24/03/2013

Chambres fédérales: des élus déconnectés...

A trois reprises durant cette session de printemps des Chambres fédérales, nos élus ont pris des décisions peu compréhensibles, voire sévèrement condamnables à l'aune de la tâche qui leur est confiée: la défense des intérêts du peuple, des assurés et des familles.

En refusant en commission de la santé et des affaires sociales, d'accepter le moratoire sur l'installation de nouveaux médecins, nos sénateurs affichent un mépris certain vis à vis des assurés et des cantons, dont ils sont censés représenter les intérêts. Chaque nouveau cabinet génère, au bas mot, 300'000 francs de coûts supplémentaires. Multipliés par les 1'500 demandes nouvelles d'installation en 2012, ces montants donnent une idée assez effrayante des augmentations des coûts globaux de la santé pour 2013, et de leurs conséquences sur nos primes en 2014. C'est indécent. Comment ces autorités peuvent-elles fustiger les dépenses des cantons en matière de santé et, parallèlement, ne pas leur donner les moyens de les contrôler?

En refusant d'opposer un contre-projet bien construit et logique à l'initiative pour une caisse publique et unique, les élus du Conseil national jettent aux orties les préoccupations de la majorité de la population: plus de transparence dans la gestion des caisses, solidarité renforcée entre malades chroniques et personnes en meilleure santé, séparation des assurances de base et des complémentaires. En votant ainsi, nos élus - docilement soumis au lobby des assureurs - n'ont qu'un objectif en vue: le refus de l'initiative par le peuple (comme les deux fois précédentes) et l'obtention de la liberté de contracter pour les assureurs, c'est à dire la possibilité pour ces derniers de choisir les médecins qu'ils souhaitent rembourser, donc les moins coûteux, soit ceux qui accepteront, sous de telles pressions, de limiter leurs soins au plus bas et au meilleur marché. Donc, l'issue certaine d'une médecine au rabais alors que notre système de santé, certes coûteux, est l'un des meilleurs au monde quant à son accessibilité et son efficacité. Et le risque - ou la chance - que l'initiative pour la caisse unique passe, tant l'exaspération des assurés est grande. En effet, la troisième fois sera peut être la bonne.

Enfin, détail anecdotique mais significatif: le refus du National de soutenir le calculateur neutre de la Confédération, priminfo.ch, sous le futile prétexte de la concurrence. Les calculateurs actuels, les comparis et autres, sont subventionnés par des assureurs. Priminfo avait au moins le label rassurant de la neutralité étatique et du rôle nécessaire de la Confédération de renseigner la population de façon objective.

En agissant ainsi, nos élus montrent que leur seul souci est de saborder les projets du ministre Alain Berset, dès lors qu'ils se rendent compte que le candidat consensuel et doux qu'ils avaient élu n'a pas perdu ses convictions de gauche. Et surtout, ils découvrent qu'après l'immobilisme de Couchepin et de Burkhalter au DFI, le socialiste met le doigt sur ce qui ne va pas et là où ça fait mal.

Ces élus ne sont plus à l'écoute de leurs électeurs et de leurs soucis. Malheureusement, aux prochaines élections fédérales, tout le monde aura oublié...

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15/03/2013

Du rôle du Conseil des Etats

Mercredi 13 mars, la commission santé social du Conseil des Etats a, par 7 voix contre six, décidé de ne pas accorder le caractère urgent au projet du Conseil fédéral concernant la prolongation pour 3 ans- à nouveau - du moratoire sur l'ouverture de nouveaux cabinets médicaux.

Conséquence: cette mesure, adoptée de justesse par le Conseil National, est repoussée au mieux en juin, alors qu'il était prévu de la faire entrer en vigueur en avril. Avec pour effet de vider les hôpitaux de médecins qualifiés qui se précipitent pour reprendre  ou ouvrir un cabinet

La question de fond a déjà été traitée ici. Mais se pose la question du rôle des élus du Conseil des Etats. Il y a fort longtemps, les membres du Conseil des Etats étaient nommés par le Conseil d'Etat de chaque canton, voire élus par les différents Grands Conseils. Ils représentaient dès lors clairement la position des cantons.

La gauche, dans pratiquement tous les cantons, a exigé au fil des ans, par souci de démocratie, que ces élections au Conseil des Etats soient aussi faites par le peuple.

Dès lors, ces élus ne relaient plus les préoccupations des cantons, mais celles des partis ou des lobbyes.

Dans le contexte du moratoire, ou de la "clause du besoin", l'intérêt de tous les cantons est d'avoir une régulation de l'offre et de la demande en matière de soins. Las, la majorité des membres de la commission santé social du Conseil des Etats étant inféodée à des assureurs, la décision prise ne répond plus aux soucis de cantons, mais à ceux des assureurs.

Trop de démocratie tue la démocratie, dit on...En l'occurrence, elle tue les intérêts légitimes des cantons, qui devront assumer des coûts supplémentaires en matière de soins...

14:00 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/03/2013

Naturalisation des étrangers: tour de vis...

Le Conseil national a pris sa décision: PLR, PDC et UDC ont imposé leur loi: durcir les conditions d'octroi de la nationalité aux étarngers, et en particulier aux jeunes dont le comptage à double des années passées en Suisse est simplement supprimé. Une honte pour tous ces jeunes bien intégrés qui représentent notre avenir. Une honte pour un pays qui doit sa richesse à l'immigration. Une honte, à Genève, pour les promesses faites en Assemblée Constituante.

Je regarde ce soir, comme chaque mois, les débats du Grand Conseil. Je souris - une fois n'est pas coutume, rassurez-vous. En effet, au Conseil National, UDC et MCG ont réussi à imposer, avec cette alliance improbable avec le PDC, l'exigence de la langue: "bien communiquer au quotidien dans une langue nationale, à l'oral et à l'écrit."

Les interventions des députés UDC et MCG au Grand Conseil montrent à l'évidence que ce "bien communiquer" n'est guère de mise, à une exception près, que nous ne citerons pas. Pas une phrase cohérente, fautes de français et de syntaxe à chaque phrase, élocution difficile, sans parler de la grossièreté de certains propos. Et, par charité, je ne vous parlerai pas des débats du Conseil Municipal...

L'élu se doit d'être un exemple...Qui avait dit ça...?

20:43 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/03/2013

Primaires: le PS se dégonfle

Les socialistes, lors de leur Congrès de samedi, ont donc désigné leurs quatre candidats pour la course au Conseil d'Etat. Quatre, et non deux. Quatre, soit tous les candidats à l'interne. Les militants du PS n'ont donc pas eu le courage de faire de réelles primaires à l'interne, préférant laisser le peuple choisir lors du premier tour de cet automne.

En effet, selon la nouvelle constitution, seuls les candidats qui réaliseront plus de 50% des voix - soit une majorité absolue - seront élus. Tous les autres devront se présenter au deuxième tour.

Durant ces trente dernières années, aucun candidat au CE n'aurait pu être élu au premier tour.

Dans l'esprit de l'Assemblée constituante, le choix du scrutin majoritaire à deux tours avait pour objectif de laisser le peuple, au deuxième tour, affiner son choix, voire le corriger. Ce système aurait par exemple permis, à n'en pas douter, d'éviter l'éjection des socialistes et l'instauration d'un gouvernement dit "monocolore" tel que nous l'avons connu au début des années nonante.

Mais l'objectif des constituants n'était en tout cas pas de laisser le peuple organiser des primaires. Celles-ci sont de la responsabilité des partis, qui doivent proposer et assumer un choix décidé à l'interne.

C'est une mauvais interprétation de la Constitution que fait le PS, en évitant lâchement de faire un choix clair. Dommage....

14:11 Publié dans Constituante | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

05/03/2013

Clause du besoin: un mois de mars agité...

Le Conseil fédéral souhaite présenter dès l’an prochain un projet visant à piloter sur le long terme l'admission des médecins spécialistes. En vue de répondre immédiatement à la hausse actuelle du nombre de spécialistes, le Conseil fédéral entend, dans un premier temps, soumettre aux Chambres un projet de loi urgent instituant une clause du besoin limitée à trois ans. Grâce à ce projet, les cantons pourraient, dès le 1er avril 2013, réagir rapidement en cas d'offre excessive de soins.

 

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13:55 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook