28/02/2013

Initiative « Pour une caisse publique d'assurance-maladie »: Rejet du CF

Le Conseil fédéral rejette l'initiative populaire « Pour une caisse publique d'assurance-maladie » tout en lui opposant un contre-projet indirect. Ce contre-projet doit avant tout permettre de limiter l'incitation pour les assureurs à pratiquer la sélection des risques, et ce, en mettant en place une réassurance pour les très hauts coûts et en améliorant la compensation des risques. En outre, il est prévu de séparer strictement l'assurance obligatoire des assurances complémentaires, ce qui augmentera la transparence. Le contre-projet est désormais mis en consultation.

Les initiants estiment que ce contre projet n'est que du "second choix" et ne satisfait absolument pas les objectifs de l'initiative. Quant aux opposants, on les trouve pratiquement dans tous les partis. Pour eux, ce contre projet est le commencement de la mise en application de l'initiative, avec comme objectif à terme que le domaine de l'assurance maladie soit complètement étatisé.

Dès lors, devant une telle fronde, le contre projet mitonné par Alain Berset a-t-il encore une chance?

En fait oui, et ce pour deux raisons principales: d'uen part, il est vrai que chaque volonté de changement dans le domaine de la santé suscite moultes oppositions; ensuite, reconnaissons que c'est la première fois depuis longtemps qu'un ministre de la santé pose clairement un choix sur la table, sans fard ni mensonge.

Certes, le contre projet fait encore la part belle aux assureurs et leur laisse un pouvoir énorme, mais la séparation stricte entre assurance de base et assurance privée est un grand pas vers la transparence et la protection des données des patients.

Il en va de même pour la possibilité de réassurance, qui évitera à l'ensemble des assurés de devoir asumer des coûts extrêmement élevés, qui ne sont générés d'ailleurs que par 1 % des assurés.

Le Parlement y semble majoritairement opposé? La belle affaire...Il était aussi majoritairement opposé à l'initiative Minder et très favorable au contre projet. Et le succès attendu de M. Minder le 3 mars montrera bien que nos élus peuvent massivement être désavoués..

A moins... A moins que peut-être, par l'accumulation de maladresses et de mépris des assureurs - comme le refus de rembourser les primes trop perçues dans certains cantons ou celui de valoriser des professions de la santé qui ne l'ont pas été depuis 15 ans - l'on aboutisse à une "minderisation" du débat qui pourrait faire pencher la balance en faveur de l'initiative...

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19/02/2013

Daniel Vasella: manque de courage et mépris

Novartis l'a annoncé ce jour: son Président du conseil d'administration, Daniel Vasella, renonce à son indemnité de départ de 72 millions.

Une maladresse de plus. Soit cela signifie qu'elle était vraiment injustifiée, ce qui est grave et scandaleux vu le montant en jeu, soit c'est une forme de mépris supplémentaire, du genre "de toutes façons, je n'en ai pas besoin...". J'ai connu un Daniel Vasella plus combatif et pugnace dans les années soixante, alors qu'il était membre de la LMR. Pourquoi n'a-t-il pas accepté de défendre son parachute platiné devant les actionnaires de Novarits vendredi prochain? Pressions des opposants à l'initiative Minder, lassitude, mépris ou lâcheté?

Un peu de tout, vraisemblablement. En doit du travail, l'employeur impose en général une claude de non concurrence à un collaborateur précieux, lui interdisant, pendant une période donnée après sa démission, d'exercer la même activité dans un certain rayon géographique. Cette clause est assortie d'une pénalité en cas de non respect. En l'occurrence, on est dans la situation inverse. C'est le collaborateur, M. Vasella, qui fixe le prix de sa non activité pendant 6 ans au service d'une entreprise concurrente.

Ce prix a été fixé d'entente avec le membre du CA de Novartis responsable des rémunérations, le boss de Mc Kinsey. Et dès après son départ de Novartis, Daniel Vasella sera consultant auprès de Mc Kinsey...Ben voyons!

Le pire, c'est le mépris...Après avoir annoncé qu'il ferait don d'une partie de ses 72 millions à des oeuvres caritatives, Daniel Vasella y renonce tout simplement. Il n'en pas besoin, certes, et il le fait savoir. Cette somme, injustifiée à tous les niveaux, n'avait donc donc pas lieu d'être, sachant qu'en tout, au service de Novartis, Daniel Vasella s'est constitué au minimum un pactole d'au moins 400 millions. De quoi vivre une retraite assez acceptable, somme toute.

Et ce n'est pas ce geste qui va inverser la tendance des sondages de l'initiative Minder. Au contraire. Et ses opposants, aux arguments de plus en plus faibles, n'auront plus qu'à se mordre les doigts de ne pas avoir senti le vent venir.

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10/02/2013

Le mépris des assureurs maladie

Dans le contexte du scandale des primes trop perçues par les assureurs maladie, notamment dans les cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Zuerich et Neuchâtel, Helsana et le Groupe Mutuel ont enfin pris position. Ce dernier estime que rendre cet argent ne serait pas une bonne idée et que cette situation n'est pas imputable aux assureurs, mais à l'autorité de surveillance. Ben voyons...Sachant que les assureurs ont systèmatiquement surévalué les risques dans ces cantons, et ce sous la bienveillante surveillance de l'OFAS, on tombe des nues devant une telle candeur...

Mais le plus scandaleux reste l'attitude de Helsana. Par la bouche de son président, Daniel Schmutz, il écarte tout simplement la moindre idée de remboursement des primes et, pire, menace d'augmenter les primes en raison des dommages potentiels causés par "les politiciens et l'administration".

Il sied de rappeler ici que les assureurs maladie, tout en restant des entités privées, n'agissent et n'encaissent des primes que par délégation de la loi et de l'autorité fédérale. L'argent qu'ils prélèvent ne leur appartient pas. Certes, la LAMal leur a donné tellement de pouvoirs qu'aujourd'hui ils se croient propriétaires de notre système de santé. D'où le mépris constant qu'ils affichent envers les soucis de santé des assurés, les coûts trop élevés des hôpitaux, et les professionnels de santé qu'ils ne considèrent que comme "fauteurs de coûts".

Il faudra très rapidement cadrer des gens comme le président d'Helsana, dont la traduction du nom de famille en français donne une image assez juste du personnage...

15:12 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook