11/05/2014

Quai 9: 10 ans d'un savant équilibre...

A l'occasion du 10ème anniversaire du local d'injection Quai 9, le CE Mauro Poggia, revenant sur une position qu'il avait soutenue avec son parti, est déterminé à maintenir ce lieu d'injection proche de la gare.

Cette position doit être saluée car elle reflète bien le rôle du département de la santé qui a osé, il y a dix ans, créer et soutenir ce projet capital dans le domaine du traitement et du suivi des toxicomanes.

Rappel: la politique de la drogue dans notre pays, et en particulier à Genève, se base sur quatre piliers: prévention, répression, soins et réduction des risques.

En permettant à des toxicomanes de s'injecter les substances dont ils sont dépendants dans un lieu propre, dans des conditions d'hygiène et de salubrité optimales, avec les conseils de personnel médical et du matériel propre, Quai 9 répond aux objectifs thérapeutiques, de prévention et de réduction des risques de cette politique globale.

En association avec les autres partenaires, dont le voisinage et les forces de police, ce lieu répond aussi, ou du moins en accepte les contingences, aux nécessités de la répression.Cette situation est loin d'être facile à gérer, et ce pour tous les acteurs: la police ne peut admettre que Quai 9 soit un lieu de non droit et un endroit de "deal", ce qui est normal vu son devoir. Les voisins ont droit au respect et à la tranquillité, et les usagers de Quai 9 doivent pouvoir être reçus dans des conditions leur permettant ensuite un retour à une vie normale.

Peut-être que certains, à l'instar du MCG,  préfèrent exiler ce lieu de soins et d'accueil dans une zone industrielle ou aux HUG, mais ils oublient que la gare, et ses environs, bien sécurisés depuis, est le lieu idéal puisque,elle le centre de rencontres des toxicomanes et des dealers. Chasser Quai 9 du centre laisserait à l'abandon des gens en souffrance, à la santé compromise, au risque de répéter à terme les situations effroyables et dramatiques en terme de santé publique du Letten à Zürich.

Les lausannois ont refusé il y a quelques années un tel lieu d'injection, sans proposer d'alternative à cette population de malades et à ceux qui les encadrent, ou du moins qui essaient de le faire. Dommage, Genève, Zürich et Bâle rencontrent de beaux succès en la matière.

La position du Conseil d'Etat et celle du patron de la santé en la matière doit donc être saluée.

14:01 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.