18/12/2012

"Rester coi"

C'est sous ce titre que Fathi Derder, conseiller national PLR, signe la rubrique "Les petits secrets du palais" dans Le Matin de ce lundi 17 décembre.

Bonne plume, celui qui a ravi longtemps les auditeurs de l'ex RSR La Première, raille une de ses collègues du Conseil national qui, à son goût, prend trop souvent et trop longtemps la parole pour s'exprimer en plénière.

Il déplore également les débats libres, sans limite, au cours desquels de multiples orateurs se succèdent sans rien apporter, selon lui, de concret ni de constructif, les opinions étant déjà largements forgées.

Coincidence: ce même journal publiait la semaine passée le classement des parlementaires les plus assidus, au moins au moment des votes. Et parmi les Romands, c'est le même Fathi Derder qui était classé parmi les moins présents. Il est vrai que les votes comptent si peu, et qu'il vaut mieux être présent dans la presse de boulevard afin d'être réélu.

"Rester coi": il aurait dû faire de ce titre sa devise et en rester là...

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16/12/2012

Non à une armée différente

C'est fait! Cette semaine, le Conseil national a rejeté l'initiative du Groupe pour une suisse  sans armée en refusant également de lui opposer un contre projet.

Près de 50 orateurs se sont succédés à la tribune, sans originalité d'ailleurs. On a constaté les mêmes guerres de tranchées entre les opposants et les partisans d'une armée de milice.

Désolant, car aucun parlementaire n'a osé proposé une solution alternative, telle que, parmi d'autres, celles exposées en un temps récent par Pierre Maudet, dans un raport complet et intelligent. Certes, tout ne plaît pas, en particulier aux collègues PLR zurichois, banquiers et colonels de Pierre Maudet.

Mais cela mérite une réflexion plus approfondie que ce que nous avons entendu cette semaine.

Les mérites de l'armée de milice ont été vantés: mélange de classes sociales, ouverture sur l'autre, sens de la camarederie, découverte du pays. Mais que penser de ces objectifs quand on sait que seuls 50% des suisses font encore leur armée?

Renforcer ce sédiment social, plutilingue et multicurel, passe par une autre voie: celle d'un service communautaire. Obligatoire pour tout jeune de 18 à 25 ans, il impose a tout suisse de donner - et c'est peu de choses - un an de sa vie à son pays et à ses institutions. Un an, en service  militaire et/ou civil selon les choix.

Cette année de service à la communauté remplit les conditions de sa réussite:

- maintien d'une force armée destinée à la protection de la population

- engagement de civilistes en EMS, hôpitaux, institutions sociales et associations sans but lucratif.

Afin de favoriser cette cohésion sociale tant vantée par notre système actuel, le formation doit être précédée par deux mois de formation commune. Les thèmes abordés seraient: organisation politique, système de défense, instruction civique, organisation des systèmes sanitaire et social, techniques de débat, art de parler en public, sport.

Ensuite, pour les dix mois suivants, travail communautaire en service militaire ou civil.

Cette solution permet de mettre en commun les expériences de chaque citoyen et de mieux les faire se connaitre.

Le Conseil des Etats, qui doit se prononcer sur ce point, serait bien inspiré de proposer un contre-projet dans ce sens.

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13/12/2012

Le mépris érigé en dogme politique

Citation de la Tribune de ce jour:

"Le débat sur l'adoption d'enfants par les couples de même sexe a donné lieu à des passes d'armes plutôt animées ce matin au National. Certains propos tenus à la tribune ont choqué.

Oskar Freysinger (UDC), rapporteur de la minorité de la commission qui refusait totalement l'idée d'une adoption, a fait l'apologie du «binôme père et mère qui est essentiel à la construction de l'identité de l'enfant». Pour le Valaisan, seule la famille traditionnelle avec un père et une mère, offre des conditions harmonieuses de développement à un enfant: «Déjà qu'une grande partie de l'éducation et de l'enseignement relève des femmes, comment un garçon qui n'a pas de père pourrait-il trouver un modèle et construire son identité masculine?»

Le Genevois Antonio Hodgers (Verts) le questionne alors: «Monsieur Freysinger, moi je n'ai pas eu de père dans mon enfance. Considérez-vous que j'ai des problèmes d'identité?»

Oskar Freysinger lance alors une réponse sonore: «Oui!...» Et de considérer son interlocuteur d'un large sourire sans rien ajouter."

L'UDC nous a habitués à de constants écarts de langage teintés de mépris et d'irrespect. S'agissant d'un débat aussi fondamental, dont les conclusions sont enfin favorables aux couples homoparentaux, les moqueries et la morgue affichées par un candidat au Conseil d'Etat valaisan et un enseignant dont le rôle est de transmettre des valeurs, sont édifiantes quant à la qualité et à la profondeur de raisonnement des représentants de ce parti. Quant on sait que Antonio Hodgers a été élevé par sa mère suite à l'assassinat de son père par la junte argentine, il y a de quoi frémir.

 

 

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09/12/2012

A rebours du bon sens...

Les EPF annoncent le doublement des taxes d'inscription des étudiants, et les CFF une augmentation majeure de leurs abonnements.

En Suisse, tous les programmes des partis, à l'occasion d'élections cantonales et fédérales, prônent l'accès aux études pour le plus grand nombre et la facilitation de la mobilité par le train plutôt que par la voiture.

Alors pourquoi ces décisions?

Pour les études, les taxes universitaires actuelles permettent à des étudiants, même issus de classes défavorisées, de s'inscrire et de décrocher un diplôme après les années imposées. Doubler les taxes revient à supprimer cet accès aux études pour nombre d'excellents candidats, qui font la richesse de notre pays à l'heure actuelle. Et les jobs d'été, ou annexes, ne sont plus guère possibles compte tenu de la crise ambiante.

Une telle décision, qui risque d'ailleurs de s'étendre ensuite aux unis, prive notre pays de cervaux bien formés. Elle est méprisante, élitaire et contrevient à la plupart des dispositions constitutionnelles fédérales et cantonales. Dans ce cas, le luxe des constructions des EPF pourrait facilement être diminué afin de réaliser des économies...

Issu d'un milieu modeste, des taxes telles que celles envisagées ne m'auraient jamais permis, comme à nombre de camarades d'études, d'entreprendre des études universitaires. Ceci fait notre force, et ne doit pas être oublié.

En ce qui concerne les transports publics, l'Etat ou les communes oublient toujours un principe de base: les prix des transports ne peuvent  être rentables, puisque l'Etat doit d'assumer, constitutionnellement, la desserte la plus large possible.

En augmentant massivement leurs tarifs, les CFF, dont le but n est pas de faire du bénéfice, vont rapidement décourager leurs usagers qui, évidememnt, reprendront leurs véhicules privés.

Manifestement, dans ces deux cas symptomatiques, l'administration foule aux pieds les dispositions constitutionnelles de base de notre pays et va à l encontre de deux principes fondamentaux: l'accessibilité aux études supérieures et la mobilité douce.

Je m'interroge: pourquoi si peu de politiciens réagissent?

 

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02/12/2012

Homoparentalité et adoption

Marc Bonnant, dans le Matin de ce dimanche, publie un articulet tout teinté de sa morgue habituelle.

Son sujet: l'homosexualité, le mariage gay et l'adoption par des parents gays.

Loin de moi l'idée de lui dénier le droit de donner son avis sur l'institution du maraige, dont il fait une question morale, alors qu'elle n'est plus que juridique, et mérite d'être étendue aux couples homosexuels, sans restriction, afin de préserver les droits et obligations de chacun des conjoints et de leurs enfants, comme le fait le Code civil pour les hétéros.

Mais que dire de sa référence aux "nombreux" psychiatres et pédopsychiatres qui déterminent, selon lui, que seul l'exemple d'un père et d'une mère permet l'accomplissement complet de l'enfant?

D'abord que ces psychiatres sont en majotité ouvertement homophobes et continuent de considérer l'homosexualité comme une déviance, ensuite que rien ne me prouve, statistiquement parlant et ou expériences faites, que les couples hétéros s'acquittent mieux de leurs devoirs d'éducation et d'épanouissument de leurs enfants que les couples gays.

Enfin, ce qui ne passe pas, c'est cette appréciation: "Etre gay, c'est un must..."

Non, Monsieur Bonnant, être gay n'est pas un must, sauf peut être pour quelques artistes au faîte de leur gloire. Ce ne l'est même pas pour de grands sporitfs connus qui hésitent à afficher leur différence et leur sensibilité.

Votre affirmation nie la difficultés des jeunes gays, en particulier, qui subissent force quolibets, insultes et mépris dans les cours de récréation, les clubs sportifs et les casernes. Cet avis  de votre part, émis à brûle pourpoint, sans réflexion, nie la réalité et le nombre élevé de suicides de jeunes gays qui, sentant leur différence, n'arrivent pas à l'assumer et se donnent la mort, en proie à une tristesse meurtrière.

Vous niez de même la difficulté des gays de se faire accepter sur leurs lieux de travail, même dans des pays occidentaux.

Comme d'habitude, vous profitez de la tribune dominicale qui vous est offerte par le Matin pour priviligier le verbe et sa beauté, et ici sans connaître le fond du problème.

Ceci est méprisant et méprisable, indigne.

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