10/07/2014

La caisse publique contre la pseudo-concurrence

Les caisses, leurs lobbies et les grands défenseurs du libéralisme à outrance arguent que la concurrence est saine et que la caisse publique n’est qu’une  intervention de plus de l’Etat. Les mêmes refrains défendant le libéralisme se répètent mais ne posent pas la vraie question.

Les caisses maladie privées, dont on en dénombre près de 60, se livrent-elles à une « saine » concurrence ? En réalité, c’est tout le contraire.  Le seul mécanisme de concurrence auquel se livrent les caisses, c’est celui de la « chasse aux bons risques ».

Voilà comment cela fonctionne : pour pouvoir proposer des primes plus basses et ainsi devenir plus intéressante sur le marché de la concurrence, une caisse-maladie va chercher les jeunes en bonne santé. Plus elle a de jeunes (les fameux « bons risques »), moins la caisse doit dépenser d’argent dans les traitements. Cela lui permet donc de baisser ses primes. Les caisses gérant beaucoup de « mauvais risques », les personnes âgées et les malades chroniques,  doivent, elles, augmenter leurs primes. 

De ce fait, personne ne veut de ces assurés-là qui, en coûtant cher, empêchent les caisses de baisser leurs primes et les rendent donc moins concurrentielles. S’il y a donc bien une certaine concurrence entre les caisses, celle-ci ne porte pas sur la qualité et le prix des traitements des patientes et des patients, mais seulement sur l’acquisition des assuré-e-s présentant des « bons risques ».

Cette pseudo-concurrence est malsaine puisque ceux qui ont besoin de traitements sont boycottés par les caisses privées. C’est pourquoi il faut impérativement arrêter cette aberration et opter pour seule caisse, pour véritablement se concentrer sur la qualité des soins.

 

18:18 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Est ce vrai que des directeurs de caisse maladie (privés) pouvaient toucher le double d un salaire d un conseiller d Etat?

Et pourquoi leurs comptes ne sont jamais vérifiés comme il se doit?

Écrit par : Natacha | 10/07/2014

@ Natacha: oui, c'est tout-à-fait exact (... même le double d'un Conseiller fédéral!)
Ceci dit, un autre effet pervers de la chasse aux bons risques est de rassembler une clientèle hyper-rentable pour les assurances complémentaires, et donc pour les assureurs privés qui se cachent derrière chaque caisse-maladie.

Écrit par : Jacques de HALLER | 10/07/2014

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