10/02/2013

Le mépris des assureurs maladie

Dans le contexte du scandale des primes trop perçues par les assureurs maladie, notamment dans les cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Zuerich et Neuchâtel, Helsana et le Groupe Mutuel ont enfin pris position. Ce dernier estime que rendre cet argent ne serait pas une bonne idée et que cette situation n'est pas imputable aux assureurs, mais à l'autorité de surveillance. Ben voyons...Sachant que les assureurs ont systèmatiquement surévalué les risques dans ces cantons, et ce sous la bienveillante surveillance de l'OFAS, on tombe des nues devant une telle candeur...

Mais le plus scandaleux reste l'attitude de Helsana. Par la bouche de son président, Daniel Schmutz, il écarte tout simplement la moindre idée de remboursement des primes et, pire, menace d'augmenter les primes en raison des dommages potentiels causés par "les politiciens et l'administration".

Il sied de rappeler ici que les assureurs maladie, tout en restant des entités privées, n'agissent et n'encaissent des primes que par délégation de la loi et de l'autorité fédérale. L'argent qu'ils prélèvent ne leur appartient pas. Certes, la LAMal leur a donné tellement de pouvoirs qu'aujourd'hui ils se croient propriétaires de notre système de santé. D'où le mépris constant qu'ils affichent envers les soucis de santé des assurés, les coûts trop élevés des hôpitaux, et les professionnels de santé qu'ils ne considèrent que comme "fauteurs de coûts".

Il faudra très rapidement cadrer des gens comme le président d'Helsana, dont la traduction du nom de famille en français donne une image assez juste du personnage...

15:12 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Dès le moment que la loi autorise un certain nombre de choses, il n'y a vraiment aucune raison de ne pas en profiter ! On reste dans la légalité.

Daniel Schmutz est pratiquement du sérail ! Après avoir été secrétaire de la Fédération des caisses-maladie du canton de Vaud sous la présidence d'Adalbert Jaques, il a été élu Conseiller d'Etat vaudois. Il réapparaît en quelque sorte comme président d'Helsana. N'attendez donc pas que sa position soit la vôtre.

Cela dit, tout en partageant parfaitement votre énervement - c'est un euphémisme - quant au non-remboursement des primes surévaluées, je pense qu'il faudra avoir une fois le courage de voir et de dire que c'est tout le système qui est malade. Il ne suffit pas d'accuser les caisses-maladie et de demander plus de transparence pour croire béatement que tout va rentrer dans l'ordre.

Comme médecin, vous êtes bien placé pour savoir que la santé coûte horriblement cher, avec ou sans caisses-maladie. Tout le monde a sa part de responsabilité. C'est d'ailleurs bien ce qui pose problème, car en diluant les responsabilités, il est aisé de dire que ce sont les autres qui sont responsables !

La santé n'a pas de prix dit-on communément. Certes, mais elle a un budget.
Ce n'est pas avec des accusations que l'on va régler la question de la santé, mais avec des propositions. Il n'est pas certain, tant s'en faut, que les réponses que l'on apportera iront vraiment dans le sens du poil des assurés. Au train où vont les choses, il est parfaitement illusoire d'imaginer une seconde que les coûts vont baisser ! Arriver déjà à les stabiliser tiendra de la performance.

La proposition de Me Poggia de créer une prime unique a le mérite de servir de point de départ à une discussion qui devra avoir lieu tôt ou tard.

En fin de compte, ce qui me paraît le plus important, et quel que soit le coût de la santé et les solutions choisies, sera d'éviter absolument une médecine à deux vitesses ou seuls les nantis pourront se soigner "comme il faut".

La Suisse, comme tous les pays qui nous entourent, connaît une explosion des coûts de la santé. Chacun a sa manière d'essayer de les endiguer. A ma connaissance aucun n'y parvient vraiment. A moins que ce ne soit au détriment des soins. Est-ce vraiment la direction que nous voulons prendre ?

Bien cordialement

Écrit par : Michel Sommer | 10/02/2013

Vous êtes certain de l'orthographe de "des assuteurs"?

En tout cas, personellement, je ne l'aurais pas écrit de cette manière. Que diriez-vous de "A-suceurs" (le "A" pour "Argent", bien entendu!)

Écrit par : Baptiste Kapp | 11/02/2013

J'approuve entièrement votre propos sur le mépris des assureurs maladie. Je l'ai également évoqué sur mon blog samedi dernier. Une réaction vive des assurés doit avoir lieu, en parallèle avec les prises de position des légillatifs cantonaux.

Écrit par : Sermet Gérard | 11/02/2013

M. Sommer, êtes- vous certain que M. Schmutz fut conseiller d'Etat ? N'y a- t-il pas confusion avec un homonyme ?

Écrit par : Galileo | 11/02/2013

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