26/09/2014

Caisses maladie: où est la concurrence

C'est fait et annoncé, et de surcroît avalisé par l'OFSP: en 2015, nos primes maladie augmenteront en moyenne de 4%, alors que la moyenne d'augmentation des coûts de la santé ne dépasse guère les 3%...

Alors, anticipation des assureurs pour reconstituer des réserves dont le Parlement a enfin reconnu, après presque dix ans, qu'elles étaient injustifiées?

Indépendamment de ce fait, cette annonce de hausse est à nouveau l'occasion pour les conseillers d'Etat en charge de la santé, d'inciter les assurés à changer de caisse et à choisir la moins chère.

C'est un mauvais message. En effet, l'assuré qui quitte sa caisse y laisse les réserves que celle-ci a constituées sur sa tête, et la caisse qui l'accueille devra, année après année, reconstituer des réserves pour ce nouvel assuré, au risque de devoir, s'ils sont trop nombreux, augmenter à nouveau ses primes.

C'est là toute l'incongruité du système actuel dont la concurrence est tant vantée par les opposants à la caisse publique:

- d'une part, près d'un million d'assurés changent de caisse chaque année, engendrant peu ou prou des frais administratifs supplémentaires de 100 à 200 francs par personne, soit un coût inutile de 100 à 200 millions de francs par an,

- de l'autre, la captation des réserves ne sert que l'assureur qui les conserve, et qui n'a de surcroît obligation de les rembourser en cas de trop perçu, et ce malgré la nouvelle loi sur la surveillance des assureurs.

Seule la caisse publique peut remédier à ces deux aspects: une économie - parmi d'autres - de 200 millions par année, et la constitution d'un fond fédéral chargé de gérer ces réserves en toute transparence et au profit des assurés.

11:13 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Le Peuple suisse demande de bons soins et une prime minimale. Solidarité oblige, il nous faut une répartition correcte des coûts et que chacun se prenne en main, en pratiquant une bonne hygiène de vie, pour éviter
la surconsommation de pilules à effets secondaires, prescrites en trop grandes quantités. Aussi, notre Société de "Tasmaloù" ne devrait pas courir pour chaque bobo chez le médecin, mais avoir recours aux recettes de grands-mères ou aux soins alternatifs.
Il ne faut pas s'étonner des augmentations de primes avec la mentalité actuelle (trop d'assistés etc. à Genève). J'espère que les chiffres publiés ce matin soient faux : Genève dépensera l'année prochaine 278 millions pour venir en aide à 91'000 personnes à payer leurs primes ! Aussi, bien vieillir devient
un casse-tête et pas seulement pour les assureurs.
D'autres arguments pour avoir voté NON figure sur mon blog "etoiledeneige".
Bien à vous BM

Écrit par : Bruno Mathis | 26/09/2014

Je rebondis sur cette appellation de "solidarité". Dans la mesure où elle est imposée, il ne s'agit plus de solidarité mais de collectivisme. Alors autant avoir une caisse collective qui corresponde à cette imposition de la Lamal!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27/09/2014

et de fait, c'est votre titre mon argument pour décider d'une caisse unique

étant donné que la Lamal de base, c'est zéro concurrence sur le produit vendu!

donc les assurances de base ne devraient se faire aucune concurrence - ce qui seul justifie leurs opaques augmentations de primes.

Ce n'est que du bon sens cette nécessité d'une caisse unique de base gérée en caisses cantonales.

Quand verrons-nous le pragmatisme suisse gagner sur l'individualisme latino?

Écrit par : pierre à feu | 27/09/2014

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