05/03/2013

Clause du besoin: un mois de mars agité...

Le Conseil fédéral souhaite présenter dès l’an prochain un projet visant à piloter sur le long terme l'admission des médecins spécialistes. En vue de répondre immédiatement à la hausse actuelle du nombre de spécialistes, le Conseil fédéral entend, dans un premier temps, soumettre aux Chambres un projet de loi urgent instituant une clause du besoin limitée à trois ans. Grâce à ce projet, les cantons pourraient, dès le 1er avril 2013, réagir rapidement en cas d'offre excessive de soins.

 

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10/02/2013

Le mépris des assureurs maladie

Dans le contexte du scandale des primes trop perçues par les assureurs maladie, notamment dans les cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Zuerich et Neuchâtel, Helsana et le Groupe Mutuel ont enfin pris position. Ce dernier estime que rendre cet argent ne serait pas une bonne idée et que cette situation n'est pas imputable aux assureurs, mais à l'autorité de surveillance. Ben voyons...Sachant que les assureurs ont systèmatiquement surévalué les risques dans ces cantons, et ce sous la bienveillante surveillance de l'OFAS, on tombe des nues devant une telle candeur...

Mais le plus scandaleux reste l'attitude de Helsana. Par la bouche de son président, Daniel Schmutz, il écarte tout simplement la moindre idée de remboursement des primes et, pire, menace d'augmenter les primes en raison des dommages potentiels causés par "les politiciens et l'administration".

Il sied de rappeler ici que les assureurs maladie, tout en restant des entités privées, n'agissent et n'encaissent des primes que par délégation de la loi et de l'autorité fédérale. L'argent qu'ils prélèvent ne leur appartient pas. Certes, la LAMal leur a donné tellement de pouvoirs qu'aujourd'hui ils se croient propriétaires de notre système de santé. D'où le mépris constant qu'ils affichent envers les soucis de santé des assurés, les coûts trop élevés des hôpitaux, et les professionnels de santé qu'ils ne considèrent que comme "fauteurs de coûts".

Il faudra très rapidement cadrer des gens comme le président d'Helsana, dont la traduction du nom de famille en français donne une image assez juste du personnage...

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10/10/2012

Le Conseil fédéral rejette l'initiative sur la caisse publique

Selon le communiqué de presse de ce jour, il décide toutefois de présenter un contre-projet indirect dont les éléments cadres sont la création d'une réassurance pour les coûts les plus élevés, l'amélioration de la compensation des risques - en y incluant notamment les coûts des médicaments - et une séparation plus stricte entre l'assurance de base et les complémentaires.

Ce dernier point n'est pas nouveau, puisqu'il a fait l'objet d'une initiative lancée notamment par les médecins genevois, qui malheureusement n'a pas récolté les 100'000 paraphes nécessaires.

Le Conseiller fédéral Alain Berset est habile et son contre-projet - on y reconnaît sa patte - est susceptible de rassembler sur lui les faveurs du centre et de la droite, cette dernière étant tout sauf favorable à ce qu'elle considère comme une étatisation de l'assurance sociale qu'amènerait l'initiative du MPF, de la gauche et des syndicats.

Selon lui, vraisemblablement, l'initiative pour une caisse publique aurait peu de chances de passer. Certes, après l'annonce récente par les assureurs de hausses de primes très modérées pour 2013 - mais est-ce un hasard...? - on peut considérer qu'un contre-projet indirect est une bonne solution.

Toutefois, pour convaincre, il lui manque deux éléments: le premier, c'est que le fait de parler de concurrence dans le domaine de l'assurance sociale est et reste un scandale. C'est un élément que l'on n'invoque jamais en matière de chômage, d'AI ou autres... Or, le Conseil fédéral s'y accroche et ceci est insupportable.

Le deuxième, c'est que rien n'est fait ni proposé pour résoudre le problème des réserves. Ce n'est qu'à grand'peine, après près de dix ans de lutte, que les cantons concernés par les réserves abusives constituées par les assureurs ont obtenu la garantie d'un remboursement partiel et assez négligeable. Si le contre-projet de Monsieur Berset ne propose rien en la matière, par exemple une réserve fédérale gérée par une fondation, il ne sera pas convaincant.

Mais attendons pour voir...

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28/09/2012

Clause du besoin

Enfin...Le conseil fédéral admet que les cantons, Genève en particulier, puissent introduire une clause du besoin pour les médecins.

Bien, mais pa ssuffisant...

Le parlement doit voter une disposition visant à introduire, pour les cantons, une disposition leur permettant de réguler le besoin de toutes les professions à charge de l'assurance maladie, afin de vraiment gérer ce secteur.

Le problème vient aussi du fait que les médecins belges et français, pour Genève, ne connaissent pas du tout notre système de santé et fournissent des renseignements faux à leurs patients.

Il faut donc leur imposer, et cela est compatible avec les accords sur la libre circulation, d'une part un séjour d'au moins cinq ans en hôpital public, et le suivi d'un cours sur notre système d'assurances.

Cette solution aurait trois avantages: fournir aux hôpitaux publics le personnel médival qui leur manque, réguler l'offre et informer correctement les médecins sur notre système de santé.

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09/09/2012

"Les assurés paient toujours trop"

On le savait, Bon à Savoir de septembre nous le confirme....

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05/07/2012

25 siècles d'éthique à la poubelle...

Le secret médical, ou plutôt le scret du patient, respecté universellement depuis le serment d'Hippocrate, 4 siècles avant JC, vient de subir un coup fatal. Selon la dernière ordonnance adoptée par le Département fédéral de l'Intérieur, le DFI, les factures détaillées des hôpitaux, mentionnant les diagnostics précis, devront être fournis aux assureurs.

Cette solution semble bien arranger les hôpitaux regroupés au sein de H+ puisque ce fastidieux et coûteux travail de cryptage des données sensibles leur sera épargné. Elle arrange aussi les assureurs qui, désormais, auront la haute main sur ces précieux renseignements fort utiles pour leur chasse aux bons risques. Petit bémol: ces données sont en fait transmises à des centrales de récoltes et de tri de données, qui n'ont pas d'ordres à recevoir des assureurs, mais créées et gérées par eux... On hésite à rigoler bien franchement.

De plus, le réposé fédéral à la protection des données, qui n'a aucune ressource humaine supplémentaire pour le faire, pourra contrôler ce système de collecte et de tri.

Les médecins privés,non touchés dans leur pratique par ces mesures, n'ont pas encore réagi.

On croit rêver: cette ordonnance oublie une règle de la LAMal qui donne au patient la possibilité d'exiger de l'assureur que ses données ne soient transmises qu'au médecin conseil de ce dernier. Disposition peu respectée, car l'assuré qui aurait la mauvaise idée de l'invoquer, ou de se référer à la loi sur la protection des données, verrait simplement son assureur retarder le remboursement de ses prestations.

Sous prétexte de simplification administrative, une loi sur l'assurance maladie que l'on soumet déjà à d'obscures règles de concurrence la plus large possible consacre dorénavant l'abandon pur et simple du secret des données médicales et de la protection de la sphère privée, au seul bénéfice des assureurs et grâce à leurs représentants aux Chambres, largement rétribués par les jetons de présence de leurs conseils d'administration.

Le serment d'Hippocrate, veux de 25 siècles, qui constitue depuis ce temps là la référence éthique et déontologique des médecins, consacrait le maintien absolu du secret du patient. C'en est donc fini. Et ce sont les patients que nous sommes pourtant tous qui en pâtiront le plus.

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17/06/2012

LAMal: suite de cette votation du 17 juin

L'UDC fourbit ses armes suite au scrutin de cette fin de semaine et prépare deux plans. Le plan A, qui a peu de chance d'être suivi par le reste de la droite, vise à supprimer l'obligation de s'assurer contre la maladie, datant de 1996. Cette disposition visait à instituer une solidarité entre jeunes et vieux, malades et bien portants, hommes et femmes. La supprimer, comme le souhaite ce parti rétrograde, revient à écorner gravement un des pans de notre système de sécurité sociale.

Nous ne naissons pas égaux devant la maladie, pour des raisons génétiques notamment, et la reconnaissance de ce fait par la société est hautement éthique. L'UDC, en niant cette réalité, ajoute à sa xénophobie patente et vulgaire la négation du rôle social de l'Etat.

Son plan B, qui pourrait être suivi par le PLR, vise à laisser les assureurs libres de conclure avec les médecins et les hôpitaux de leur choix, en ne tenant compte que des statistiques de coûts, soit en niant la réalité des gravités des pathologies, en particulier des personnes âgées. Son argumentation: le marché -quel vilain terme - de la santé, doit être soumis aux règles de la libre concurrence afin de faire baisser les coûts.

Pourquoi appliquer au domaine de la santé des règles de concurrence inexistantes dans les autres assurances sociales? Parce qu'une bonne partie des députés UDC et PLR sont membres de conseils d'administration de caisses maladie, fonctions fort lucratives, alors qu'être membres de conseils en matière d'AI, de 2ème pilier ou d'assurance accident l'est moins...

La santé n'est pas un marché, et si l'on suivait l'UDC, il faudrait aussi renoncer à l'bligation d'assurance pour les autres assurances sociales, l'instruction publique et, à terme, aux autres prestations de l'Etat.

Quel beau programme...

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30/05/2012

Le réseau est mort, vivent les réseaux

La modification de la loi sur l'assurance maladie (LAMal) qui nous est proposée le 17 juin prochain vise à instituer des réseaux de soins intégrés, en bon français des "managed care". Les Chambres fédérales ont accepté cette nouveauté à une confortable majorité. Depuis l'aboutissement du referendum, la pluart des partis qui avaient accepté ces dispositions ont revu leur position et préconisent le "NON". Pourquoi?

Parce qu'au Parlement fédéral, les assureurs font la la loi en matière d'assurance maladie, et leurs représentants avaient pu convaincre les députés. Maintenant, seul le PLR reste favorable à ces réseaux de soins.

Les réseaux existent déjà, et ceux qui y adhèrent le font avec une certaine liberté, car malgré leurs contraintes, ils permettent des réductions de primes. Si le projet devait passer le 17 juin, les assurés déjà membres d'un réseau ne bénéficieraient d'auncun avantage supplémentaire. En revanche, ceux qui s'y refuseraient verraient leur participation grimper à 15% au lieu de 10%, et leur franchise passer à 1'000 CHF par an.

Ce sont des faits, bruts et incontournables. Ce qui n'empêche pas les partisans du OUI de parler de réseaux "incitatifs"... Qu'y a t-il d'incitatif dans le fait de ne rien changer pour les assurés qui connaissent déjà ce système et de pénaliser ceux qui n'e voudraient pas? Le Conseil fédéral espère attirer, avec ses promesses, 60% de patients dans ces réseaux. Qui seront ils? Les malades chroniques, ou les jeunes bien portants soucieux d'économiser, ou les plus défavorisés. Resteront en dehors du système ceux qui en ont  les moyens... Ce n'est pas une médecine à deux vitesses, c'est une assurance de classe.

Cerise sur le gâteau, la déclaration d'Isabelle Moret, parlementaire fédérale PLR vaudoise: "J'incite mes parents à adhérer à un réseau, car ils vivront mieux et plus longtemps ". C'est totalement inepte, car rien ne peut le prouver, et c'est surtout insultant pour le médecin généraliste actuel de ses parents.

Les réseaux actuels, certes peu développés en suisse romande, fonctionnent déjà, et ils n'ont pas attendu Berne pour se mettre en place. Ils ont besoin de coups de pouce pour mieux fonctionner, mais pas comme cela.

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25/03/2012

Alain Berset a tourné sa veste...?

C'est ce que semblaient affirmer les médias cette semaine suite à la déclaration du Conseiller fédéral sur le projet de réseaux de soins intégrés (managed care en bon français....).

Cette modification de la LAMal a fait l'objet d'un referendum, dont les signatures ont été très vite réunies, grâce à l'apport des médecins, de la gauche et des syndicats.

Conseiller aux Etats, Alain Berset a voté contre cette modification, suivant ainsi les consignes de  son groupe. Aujourd'hui, il se dit favorable au projet, source d'économies possibles, ce qui fait hurler ses amis politiques qui crient à la trahison.

Certes, ce projet n'est pas bon, il pénalise les assurés au lieu de les inciter, et il ne reconnaît pas la valeur des médecins. Vu le succès de la récolte des signatures, il va certainement être refusé en votation populaire. Alors, quel intérêt pour notre nouveau Conseiller fédéral de soutenir cette modification?

Il n'a pas tourné sa veste, il a peut être été convaincu par son administration, hypothèse possible.

Je vois une autre piste: le réseau de soins, c'est une idée de son prédécesseur, donc il la soutient loyalement et collégialement. Mais elle est vouée à l'échec, dans la mesure où jamais une modification légale ne pourrait être acceptée contre les médecins, les syndicats  et la gauche unie....

Donc Alain Berset joue la carte de la continuité, tout en sachant que cet échec lui permettra de rebondir et de présenter un nouveau projet de révision de fond de la LAMal, comme contre-projet direct à l'initiative sur la caisse unique...

Pour un Conseiller fédéral dont certains critiquaient le côté lisse et consensuel, ce sera bien joué... C'est ça, la politique...

 

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28/02/2012

Caisse maladie EGK: la preuve que cela ne peut marcher

EGK a annoncé l'automne passé des primes fort alléchantes pour 2012, en particulier pour les romands, et surtout pour les vaudois. Résultat, cet assureur, pratiquant une chasse aux assurés en surestimant ses moyens financiers, a attiré plus de 100'000 nouveaux assurés en moins de deux ans.

Or, notre système d'assurance impose aux assureurs de constituer sur la tête de chaque assuré des réserves, prévues par la loi. Première faille du système : l'assuré qui quitte son assureur lui laisse la totalité des réserves que ce dernier a constituées pour lui durant les années de son affiliation. Deuxième faille : l'assureur qui reçoit de nouveaux assurés alléchés par des primes basses doit reconstituer des réserves.

Manifestement, EGK a artificiellement baissé ses primes et, dépassé par la masse de nouveaux assurés, s'est vue contrainte d'annoncer des augmentations de primes passant du simple au double.

La fixation des primes doit être approuvée par l'OFSP, qui aurait dû, dans ce cas, identifier le danger à la seule lecture des comptes d'EGK. Il ne l'a pas fait, il a donc failli à son devoir de surveillance, comme il a failli dans le passé en refusant de reconnaître, pendant des années, que les réserves accumulées par les assureurs vaudois, zurichois et genevois était trop élevées et surestimées.

Cela étant, il sied de rappeler que régulièrement, les gouvernements cantonaux incitent les assurés qu'ils subventionnent à choisir en fin d'année une caisse dont les primes sont les moins chères, ce qui bien entendu alimente de façon perverse cette spirale infernale.

La solution: une meilleure surveillance des caisses, conformément au projet de loi déposé par les services du Conseiller fédéral Alain Berset. Mais ce n'est qu'un premier pas : le deuxième serait que les réserves, logiquement, suivent l'assuré ou qu'elles soient constituées dans un fond fédéral, comme celui gérant la compensation des risques.

Et la troisième, que l'on voit arriver à grands pas, serait l'institution d'une seule caisse publique gérant l'assurance obligatoire de base, les autres assurances complémentaires étant gérées par des caisses privées. Et ce, en dépit des cris d'orfraie poussés par les milieux de droite qui refusent de voir l'évidence d'un système qui a montré ses limites et qui continuent à diaboliser l'étatisation du  système d'assurance maladie, alors que cette même étatisation fonctionne très bien en matière d'accident.

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09/02/2012

Mon assureur bien aimé...


Comme tout le monde, j'aime mon assureur, je lis son journal, je paie ses factures de primes et je remercie le ciel chaque jour d'être en bonne santé en le payant si cher.
Il y a bien longtemps que je ne lui ai pas envoyé de factures, mais ce n'est pas le cas de ma douce tante qui, vu son âge, souffre de quelques problèmes usuels et pas trop graves, mais nécessitant de prendre régulièrement quelques potions et gélules.
Neveu dévoué, je m'occupe de ses soucis administratifs et en particulier de ses relations avec son assureur. Ce dernier lui a fait tout dernièrement une drôle de proposition: en échange d'un bon de 50 CHF (ouahhh la somme! Trop pas croyable, dirait mon petit filleul...), il lui propose de demander à son médecin d'envoyer son ordonnance à une boîte inconnue sise en pays alémanique afin que celle-ci lui fasse parvenir par la poste ses médicaments.
Intrigué, j'appelle le dit assureur - je vous passe les "appuyez sur 1,2, 3, toutes nos collaboratrices sont occupées, la conversation est enregistrée pour des raisons de contrôle de qualité, veuillez patienter, votre appel va être traité, restez en ligne..." tout ça à deux francs la minute - qui me confirme l'offre en m'assurant que la boîte qui livre est une pharmacie dotée de toutes les autorisations nécessaires et très sérieuse.
A ma question de savoir comment sont emballés les médicaments qui doivent être conservés au frais, on me répond que tout est prévu, sans plus de précisions, mais qu'en cas de crainte, il est possible de faire envoyer le colis chez le pharmacien de mon choix qui mettra tout ça au frigo...Ben voyons...On se passe du pharmacien pour acheter le médic, mais on compte sur lui pour le frigo...sympa!
Autre question: la boîte qui livre tout ça est un grossiste, donc sa marge est plus importante que celle du pharmacien, ce rabais est il répercuté sur la facture?
Tût...tût...tût
Moralité: il y a bien assez de pharmaciens en ville pour assurer un service de proximité et de qualité

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27/01/2012

Assurance maladie, ça dérape

Ainsi, les commissions santé et sécurité sociale des deux Chambre fédérales viennent d'adopter, avant que cela ne passe au prochain plenum, une disposition de modification de la LAMal plutôt étonnante, et le mot est faible.

Selon le texte proposé, les assureurs ne rembourseraient plus les coûts engendrés par des interventions motivées par un excès d'alcool ou de stupéfiants.

La diposition a , semble-t-il, pour vocation de limiter le plus possible ces saouleries devenues à la mode, comme le "binge drinking", soit l'activité consistant à boire de l'alcool jusqu'à tomber.

Certes, ces excès ont montré clairement leurs dangers comme en particulier l'augmentation des comas éthyliques, également chez les jeunes. Mais le remède proposé est-il le bon et a-t-on fait suffisamment en matière de prévention? Précisons aussi que les alcooliques et les toxicodépendants ne seraient pas concernés par cette mesure car ils continuent d'être considérés comme des malades nécessitant des soins.

Premier problème: comment le médecin urgentiste aura-t-il la possibilité de faire la distinction nécessaire entre consommation compulsive et massive, et l'état d'un alcoolique régulier qui aurait pris une sacrée cuite?

Deuxième problème: pour que l'assureur puisse exclure le remboursement, il faut qu'il connaisse le dossier. Il devra donc être en possession du dossier médical du patient. Et là encore, après les DRG et le nouveau financement hospitalier, on sabre à nouveau gaiement dans le fondement même du secret médical.

Troisièmement: où s'arrêtera-t-on? la prochaine étape pourrait être la non prise en charge des pneumonies et des bronchites des fumeurs et anciens fumeurs, les affections liées au cholostérol chez les bons vivants, j'en passe et des meilleures...

Le législateur de 1994 nous avait concocté une LAMal, certes imparfaite, mais qui au moins restait une assurance sociale, avec un généreux catalogue de prestations. Ses successeurs, en douce et par la bande, en font un amas de carcans et de contraintes, sans chercher des solutions innovantes et incitatives.

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22/01/2012

Les cantons craignent l'afflux de médecins étrangers

Depuis l'abolition de la "clause du besoin", dès le 1er janvier de cette année, les cantons, et en particulier Genève, craignent un afflux ingérable de médecins européens, avec pour conséquence une augmentation massive des coûts de la santé.

Instituée en 2000, la clause du besoin interdisait aux médecins d'ouvrir un cabinet privé sans qu'un médecin de la même spécialité ne ferme le sien. En bref, il s'agissait de maintenir, par spécialités médicales, le même nombre de praticiens qu'en juillet 2000.

Cette clause du besoin du besoin a été une mesure injuste, scélérate et inéquitable:

- entre le mois de mars et la fin juin 2000, il y a eu, sous un vent de panique, autant d'installations en cabinet privé qu'en trois ans, à Genève

- nombre de jeunes médecins qui avaient des projets pour 2001 ou 2002 les ont vus réduits à néant, en leur cassant toute velléité de réaliser leur rêve

- jsuqu'en 2008, les cliniques, les permanences, les centres médicaux ont pu engager sans inquiétude des médecins suisses ou étrangers, puisque cette mesure ne leur était pas applicable...Donc, inégalité majeure de traitement, à laquelle l'Office fédéral de la santé publique n'a réagi que très tardivement

- cette clause du besoin, on l'oublie trop souvent, a été un gage donné aux associations de médecins par le parlement, en particulier en suisse alémanique, pour les convaincre de ne pas militer contre les accords bilatéraux.

Supprimée en 2012, la clause va bien entendu favoriser l'installation de nombreux médecins suisses, qui attendent ce moment depuis des années, et qui sont particulièrement mal traités dans les hôpitaux publics, certes. Mais elle peut aussi encourager des médecins européens à venir s'installer chez nous.

Ce qui a manqué dans cette procédure, c'est une certaine rigueur de l'OFSP de l'époque Couchepin et Burkhalter, un manque de vision grave et déplorable. En effet, le département de ces deux conseillers fédéraux aurait eu la possibilité de mettre en place des mesures d'accompagnement, ce que font tous les pays européens. Laissons les médecins étarngers s'installer, mais exigeons d'eux un examen sur notre système de santé et sur son organisation. En effet, je vois régulièrement des problèmes assécurologiques provoqués par la méconnaissance de ces médecins quant à notre système d'assurance sociale, et ce au détriment du patient.

L'OFSP pense à ce problème depuis trois ans, et y pense encore....Je crains qu'il ne soit un peu tard...

 

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28/12/2011

Pierre-Yves Maillard et Stéphane Rossini mauvais perdants...?

C'est ce que le lecteur pourrait conclure à la lecture de l'article du Matin de ce jour, page 6, sous le titre "Caisse unique: Berset mal pris".

L'article est consacré au succès incontestable de l'initiative pour une caisse maladie publique - et non "unique" - annonçant la validation, après 11 mois seulement sur les 18 impartis, de 120'000 signatures.

Pierre-Yves Maillard et Stéphane Rossini font pression sur Alain Berset, le rappelant à ses devoirs de socialiste. Réaction de mauvais perdants?Que nenni..., le PS tout entier exercera la même pression sur son Conseiller fédéral, et c'est un jeu normal, même s'il débute quelques jours avant l'entrée en fonction effective du Conseiller fédéral élu.

Les paramètres n'ont jamais été aussi bons: d'abord une initiative bien plus équilibrée que la précédente (qui a essuyé 70 % de refus), et qui a sagement renoncé à fixer des primes, sans plafond, en fonction de la capacité économique des assurés. L'arrivée au DFI d'un socialiste ensuite, aprés l'horrible parenthèse de Pascal Couchepin. Ce dernier, peu subtil, croyait connaître ce domaine sous le seul prétexte d'avoir présidé quelques années le Conseil d'administration du Groupe Mutuel. Bonne initiation, certes, mais néanmoins subjective, univoque et peu critique.

Quelques bémols tout de même:

- la récolte des signatures a été massive en Suisse romande, et l'on connaît la position de nos frères d'outre Sarine vis à vis du rôle de l'Etat et de la responsabilité individuelle. Et c'est bien connu, ces romands s'écoutent trop, se plaignent constamment et courent chez le médecin pour un oui ou pour un non, vu leur tempérament latin et pleurnichard,

- les socialistes sont minoritaires, tant au Conseil fédéral qu'aux Chambres, et ce n'est pas le seul Alain Berset qui va changer, en une séance, l'opinion de ses collègues,

- un conseiller fédéral est membre d'un collège, ce n'est pas un président de parti, encore moins un chef de meute, reproches que les mêmes Maillard et Rossini avaient d'ailleurs adressés à Christophe Blocher, et qui étaient pleinement justifiés.

La caisse publique est une bonne solution, n'en déplaise aux Ruey et Parmelin. Elle ne promet pas de baisse de primes, mais elle assurera à tout le moins la transparence dans la gestion d'une assurance sociale - on l'oublie parfois...- qui est d'ailleurs la  seule à être soumise à des principes de concurrence, ce qui n'est imposé ni à l'AI, ni à l'AVS, ni au chômage.

Le seul levier qu'Alain berset peut utiliser face à ses collègues est lé'laboration rapide d'un contreprojet, direct ou indirect, permettant de régler au moins dans un premier temps les problèmes de la séparation de la gestion des assurances de base et privées, de la chasse aux bons risques, de la disparité entre cantons et régions, de la solidarité entre jeunes et vieux, ainsi que d'une gestion centralisée des réserves, aux mains de la Confédération.

 

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17/12/2011

La patate chaude de Burkhalter à Berset

Didier Burkhalter aura fait à peine deux ans au DFI, sans résultats très probants. Il aura traversé cette période avec la nonchalance froide et altière qu'on lui connaît, peu propice à comprendre les mécanismes sociaux et les attentes d'une population qu'un PLR ne peut pas comprendre...

L'accuser de passer la "patate chaude" à Alain Berset est un peu facile. Ce département est difficile: Flavio Cotti, Ruth Dreifuss, Pascal Couchepin puis Didier Burkhalter s'y sont cassé les dents, chacun avec son style, le plus détestable restant celui de Pascal Couchepin, hautain et méprisant, peu soucieux des intérêts de la population en matière d'assurances sociales.

Alain Berset a deux légitimités pour reprendre ce défi difficile: la fibre sociale et socialiste acquise dans son environnement familial et de par ses études, et sa connaissance approfondie des mécanismes économiques. C'est la première fois depuis longtemps que nous aurons à ce poste un Conseiller fédéral dont la fibre sociale est incontestable et qui a, en même temps, une connaissance fine des mécanismes économiques.

Or, gérer le système de santé, à l'heure actuelle, sans en connaître les mécanismes sociaux et économiques, est un pari impossible.

C'est pourquoi Alain Berset est "the right man at the right place".

 

 

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