07/04/2018

Les médecins victimes des fonds de tiroirs électoraux

M.Mauro Poggia a envoyé le 29 mars un courrier à l’Association des Médecins du canton de Genève (AMGe) sous forme d’un ultimatum menaçant, avertissant les médecins qu’il sévirait dès le 30 juin à l’encontre de ceux qui acceptent des rétrocessions de la part de laboratoires d’analyses.

 


Ce courrier recommandé est daté du 29 mars, donc de la veille du Vendredi Saint. Il est parvenu au secrétariat de l’AMGe le mardi de la rentrée, soit le 3 avril, date à laquelle il était déjà en possession du GHI.

 

Coincidence étonnante, il figure en page 5 de cet hedomadaire, quasiment en pleine page, avec en bas de la même page une belle annonce électorale du MCG. Sachant les difficultés que les annonceurs ont de pouvoir choisir librement l’emplacement d’annonces, on peut raisonnablement se poser deux questions : qui a transmis ce document à GHI et qui a demandé cet emplacement judicieux pour une annonce ?

 

Il est surprenant de surcroît que M. Poggia révèle cette affaire maintenant, juste avant les élections. Il est en effet informé de la problématique depuis longtemps, sans intervenir, et l’AMGe a publié une prise de position très claire à ce sujet dans La Lettre de l’AMGe en décembre 2015 déjà. Cette prise de position avait été approuvée par le Conseil de l’AMGe en sa séance du 7 décembre 2015. Les médecins y étaient clairement invités à ne pas accepter les rétrocessions illégales offertes par certains laboratoires, et on peine à comprendre l’acharnement de M. Poggia à attaquer l’AMGe et l’ensemble des médecins sur ce point, plus de deux ans après. En ce qui le concerne, M. Poggia a manifestement préféré garder précieusement cette affaire pour les élections compte tenu de son modeste bilan, pour ne pas dire moins. Il n’est pas difficile de constater que ses attaques relèvent exclusivement de la politique politicienne.

 

Que GHI publie ce « mini-scoop » en exclusivité est déjà en soi suspect compte tenu de l’affiliation politique actuelle de M. Poggia ; beaucoup plus dérangeant est le fait que ce journal ait été en possession des courriers recommandés de M. Poggia dès le matin du 29 mars 2018, soit le jour de leur envoi et avant même que leurs destinataires les aient reçus. L’AMGe examine attentivement l’opportunité de déposer une plainte pénale pour violation du secret de fonction dans cette affaire, car elle goûte peu que des journalistes la sollicitent à propos de courriers qu’elle n’a pas encore reçu, et qui n’ont probablement pas encore été expédiés.

 

Toute mesure visant à des économies dans le domaine de la santé est bienvenue, si elle procède d’une démarche honnête et concertée. Ce n’est pas en provoquant des écrans de fumée et ce, en violation du secret de fonction, que l’on peut faire avancer les choses.

 

En politique, toute démarche doit faire appel à la concertation et au compromis. La bassesse et les manoeuvres devraient être bannies, mais en l’occurrence, la voie empruntée par le ministre de tutelle n’est pas acceptable. Après s’en être pris aux chirurgiens, M. Poggia s’attaque aux médecins de premier recours et aux cliniciens. Décidemment, le climat n’est pas à la sérénité.

 Communiqué de presse de l'AMGe du 6.4.2018

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