29/06/2014

La traversée de la rade: un naufrage

Durant la campagne électorale de l'été passé, l'UDC s'est réappropriée le projet de traversée de la rade (petite traversée parallèle au Pont du Mont Blanc et sous-lacustre), pour des raisons purement électoralistes et pour se rallier les voix des "tout à la bagnole".

Ce concept date du siècle passé et ne résoudra aucun problème de circulation à Genève. Mais au-delà de cet aspect passéiste et désormais inutile, ce projet devisé à 1 milliard 300 millions ( sans compter les dépassements et surcoûts habituels, donc au minimum 1 milliard 800 millions au total) aura pour seul effet de plomber les finances cantonales, déjà au plus mal.

En effet, l'initiative UDC exige la réalisation de cet ouvrage en six ans dès son acceptation par le peuple. Or, les investissements prévus par le Conseil d'Etat pour ces prochaines années se montent à environ 1 milliard 300 millions et certains ne peuvent plus attendre. Rénovations lourdes de cycles, de collèges, de l'Uni, route des Nations, extension du tram (en particulier vers Bernex), gare souterraine de Cornavin, et j'en passe...

L'effort financier demandé au canton pendant ces six années va reporter les investissements les plus urgents aux calendes grecques.

De surcroît, les projets d'investissement du Conseil d'Etat, pour la plupart, bénéficient d'ores et déjà de la manne fédérale qui, en cas de oui le 28 septembre, sera simplement supprimée et pas forcément reportée plus tard.

Cette initiative est un leurre, une tromperie, un mensonge. Elle est désuète, inadéquate et inutile. Plus grave, elle bloquerait pour plus de dix ans tout nouvel investissement de l'Etat dans des domaines prioritaires.

Lors d'un débat sur ce sujet devant l'assemblée des délégués du PDC, le député UDC Patrick Lussi, promoteur de cette initiative, à une question d'un délégué sur le financement, a répondu que les questions de financement n'étaient pas le problème de l'UDC, mais de l'Etat. ben voyons...

Pour un parti qui coupe systématiquement dans toutes les prestations - c'est son credo - la réponse est un peu courte...

15:43 Publié dans Votations cantonales | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

15/06/2014

"Traversons..."

Voici le slogan choisi par l'UDC pour son initiative sur la traversée de la rade - petite traversée, donc - sur laquelle nous voterons le 28 septembre.

Le ton est donné, puisque l'UDC a fait de cette traversée son slogan pour les dernières élections cantonales.

Le ton est donné, mais il date. Le choix d'un véhicule - vraisemblablement une coccinelle des années trente - montre bien et à l'envi que le choix d'une petite traversée aurait peut être  été une bonne idée dans les années trente à cinquante. Mais plus maintenant.

Son coût total, plus d'un milliard de francs, et son inutilité reconnue par de nombreux experts, font de ce projet un simple argument électoral et démagogique, juste bon à plomber le projet d'une vraie traversée, celle du lac.

La petite traversée de la rade ne résout en rien les problèmes de circulation et de transit en ville et ne constituerait qu'un aspirateur à voitures au centre, ce dont nous n'avons pas besoin.

De plus, ce projet va plomber nos finances cantonales, déjà bien mises à mal, et ne bénéficiera pas d'une aide fédérale.

Projet mal ficelé et coûteux, inutile, juste bon à flatter une base électorale bien affaiblie.

A refuser des deux mains, donc...!!

14:46 Publié dans Circulation et transport | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

01/06/2014

LAMal et caisse publique: le bonneteau des parlementaires

Le bonneteau est un jeu de dupes de l'ordre de l'escroquerie, proposé à à d'innocents badauds, en France depuis le XIV ème siècle, puis dans de nombreux pays.  Très répandu à Genève ces années passées, il a disparu grâce à l'action des forces de l'ordre et à la mobilisation de courageux citoyens.

Chacun a pu voir ce jeu dans lequel l'escroc déplace habilement et rapidement trois petites boîtes dont l'une cache une boule. Il s'agit pour l'innocent passant appâté de deviner quelle est la boîte qui cache la petite boule. Gagnant les première  ou duexième fois, le chaland se fait ensuite tordre et perd rapidement les mises qu'il a proposées.

C'est à ce même jeu que semblent s'adonner nos parlementaires fédéraux, membres de la commission de la santé du Conseil national, s'agissant de la loi sur la surveillance de l'assurance maladie (LSAMal). Ce texte, déjà adopté par par le Conseil des Etats, est coincé auprès de la Commission de la santé du Conseil national qui tarde à le boucler, grâce aux manoeuvres dilatoires du lobby des assureurs. Conséquence: le texte ne pourra pas être soumis au Conseil national réuni en plénière dès ce lundi 2 juin. Il sera donc reporté à la session de septembre et ce, vraisemblablement après la votation du 28 du même mois sur la caisse publique.

Or, un des arguments le plus souvent invoqué par les opposants à la caisse publique est justement le fait que l'application de cette loi sur la surveillance permettra à l'Office fédéral de la santé (OFSP) de mieux surveiller les caisses et d'éviter les dérapages du passé (primes trop élevées ou artificiellement baissées, réserves inadéquates et j'en passe...).

Si donc le texte n'est pas adopté avant le 28 septembre et si l'initiative pour une caisse publique est refusée par le peuple et les cantons, il y a fort à parier que le Parlement, mis sous pression par les assureurs, rejettera la LSAMal. On se retrouvera ainsi dans la situation actuelle, sans surveillance accrue et nécessaire des assureurs maladie, et le peuple, qui pensait miser sur la bonne boîte de bonneteau, aura perdu toute sa mise.

10:38 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook