14/07/2013

Primes d'assurance-maladie 2014: pourquoi une hausse aussi "faible"...?

Fidèles à leur traditionnel râout d'avant les départs en vacances - peut-être pour éviter toute réaction négative et toute critique - les assureurs viennent d'annoncer la semaine dernière que la hausse des primes pour 2014 sera en moyenne de 2% seulement. "Seulement", car même ce 2% représentera toujours pour une famille modeste une taille conséquente dans son budget annuel, surtout que ledit ménage n'a toujours pas reçu, en l'état, le remboursement des primes exagérées qu'il a payées depuis  des années, en particulier dans les cantons de Genève et Vaud.

"Seulement", parce qu'aussi ce montant, supérieur à l'inflation, ne tient pas compte de la hausse des coûts de la santé de 9% durant le premier trimestre 2013.

Or, pour calculer ses primes 2014, l'assureur tient compte de ses résultats en 2012 et des résultats du premier trimestre 2013, ce qui lui permet de faire ses projections pour 2014.

Donc, si cette logique implacable était respectée, ce n'est pas 2% qui seraient nécessaires, mas au minimum 4 à 5 % en moyenne.

Ajoutons à cela que Comparis, le comparateur de primes réputé plutôt favorable aux assureurs qui font de la publicité sur son site, estime que les assureurs, pour cette hausse, ont dû puiser abondamment dans leurs réserves.

Comme ces réserves vont être tout prochainement sollicitées pour le remboursement des primes indûment perçues, il y a problème...

La solution est simple: une "modeste" augmentation pour 2014, puis ensuite un rattrapage massif dès 2015.

Ces dates ont-elles de l'importance?

Oui, car c'est en 2013 que nous voterons sur le principe de la caisse publique, laissant aux assureurs le soin de conclure uniquement des contrats privés en cette matière, mais donnant à une caisse unique le soin de gérer l'assurance de base, comme dans le système SUVA, qui a fait ses preuves...Système qui empêcherait donc l'assureur de base actuel de chercher les bons risques pour  s'assurer de juteux bénéfices.

J'ajoute à cela que les récente initiatives des assureurs de faire les yeux doux à certaines professions de la santé pour leur proposer des augmentations - du jamais vu depuis 1996 - procède de la même manoeuvre.

L'annonce des assueurs est donc une manoeuvre habile et bien dans leur logique. "Nous maîtrisons les coûts, donc restons dans le système actuel qui est bon..."

Mais généralement, le peuple suisse vote bien, alors, confiance...

 

 

13:21 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

Commentaires

Excellent texte: merci !

Mais puis-je attirer l'attention de son auteur sur le fait que le prétendu "*coût de la santé" est un non-sens. La santé ne coûte rien.

Il s'agit bien, quoi que puissent en penser les adversaires euphémiseurs, du coût de... la MEDECINE !!!

Merci de respecter la logique et de ne plus recourir à l'autre expression, fallacieuse.

Écrit par : jaw | 15/07/2013

Merci beaucoup pour vos explications fort élaborées.
Ce qui est tragique, c'est qu'un système de santé soit dirigé par des manoeuvres politiques au lieu de rester dans l'éthique qui, si elle était respectée, permettrait aussi une rigueur dans la gestion des fonds.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15/07/2013

@ jaw: merci de cette précision, dont la définition me paraît toutefois encore restrictive. Je préfèrerais ainsi la notion de coût des soins, voire de coût des systèmes de soins.

Écrit par : Jean-Marc Guinchard | 15/07/2013

Cette réflexion sur le jeu entre les coûts des systèmes de soins et les coûts de la santé me rappelle une commission de Santésuisse qui contrôlait l'économicité des soins que j'avais prodigués sur une année. La juriste présidente me déclara "vous vous occupez de la santé, nous nous occupons de la maladie". Or le nom même de son organisme s'appelle ...Santé suisse!!!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15/07/2013

Alors tombons tous d'accord pour parler du coût des SOINS MEDICAUX :-)

Écrit par : jaw | 16/07/2013

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