01/06/2014

LAMal et caisse publique: le bonneteau des parlementaires

Le bonneteau est un jeu de dupes de l'ordre de l'escroquerie, proposé à à d'innocents badauds, en France depuis le XIV ème siècle, puis dans de nombreux pays.  Très répandu à Genève ces années passées, il a disparu grâce à l'action des forces de l'ordre et à la mobilisation de courageux citoyens.

Chacun a pu voir ce jeu dans lequel l'escroc déplace habilement et rapidement trois petites boîtes dont l'une cache une boule. Il s'agit pour l'innocent passant appâté de deviner quelle est la boîte qui cache la petite boule. Gagnant les première  ou duexième fois, le chaland se fait ensuite tordre et perd rapidement les mises qu'il a proposées.

C'est à ce même jeu que semblent s'adonner nos parlementaires fédéraux, membres de la commission de la santé du Conseil national, s'agissant de la loi sur la surveillance de l'assurance maladie (LSAMal). Ce texte, déjà adopté par par le Conseil des Etats, est coincé auprès de la Commission de la santé du Conseil national qui tarde à le boucler, grâce aux manoeuvres dilatoires du lobby des assureurs. Conséquence: le texte ne pourra pas être soumis au Conseil national réuni en plénière dès ce lundi 2 juin. Il sera donc reporté à la session de septembre et ce, vraisemblablement après la votation du 28 du même mois sur la caisse publique.

Or, un des arguments le plus souvent invoqué par les opposants à la caisse publique est justement le fait que l'application de cette loi sur la surveillance permettra à l'Office fédéral de la santé (OFSP) de mieux surveiller les caisses et d'éviter les dérapages du passé (primes trop élevées ou artificiellement baissées, réserves inadéquates et j'en passe...).

Si donc le texte n'est pas adopté avant le 28 septembre et si l'initiative pour une caisse publique est refusée par le peuple et les cantons, il y a fort à parier que le Parlement, mis sous pression par les assureurs, rejettera la LSAMal. On se retrouvera ainsi dans la situation actuelle, sans surveillance accrue et nécessaire des assureurs maladie, et le peuple, qui pensait miser sur la bonne boîte de bonneteau, aura perdu toute sa mise.

10:38 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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