fait surtout le beurre des assureurs, dont les contrats privés se trouveront ainsi allégés de montants importants: près de 20 millillions à Genève... De plus, cette nouvelle loi permet à chaque assuré de choisir son établissement hospitalier, y compris dans un autre canton. Donc, pour les assurés complémentaires qui ont déjà cette possibilité, on devrait s'attendre à une baisse des primes... Vous avez reçu cette information? Moi pas....

Dans le "managed care", les assurés qui choisissent un réseau bénéficient d'une quote part de participation pour leurs frais médicaux de 10%, alors que ceux qui n'intègrent pas un réseau verront leur participation monter à 15%. Mais il faut le dire: les assurés qui se trouvent dans un canton dans lequel les assureurs n'ont pas de réseau, nada! Les assureurs n'ont en effet pas l'obligation d'offrir des réseaux à tous leurs assurés. Pour une raison bien simple: les réseaux attirent les mauvais cas.

Donc, après avoir sabré le secret médical, sacrifié le libre choix du médecin, notre conseiller fédéral rassure les assureurs (sociaux rappelons le...) en leur permettant de faire des choux gras.

On en viendrait à regretter le grand Pascal....et à recommander de plus en plus vivement la signature de l'initiative pour une caisse publique.

 

 

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22/09/2011

Secret médical: la Confédération choisit son camp

Les médias nous l'apprennent, l'office fédéral de la santé publique(OFSP), a envoyé une circulaire aux assureurs, manifestement à leur demande, les autorisant à demander les diagnostics des personnes soignées en ambulatoire ou en stationnaire.

L'OFSP, organe d'Etat, sans avertir l'ensemble des acteurs, perd son rôle d'arbitre et prend fait et cause pour les caisses maladies.

Le secret médical est universel, immanent et permanent. Il ne peut pas se négocier. Il n est pas à deux vitesses.

On ne peut pas admettre que des caisses maladies, sur délégation de l'Etat, mélangent les bidons en gérant un secteur social, déficitaire, et un secteur privé, largement bénéficiaire...

Demander aux caisses, ou les autoriser, à prendre connaissance des diagnostics est une violation manifeste du secret médical.

Mais bon, c est tellement grave que la perspective de la caisse publique unique devient de plus en plus intéressante...

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13/05/2011

La Confédération se fiche des coûts de la santé...

Parmi les assureurs, comme bien sûr dans d'autres professions, il y a les bons (si, si, j en connais...), les rebelles et les sournois.

Le rebelle, c'est souvent Assura. Pas toujours à bon escient, mais cette fois, oui! Assura défie l'OFSP et décide d'offrir à ses assurés concernés l'Avantis, médicament efficace pour le traitement de la dégénérérescence maculaire, mais non encore homologué en Suisse. L'Aventis, dont une seringue coûte 80 francs environ, est opposé au Lucentis qui, pour la même efficacité et la même seringue, coûte 1'500 francs. L'utilisation de l'Aventis, compte tenu du nombre de patients âgés qui pourraient en bénéficier, permettrait une économie de 300 millions  de francs par an. Las, la procédure d'homologation est lente, comme tout ce qui se fait en Suisse. Donc, en attendant, ce médicament 40 fois moins cher n'est pas remboursé. Espoir: P.-Y. Maillard a décidé de couvrir dans le canton de Vaud les médecins qui le prescriraient.

Et Assura décide de l'offrir...c est bien, mais avec quel argent?

Dans les sournois, il y a Intras, bonne vieille caisse maladie bien genevoise, dont les prestations et la communication se sont singulièrement détériorées, au dire de ses affiliés, depuis qu'elle a été reprise par la CSS.

Intras propose ces jours à ses assurés de ne plus passer chez leur pharmacien pour honorer leurs ordonnances. Pratique, l'assuré envoie son ordonnance à Mediservice qui lui envoie, dans les 48 h, les médicamaents prescrits, moyennant un rabais de 12 % sur les médicaments de moins de 300 francs, ou de 12% s'il s'agit d'un générique, et en prime un bon d'achat de 50 francs chez Coop...

Puisque les assureurs sociaux ne vivent qu'en fonction des primes, que celles ci ne sont fixées qu en fonction des coûts effectifs, d'où viennent les fonds qui permettent de faire ces cadeaux? Des réserves, ou des complémentaires...?

De surcroît, Intras ignore superbement les intérêts de ses assurés:

- en allant dans l'officine du pharmacien, le patient est conseillé

- le pharmacien lui explique le dosage et la prise

- son dossier est mis à jour, et l'on évite les prescriptions "sauvages" et les mauvaises conséquences d'interactions médicamneteuses.

Un patient suivi par son médecin et son pharmacien a la garantie que ses traitements sont adéquats et performants. En passant par des boîtes comme Mediservice ou zur Rose, le patient n'a plus l'assurance d'être suivi correctement.De plus, on sait que beaucoup de personnes âgées, malades chroniques, préfèrent sortir un peu et aller voit leur pharmacien.

Bref, deux exemples: une caisse soucieuse d'économies logiques, Assura, et une autre, Intras, qui sombre dams le mercantilisme et le marketing "grande surface"... Le choix est ouvert...

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07/05/2011

Primes 2012, les manoeuvres commencent

La presse a annoncé que la commission de sécurité sociale et de santé (CSSS) du Conseil des Etats avait lancé une initiative visant à interdire aux assureurs d'augmenter leurs primes en prévision du nouveau mode de financemant des hôpitaux.

Etrange, quand on sait que la majorité des sénateurs de cette commission sont membres du conseil d'administration de caisses maladie ou d'organes administratifs de santésuisse, association faitière des mêmes assureurs.

D'autre part, la même association annonce pour 2012 des hausses de prime de 1 à 4% seulement...

Les coûts de la santé auraient ils été maîtrisés? Les assureurs auraient ils remboursé le trop perçu? Les membres du Conseil des Etats deviendraient-ils conscients des coûtes de la santé?

Que nenni...!

En fait,le peuple va se prononcer bientôt sur la caisse publique unique. Donc les assureurs se font patelins et sympas, comme leurs parlementaires...

15:56 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

27/03/2011

Soigne et tais toi...

Depuis le début de l'année, nombre d'assureurs bloquent les factures des EMS et refusent de les rembourser dans les cantons de Genève, Jura, Vaud et Neuchâtel.. Motif: la  prestation, "communication au sujet du bénéficiaire", ou CSB n'est pas un soin au sens propre du terme.

Cette prestation, calculée en moyenne globale, prend en compte le temps que le personnel passe en contact avec les médecins, physiothérapeutes, ergothérapeutes afin de coordonner la prise en charge du patient et de faciliter le travail d'équipe.

Ce conflit n'est pas le premier dans le secteur de a santé, mais il reste, comme les précédents, emblématique d'un problème récurrent: la prise du patient en otage, qui finalement se trouve au bout de la chaîne et n'a pas les moyens qu'ont les assureurs, ou l'Etat, sur les plans juridique et financier.

Dans ce cas précis, l'assureur ne paie pas, mettant l'EMS en difficulté, ce dernier ne pouvant pas non plus mettre le patient dehors. L'Etat ne veut pas non plus intervenir, estimant que cette prestation n'est pas à sa charge. Et le conflit peut durer des mois, soit le temps nécessaire au Conseil fédéral ou au Tribunal fédéral de trancher au final.

Et pendant ce temps, les réserves des assureurs à Genève se montent toujours à plus de 400 millions de francs, somme qui serait largement suffisante pour prendre cette prestation en charge en attendant une décision de l'administration ou de la justice.

Avantage toutefois de cette situation: cela amène de l'eau au moulin des partisans d'une caisse unique, dont la récolte des signatures va bon train et qui ne manquera pas d'être accélérée. Bel autogoal pour les assureurs...

 

 

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23/02/2011

Burkhalter n'est pas myope...

Depuis que Didier Burkhalter a été élu au Conseil Fédéral, on ne l'a pas beaucoup entendu..contrairement à son prédécesseur, qui avait, en revanche, la langue plutôt bien pendue et qui continue d'ailleurs de se faire entendre.

Il a pris, Didier, pas Pascal, le dossier de la santé en mains. On souhaitait un "Camp David" de la santé, entre tous les acteurs, mais on est déçu. Rien, pas de vision, sauf celle du néant.

Mais à propos de vision...: le Didier, il a eu une idée de génie, celle de supprimer les aides financières aux lunettes...

La myopie, ou tout ce qui peut être corrigé par des verres adéquats, est une maladie, et elle doit être soignée comme n'importe quelle affection. Elle est donc prise en charge, très partiellement d'ailleurs, par la LAMal.

La décision de Didier Burkhalter n est donc ni pensée, ni réfléchie et même pas économe...Des économies de bouts de chandelle, oui...

Tout le monde râle et Burkhalter persiste, sans rien proposer de concret et de global.

Heureusement, le PDC Genève, par son député G. Barrazone, propose une résolution aux chambres pour corriger le tir.

On voit encore une fois de plus que le PDC agit pour la famille.

20:29 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

01/02/2011

Une caisse publique?

Et voilà, c'est fait, le PS et le Mouvement Populaire des familles annoncent enfin le lancement de leur initiative sur une caisse publique, et non pas une caisse unique, puisque le projet prévoit des antennes cantonales, à peu près sur le modèle de la SUVA.

Certes, on pourrait gloser sur le moment choisi...Il eût été préférable de lancer ce projet en septembre passé, au momnet des annonces des hausses de primes mais, électoralisme oblige, le PS a choisi le début de l'année électorale, pensant ainsi récupérer des voix que les sondages ne lui prédisent guère...Mais c'est de bonne guerre, et il faut se concentrer sur le fond.

L'initiative actuelle a deux avantages: elle ne parle pas de "caisse unique", et elle ne propose plus un lien entre les primes et les revenus.

Son but est simple: laisser la gestion de l'assurance de base à l'Etat, par le biais d'une caisse publique fédérale avec des antennes cantonales ou régionales, et assurer plus de transparence.

Les opposants, santésuisse et les assureurs en tête, hurlent à l'étatisation...et alors?

Le modèle actuel, qui permet à des assureurs sociaux, ou plutôt dits comme tels, de sélectionner les risques, de pratiquer les assurances complémentaires et d'autres types d'assurances (choses, personnes et autres..) a montré ses limites.

L'assurance maladie est le seul secteur dans lequel - pour une assurance sociale - on parle de concurrence. Qui parle de concurrence en matière de chômage, d'AI ou de 2ème pilier? Personne, et cette aberration doit cesser.

On ne peut pas parler de concurrence dans le domaine social, c'est un coup de canif majeur dans le principe de solidarité et d'accessibilité.

D'ailleurs, les assureurs dits sociaux sentent venir le vent et commencent à faire des concessions...

Trop tard, la machine est lancée, et le succès n'a jamais été aussi proche...

 

 

 

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15/12/2010

le National devient réaliste

"ATS | 15.12.2010 | 17:52

L’idée d’introduire un taux unique de la TVA à 6,5% a fait long feu. Par 106 voix contre 62, le National a renvoyé mercredi le projet au Conseil fédéral, réclamant à la place un modèle basé sur deux taux différents et une liste d’exceptions comprenant la santé ou l’instruction.

Malgré ses réserves, la Chambre du peuple a refusé d’enterrer purement et simplement la révision de la loi sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). La gauche, inquiète pour les répercussions de ce projet sur les consommateurs et les catégories défavorisées, n’a pas réussi à imposer une non-entrée en matière.

L’idée du taux unique de TVA, chère à l’ancien conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, n’a été défendue que par les libéraux-radicaux. Il faut absolument mettre un frein à la bureaucratie générée par les trois taux actuels, a argumenté Philipp Müller (PLR/AG).

La santé, la formation, la culture, les manifestations sportives et les institutions de bienfaisance devraient être exemptées..."

 

Enfin, le Conseil National devient sage  et réaliste sur cet objet.

Avec un taux de 6.5% sur les prestations de santé, la facture aurait été augmentée de façon totalement artificielle, sans d'ailleurs que l'administration n'ait pu répondre à la question de savoir si ces augmentations devaient être prises en charge par le patient ( faisant ainsi passer sa participation de 10 à 16.5%), par les assureurs (bonjour les augmentations de prime...) ou par les médecins (et au nom de quoi...?). sans compter que les systèmes de subvention des cantons aux assurés dans le besoin, auraient été plombés de façon dramatique...

De plus, l encouragement à la culture, et aux manifestations sportives qui font appel à de nombreux bénévoles, n'auraient pas pu s'accomoder d'une imposition injuste et scélérate. Le bénévolat est une nécessité pour quiconque veut organiser une manifestation sportive ou culturelle, et il doit être encouragé plutôt que pénalisé...

 

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20/10/2010

Assurance-maladie: changement de caisse et courtiers

Un article du Matin de ce jour dénonce l'attitude  agressive des courtiers qui vous innondent de téléphones ces jours pour vous proposer de nouvelles conditions attrayantes. L'article en question met notamment en cause l'attitude d'un courtier de la CSS. La porte parole de cette caisse, interrogée, déclare que les commissions des courtiers sont imputés sur le budget des assurances complémentaires...ben que voilà une bonne idée: 200 millions de démarchage et de publicité, 240 millions de frais administratifs pris en charge par les complémentaires, voilà qui allège les frais administratifs de l'assurance de base....qui peut ainsi fièrement annoncer que ceux-ci (environ 6%) sont inférieurs à ceux d 'une caisse unique comme la SUVA (8%).

Pour le reste, si vous êtes assaillis par ces courtiers, un conseil: dites leur que vous avez 60 ans....ils se refroidissent tout de suite...

 

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