25/06/2013

Clause du besoin pour les médecins: rôle des cantons

Lors de la session d’été 2013, le Parlement a à nouveau discuté de la réintroduction du gel des admissions pour les spécialistes. Initialement, le Conseil national avait demandé d’exclure de la clause du besoin les médecins qui ont exercé pendant au moins cinq ans dans un établissement de formation postgraduée suisse reconnu. Le 21 juin 2013, les deux Chambres se sont finalement mises d’accord pour réduire cette période à trois ans. Par ailleurs, elles ont supprimé la différenciation entre spécialiste et médecin de premier recours.

La clause, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain, ne devrait pas excéder trois ans, temps nécessaire au Conseil fédéral pour fixer de nouvelles modalités de planification dès le 1er juillet 2016.

Les modalités d'application laissent une certaine appréciation aux cantons, comme c'était le cas sous l'empire de l'ancienne clause du besoin, de 2000 à 2012. Une occasion peut-être pour les cantons romands - et la partie francophone du canton de Berne - de coordonner leurs efforts.

Comment? En passant entre eux un concordat qui leur permettrait de couvrir les besoins selon les régions concernées. Si Genève connaît une pléthore de certaines spécialités, tel n'est pas le cas de cantons comme Fribourg, Neuchâtel, Jura, certaines régions du Valais ou du canton de Vaud qui, dépourvus de proximité universitaire, souffrent cruellement du manque de pédiatres, de gynécologues, de psychiatres voire de généralistes, sans parler de neurologues ou autres dermatologues et neurologues.

Un concordat intercantonal pourrait dès lors inciter des médecins sohaitant obtenir un droit de pratique à Genève ou dans la région lausannoise, de déposer plutôt leur demande dans un canton ou une région où leur spécialité correspondrait vraiment à un besoin et où ils seraient certainement reçus à bras ouverts.

Certes, la liberté du commerce et d'établissement s'en trouverait quelque peu écornée, mais le devoir de planification qui incombe aux cantons, dans les domaine hospitalier et ambulatoire, le justifie.

Dans un autre contexte, il faut bien avouer que les médecins européens qui se sont installés cers dernières années n'ont aucune connaissance de notre système de soins et des dédales - parfois bien complexes - de nos assurances sociales. Certes, la nouvelle réglementation impose aux médecins, dorénavant, de passer trois ans dans un établissement hospitalier reconnu. Cette période les confrontera à l'organisation de notre système de soins.

Ce que les médecins formés en Suisse acquièrent durant l'entier de leur cursus leur permet de mieux connaître l'ensemble de la législation applicable en matière de santé et de prise en charge. Ce qui pourrait être exigé des médecins européens - sans que cela ne constitue une inégalité de traitement ni une discrimination - c'est de s'engager à acquérir ces diverses connaissances, notamment dans les domaines de l'AI, de l'assurance-accidents, de la LAMal, des lois sanitaires cantonales, du code de déontologie de la FMH et j'en passe. Le champ est en effet bien vaste.

La LAMal, la loi sur les professions médicales comme la plupart des lois cantonales imposent aux médecins de connaître notre organisation sanitaire et exigent d'eux qu'ils soient capables de renseigner leurs patients aussi dans ce domaine. Or, cette exigence ne peut être satisfaite que par le suivi d'une formation ad hoc...

15:55 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

18/06/2013

Assurances sociales: un paquet bien ficelé

Alain Berset a donc présenté ses mesures et sa stratégie pour assuer, à terme, la prennité de nos assurances sociales, ces trois piliers que bon nombre de pays nous envient.

Certes, la situation n'est pas catastrophique et les comptes de l'AVS sont même bénéficiaires de deux milliards (dûs en partie, on le rappellera, à un fort taux d'immigration).

Cela dit, les mesures présentées la semaine passée mettent enfin un terme à la tactique qui a a prévalu si longtemps sous Pascal Couchepin.

De mini propositions de ci de là, saupoudrées de mesures propres à plaire à presque tout le monde, pour finalement arriver à ces constats cinglants: les diverses mesures proposées n’ont jamais convaincu. La 11e révision de l’AVS, tout comme un relèvement de la TVA, furent sèchement rejetés en votation populaire en 2004. Et en 2010, c’est l'échec de cette même 11ème révision à qui le Parlement n'a laissé aucune chance. Sans parler du refus massif du peuple de réduire le taux de conversion LPP.

Le projet proposé par le Conseil fédéral cette fois-ci a le mérite de l'ampleur et de la vision à long terme. 

Augmentation de l'âge de la retraite pour les femmes, baisse du taux de conversion, mais aussi flexibilisation de l'âge terme AVS, augmentations successives de la TVA.

Ce projet, équilibré, sensé, tient compte des projections faites pour ces trentes prochaines années, en particulier en matière de démographie et assure, à terme, le financement fiable de nos premier et deuxième piliers sans péjorer la situation matérielle des assurés.Tous éléments fort opportunément rappelés d'ailleurs par les divers intervenants de la 3ème journée de sécurité sociale organisée il y a peu par la FER Genève.

17:42 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

16/06/2013

Renaturation de l'Aire

 

Selon la TdG de ce samedi 15 juin, la renaturation de l'Aire - longtemps attendue et intelligemment réalisée - permet la création de méandres propices à l'habitat de la faune locale.

Contradiction bien genevoise: ce sont les méandres législatifs - et leur cortège de procédures et de recours -  qui empêchent le canton et les communes de créer des lieux propices à l'habitat des humains, simplement...

On se rappellera à ce sujet la position de l'UDC et du MCG qui contestent toute densification des zones urbaines et de villas, favorisant ainsi l'émigration physique et fiscale des contribuables genevois vers les canton et pays voisins.

De telles positions péjorent les finances cantonales, favorisent une mobilité aberrante et source de pollutions, et forcent nos enfants à l'exil en terres vaudoises et françaises.

Cherchez l'erreur, ou l'horreur...

15:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/06/2013

Grand Conseil: 25% d'augmentation pour les députés?

Le Matin Dimanche faisait état de cette curieuse proposition qui pourrait émaner du Bureau du Grand Conseil. 25 % d'augmentation des jetons de présence en plénière et en commission afin de tenir compte du renchérissement d'une part, et de l'augmentation du volume de travail de l'autre. Il est vrai que ces indemnités n'ont pas été revues depuis 2001. Mais...

...quelques chiffres: 

- de janvier 2001 à décembre 2012, l'indice suisse des prix à laconsommation a augmenté de 7.4 %,

- de janvier 2001 à mai 2013, on relève une augmentation de 7.8 %,

- durant cette dernière période, l'indice genevois des prix à la consommation a progressé de 9.8 %.

On est donc loin des 25 % proposés par le Bureau et plutôt proche des 10 % estimés comme plus justes par le chef de groupe PDC Bertrand Buchs.

Et l'augmentation du volume de travail?

Elle provient essentiellement de l'avalanche de projets de loi, d'amendements, de propositions de résolution et de questions écrites provoquée par les députés eux-mêmes. Genève est pratiquement le seul canton dans lequel les députés peuvent proposer des projets de loi. Ailleurs, les députés demandent au Conseil d'Etat, par voie de motion ou de postulat, de présenter de tels projets.

On rappellera aussi les interminables et inutiles débats - comme celui sur le déménagement d'un service de l'Etat - au cours duquel certains députés ont poussé le détail jusqu'à parler des m2 disponibles, des placards de rangement et de l'archivage des dossiers...

Enfin, Genève est aussi le canton dans lequel les commissions parlementaires sont les plus nombreuses, ce qui augmente les temps de présence et de travail.

Certes, tout travail mérite salaire ou, à tout le moins, une compensation correcte. Mais s'octroyer ainsi une augmentation de 25 % alors que l'on demande à tout un chacun de se serrer la ceinture, ça ne peut pas se concevoir.

16:00 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

07/06/2013

SPMI

Je suis ce soir le débat du Grand Conseil consacré à la situation du service de la protection des mineurs.

Certes, la situation des collaborateurs de ce service est parfois difficile et tendue.

Cela étant, j'ai élu des députés au Grand Conseil pour présider "aux destinées de la République", comme le dit l'exhortation rappelée à l'ouverture de chaque session.

Et je fais le constat qu'en fait, une partie d'entre eux font un travail de conciergie, s'occupent de locaux, de surfaces, d'ergonomie, de dossiers et d'armoires de classement.

Et pendant ce temps, qui définit la stratégie de notre République...?

22:18 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Flânerie

Le beau temps et la chaleur - de saison et enfin revenus - incitent à la flânerie dans notre belle ville...Belle? Voire...

Du Rond Point de Rive - cette verrue moche - à la Gare, suivons les Rues Basses, dont Jacqueline Burnand avait dit à l'époque que ce serait la plus belle rue piétonne d'Europe... Pas réellement piétonne, d'abord pavée et recouverte de beau granit, décorée de poutres de bois et de garnitures  de cuivre, elle a perdu la majorité de ses pavés, remplacés par des "pansements" de goudron, ensuite,les poutres et le cuivre ont disparu.

Nous laissons à notre droite la Place Longemalle, inaugurée à la gloire de notre ancien Maire M. Pagani, sur laquelle les bancs circulaires mettent les jambes de ceux qui les utilisent à nouveau à portée des pare-chocs des voitures qui y viennent chercher Dieu sait quoi.

Arrivée à la Place Bel Air, moche et peu conviviale, encombrée de piétons paumés, de bus et de trams qui s'encombrent les uns les autres, de cyclistes désécurisés...

Passons à la Place St Gervais, dont le socle noir et stalinien doit plaire à l'ancien maire, mais dont l'esthétique massive et rugueuse n'inspire rien.

Poussons jusqu'à la gare, dont la place est désolante de tristesse et de mauvais goût...

Mais qui sont donc les architectes, les urbanistes et les ingénieurs qui, à prix d'or, peuvent concevoir de telles horreurs?

Qui sont ces gens qui ont donné au nouveau bâtiment du Collège Calvin la même architecture que l'ancien Palais du peuple de Berlin Est, heureusement détruit depuis. Qui sont-ils , ceux qui ont conçu cette laideur du batiment des APM au Boulevard du Pont d'Arve?

Cette ville, notre ville, ne peut elle donner à ses habitants le vrai goût d'y flâner et de s'y sentir bien?

00:58 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

01/06/2013

Constitution 2012

La nouvelle Constitution est entrée en vigueur il y a une heure. Célébrée par les constituants qui ont dit oui, cette nuit, elle devra déployer ses effets ces 5 prochaines années en modifiant les textes législatifs pertinents.

Nombre de constituants se présentent au Grand Conseil cet automne. Leur but est de srvir la République, mais aussi et surtout d'apporter leur expertise et leur expérience afin d'éclairer leurs futurs collègues députés lorsque des questions d'interprétation se poseront, inévitablement.

J'encourage les lecteurs des blogs d'apporter leur soutien à ces candidats, dont je publierai prochainement la liste, tous partis confondus, sur ce blog.

Leur expérience, et le sens du compromis et de la négociation qu'ils ont démontrés ont permis le succès de ce beau projet novatuer et moderne. Ces qualités insuffleront, à n'en pas douter, une nouvelle forme de débats au futur Grand Conseil.

01:08 Publié dans Constitution 2012 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook