26/04/2018

Une belle aventure

14ème édition de cette belle course urbaine qui permet aussi de découvrir notre superbe campagne genevoise


Du perchoir du Grand Conseil en tête du marathon

Course à piedPrésident de la course genevoise, à l'affiche les 5 et 6 mai, le député est surtout son meilleur ambassadeur. Portrait d’un passionné.

Jean-Marc Guinchard entre urbanité et paysage bucolique, comme l’image du marathon qu’il sert avec dévouement.

Jean-Marc Guinchard entre urbanité et paysage bucolique, comme l’image du marathon qu’il sert avec dévouement. Image: Lucien Fortunati

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Il aime les sommets, non pas tant pour l’éblouissement que leur conquête suscite, mais plus pour l’émotion qu’il ressent quand, de là-haut, il contemple l’horizon. D’ailleurs, Jean-Marc Guinchard est sujet au vertige! Un comble pour un varappeur qui, jeune intrépide, a fait de la muraille des Gastlosen son terrain d’expression favori. «Mais j’ai appris à le dominer», rassure le Fribourgeois d’origine, arrivé à Genève en 1980 comme juriste à la Fédération des entreprises romandes.

C’est avec le même self-control que le député PDC a escaladé plus récemment le perchoir du Grand Conseil! Une ascension soudaine, plutôt rare quand on exerce une première législature. L’ancien membre de la Constituante a depuis rendu sa casquette de président pour coiffer celle de l’Association du Genève Marathon. Car il ne lui déplaît pas non plus de garder les pieds sur terre. «Cela dit, on a concrétisé un vieux rêve en organisant l’arrivée de la course sur l’eau, au beau milieu du pont du Mont-Blanc», se marre-t-il. «Pour une ville, un marathon est une belle carte de visite. Il doit frapper les esprits. À Lucerne, l’épreuve s’achève au cœur du Musée des transports, et ça marche aussi.»

Serviteur et rassembleur

En fait, c’est bien plus par souci de collégialité que par goût du pouvoir que Jean-Marc Guinchard a accepté de mener les débats parlementaires et de tenir un rôle de représentation. Il s’est investi à fond dans cette fonction chronophage, quitte à renoncer à courir pendant treize mois – il avait aussi une hanche qui se déhanche! Tout autour d’un hémicycle qui ressemble parfois à un préau d’école, on a apprécié son calme et sa pondération. «Même le MCG, qui briguait la place, a admis que j’avais fait du bon boulot», glisse-t-il. Sa nomination à la tête du marathon genevois, repris en main depuis 2010 par un groupe professionnel (OC Sports), répond à la même philosophie. L’harmonie n’est pas que le nom du sponsor titre de la manifestation. Selon son président, bénévolat et business font bon ménage lorsqu’une même passion les unit. Il parle de complicité, de solidarité, évoque la métaphore de la cordée, «dans laquelle on est aussi responsable de soi que des autres».

On l’a compris, Jean-Marc Guinchard est avant tout un serviteur et un rassembleur. «Je suis imbibé de culture chrétienne, j’aurais d’ailleurs pu devenir curé», dit-il. La médecine l’a aussi tenté, «mais j’étais pomme en chimie et en physique». Alors, il a fait son droit à Fribourg, sans devenir avocat. S’il ne consulte son toubib que très rarement, il est à nouveau secrétaire de l’Association des médecins genevois après avoir travaillé durant quatre ans à l’État, à la Direction de la santé. Et c’est lui, à la renaissance du marathon de Genève, en 2005, qui en a conçu le concept sanitaire. Ce passionné d’histoire et de français est un peu médecin malgré lui! «Mais je fais surtout confiance aux urgentistes et aux Samaritains qui veillent sur les coureurs. On a eu ces dernières années deux cas graves à gérer. J’étais mal, mais les deux accidentés s’en sont heureusement bien tirés. À son réveil, l’un d’eux réclamait sa médaille…»

Le marathon, Jean-Marc Guinchard en a disputé trois dans sa «courte carrière». Pour entrer au comité, c’est un critère d’admission incontournable. L’épreuve mythique l’a fait rêver, «mais franchement, elle est un peu longue pour moi», dit-il, lui qui a aussi couru trois fois les 100 km de Bienne! Il y a eu Jussy, où il a failli se perdre dans les bois. Marrakech, où les tables de ravitaillement avaient été dévalisées avant son passage. Et Neuf-Brisach, morne parcours tracé à la règle. «En comparaison, celui de Genève est une pure merveille», affirme-t-il. Son regard se tourne vers Choulex, avec la corolle du Mont-Blanc qui émerge d’un champ de colza. «J’étais pourtant réticent à l’idée de voir l’épreuve filer en campagne. Pour moi, une seule boucle doublait nos problèmes de logistique.»

Aujourd’hui, ambassadeur conquis et gardien du temple rassuré, il joint sa voix au concert de louanges. «Pour nous et le millier de bénévoles qui nous accompagne dans cette belle aventure, la satisfaction des concurrents est notre plus belle récompense. Grâce à nous, les visiteurs découvrent une autre facette de la ville. De toute manière, à Genève, les râleurs râleront toujours.»

(TDG)

Créé: 25.04.2018, 21h41

00:32 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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