27/01/2013

Initiative Minder

Débat intéressant vendredi soir, comme d'habitude, sur Forum. En particulier le volet consacré à l'initiative Minder contre les rémunérations abusives des grands patrons, suite au sondage réalisé durant la semaine du 13 janvier et qui donne le texte de M. Minder gagnant à 58%.

Certes, l'on sait que durant ces 5 prochaines semaines, jusqu'au jour de la votation du 3 mars, le score peut s'effriter, voire s'inverser, comme cela arrive souvent s'agissant d'un initiative populaire.

je reste surpris du message martelé par Economie suisse qui investit dans la campagne pour le non près de 6 à 7 millions de francs, avec des méthodes et des arguments plutôt spécieux.

Jugeons plutôt: Economie suisse en appelle à la raison de la population, en lui demandant de ne pas voter de façon émotionnelle.

Deux remarques:

Comment d'abord parler de raison, quand tout un chacun peut constater que la conduite de nos dirigeants bancaires, de cacades en fraudes, n'a rien eu de raisonnable ces dernières années et leur a permis, en plus de salaires indécents, de récolter bonus et parachutes dorés, sans sanction eût égard à leur conduite et leur responsabilité...?

Comment ensuite demander au citoyen de ne pas céder à l'émotion alors que face à ces évènements il passe de la rage au sentiment d'injustice, de l'incompréhension à la colère?

Certes, l'initiative Minder est certainement, par certains aspects, un peu excessive, mais ces aspects ne justifient pas la vision d'avenir apocalyptique que donnent ses opposants quant à l'emploi et à la difficulté de trouver de bons patrons pour assurer l'avenir pour nos industries...

M. Minder le prouve: pour réussir, il n'a pas eu besoin de salaire exorbitant et, de surcroît,  il investit dans cette campagne ses énergies physiques, mentales et financières, et quasiment seul. Et cela, cela plaît aux Suisses, qui découvre un modèle de patron dont le salaire mensuel ne correspond pas à 5 ans du salaire moyen de l'un de ses employés.

Précision non négligeable: le sondage mentionné par Forum a été réalisé avant les révélations du départ de Daniel Vasella de Novartis, et surtout avant l'annonce de ses indemnités pour les 5 prochaines années, juste pour ne rien faire...

Un autre argument avancé par Economie suisse est la solidité du contre projet. Mais bon, ce n'est pas un contre projet direct, et rien n'assure qu'il sera mis en oeuvre ou qu'il ne sera pas l'objet d'un referendum. Certes, Economie suisse a garanti qu'elle ne lancerait pas un tel referendum. Mais quid des autres organisations économiques et patronales...?

En l'état, Economie suisse a tout intérêt à changer son message, et surtout son chargé de com...

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15/01/2013

Santé: DRG et secret médical, patients, dégagez....!

Les DRG (Diagnosis Related Groups) sont la nouvelle façon de rémunérer les prestations des hôpitaux dès le 1er janvier 2012. En pratique, cela signifie qu'on ne rémunère plus en fonction des prestations fournies, mais d'un forfait par cas. Donc, par exemple, une prothèse de hanche "vaut"...disons 10 jours d'hospitalisation. Au delà de ce délai, l'hôpital perd de l'argent si le délai est dépassé, d'où tentation assez forte de "virer" le patient le plus tôt possible.

Deux exemples récents qui ont touché deux de mes proches:

- un ami victime d'une dissection aortique, et qui passe une semaine dans un hôpital universitaire. A la fin de la semaine, on lui propose non pas de passer en institution de réhabilitation, mais de se retrouver en famille pour les fêtes.Ssans lui préciser bien sûr que s'il passe plus de 48 heures chez lui, en ambulatoire, son traitement de réhabilitation ne pourra se faire qu'en ambulatoire, et non plus dans un établissement spécialisé.

- une proche, victime d'une fracture du bassin. Hospitalisation de 7 jours, puis pression pour l'envoyer en réhabilitation . Problème, les places manquent. Donc proposition d'un traiteent ambulatoire à domicile, avec aide familiale, déplacement tous les jours dans un établissement spécialisé.

Dans les deux cas, les assureurs exercent donc une pression inadmissible, par le système des DRG, en imposant aux hôpitaux d'éjecter leurs patients le plus tôt possible, reportant ainsi les coûts - car ceux-ci subsistent - sur d'autres structures. Où donc est l'économie....? Et que penser du patient, pris en otage entre les hôpitaux, soucieux de leurs finances, et les assureurs, soucieux de leurs profits?

Qui plus est, cerise sur le gâteau, tous les renseignements médicaux, même les plus intimes, sont transmis à l'assureur. L'introduction de ces DRG, malgré les promesses faites, met à mort les principes de base du secret médical. 

Voir à ce sujet le Temps Présent de ce prochain temps Présent....Edifiant, mais surtout inquiétant.

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06/01/2013

La vie est belle...

...certes, surtout en ces périodes de fêtes, du moinspour les plus favorisés d'entre nous.

Et la mort est toujours aussi moche, surtout brutale, violente, inattendue et en particulier en ces périodes de fêtes...

La tragédie de Daillon, au centre d el'actualité depuis quelques jours, nous rappelle quelques souvenirs assez récents:

"Tout est sous contrôle, l'Armée sait exactement qui est en possession d'une arme de service..."

"Un registre centralisé de recensement des armes, tel que demandé par l'initiative contre l'arme à la maison, serait trop lourd à gérer. C'est le problème des cantons, et nous promettons de faciliter rapidement les échanges de renseignements entre ces derniers..."

"L'arme est à la maison, mais les soldats n'ont plus leurs cartouches à la maison...."

"Les contrôles effectués à la sortie des stands de tir et à la fin des exercices de tir permettent d'exclure que des cartouches ne soient subtilisées..."

"Les échanges entre la police et l'Armée concernant des individus dangereux sont réguliers et satisfaisants..."

Quelques deux ans après le rejet de la dite initiative - rejet massif en particulier en Valais - et quelques morts supplémentaires plus tard, les Voruz et Perrin, comme d'autres ténors de l'UDC ou de la droite, reconnaissent aujourd'hui - et avec quelle quelle clairvoyance - qu'il y a un problème et qu'il faut le gérer sur le plan fédéral.

En effet, au lendemain de la votation, on apprenait:

- que plusieurs milliers d'armes de sevice se promenaient dans la nature sans contrôle

- que les échanges d'informations entre la police et l'Armée étaient pour le moins lacunaires

- que des individus considérés comme psychologiquement faibles étaient toujours en possession de leur arme de service

- que les cantons n'ont toujours rien fait en matière de coordination de renseignements.

On se souviendra aussi de l'affiche représentant le président des jeunes UDC genevois, nu, avec comme cache sexe - ou substitut - son seul fusil d'assaut... Belle preuve de puissance et de mâle virilité, dont le retour sur image est particulièrement sordide après Daillon.

Ces défenseurs de l'arme à la maison ne sont rien moins que des complices de meurtre, par dol éventuel. Ils savent que la situation actuelle peut favoriser, voire provoquer des meurtres et des suicides, mais ils en prennent leur parti et - considérant que ce n'est pas monnaie courante - admettent que ce soit possible et qu'il faut bien faire avec.

Messieurs, combien vous faut il de morts de plus pour changer d'avis?

15:15 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook