29/10/2012

Claude du besoin, qelle impéritie...

Le Conseiller fédéral Alain Berset va réunir les partenaires de la santé afin de les convaincre, avant le 5 novembre prochain, d'accepter le principe de la réintroduction de la clause du besoin dès le semestre prochain.
La première clause du besoin, ou plus clairement l'interdiction pour les médecins d'ouvrir un nouveau cabinet, a fait l'objet d'une modification de la LAMal le 1er juillet 2002.
Annoncée en mars 2002, elle avait eu pour conséquence de provoquer, en à peine plus de trois mois, l'installation d un nombre de médecins équivalent à celui de trois ans. Donc un coup pour rien.
Prolongée de trois ans en trois ans, elle est échue au 31 décembre 2011, sauf pour les médecins de premier recours pour qui un assouplissement à été consenti dès le 1er janvier 2011.
À la demande pressante de plusieurs cantons, dont les cantons universitaires, cette interdiction d ' installation devrait être renouvelée, si les chambres la votent, pour une nouvelle période de trois ans, soit jusqu'en 2016.
Cette période devrait laisser le temps au Conseil fédéral de plancher sur de nouveaux moyens de régulation à mettre en œuvre pour l'avenir.
Effet pervers: alors que cette année près de 1500 médecins ont déjà obtenu en Suisse le droit de s'installer, contre 900 en 2011, ce ne sont pas moins de 1000 médecins de plus qui accompliront cette démarche avant juillet 2012. Quel gâchis... Alors que MM. Couchepin et Burkhalter et leurs services ont eu dix ans pour trouver une autre solution de régulation et qu'ils n'ont rien fait...
Il appartient donc à Alain Berset de gérer ce lourd héritage d'imprévoyance en assumant la colère du corps médical .
Des solutions sont possibles, notamment celles privilégiant des concordats intercantonaux visant à imposer l'installation de médecins dans les régions démunies. Atteinte à la liberté du commerce? Certes, mais justifiée par l'intérêt supérieur de couvrir les besoins dans toutes les régions, mêmes périphériques.
Solution aussi qui consisterait à imposer aux médecins européens de commencer leur activité dans un hôpital plutôt qu'en libre pratique et à faire la preuve de leurs connaissances de notre système de soins et de ses bases légales, ce qui est d'ailleurs exigé par la loi sur les professions médicales. Cela éviterait à certains patients de devoir s'acquitter eux-mêmes de tout ou partie d'un traitement en raison de la mauvaise connaissance assécurologique d'un médecin européen peu au fait des subtilités de notre système.
Bref, du pain sur la planche, et à réaliser en moins de trois ans, avec le consensus de tous les partenaires, ce qui est loin d être une sinécure...

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22/10/2012

Elections au Conseil administratif: la voie pragmatique

Le 4 novembre prochain, les électeurs de la ville de Genève sont appelés à élire le remplaçant de Pierre Maudet au Conseil administratif. Quatre candidats sont en lice.
Le candidat indépendant, Didier Bonny, a d'ores et déjà reçu le soutien appuyé de l'ATE (Association Transport et environnement, écologiste) et de la fédération LGBT (lesbiennes, gays, bis, trans). L'action méritoire de Didier Bonny au sein du comité de l'ATE et son engagement en faveur de la communauté homosexuelle sont ainsi reconnus, à juste titre.
Dans cette prochaine élection  même si les élections partielles privilégient les personnalités - le candidat indépendant n'a, mathématiquement, aucune chance d'être élu.
Appeler à voter pour lui, c'est disperser les voix et donner toutes ses chances au candidat de l'UDC, Eric Bertinat. Très catholique, d'un conservatisme que la communauté d'Ecône ne renierait pas, Eric Bertinat est ouvertement homophobe et fort peu soucieux de la protection de l'environnement.
Si les mots d'ordre de l'ATE et des LGBT étaient suivis, c'est donc donc un élu farouchement opposé aux valeurs que ces deux associations défendent qui se retrouverait au Conseil administratif, avec les conséquences que l'on peut deviner.

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14/10/2012

Nouvelle Constitution: première étape

C'est fait, et c'est OUI, comme nous l'espérions. Ce n'est pas le lieu de gloser encore et encore sur les pourcentages d'acceptation et de participation, voire de contester le résultat et de demander un nouveau vote, comme le fait un blogueur. 

La campagne a été difficile, tant il est ardu de détailler les avancées d'un texte qui se doit de rester - selon les critères de droit - une norme générale et abstraite - face à des partisans du non qui invoquaient quelques points spécifiques plutôt que l'ampleur progressiste de l'ensemble.

Ce soir et ces prochains jours, on pourra constater la masse de travail qui a été nécessaire, l'engagement de la majorité des constituants favorables au OUI et l'appui important de ceux qui ont mis un OUI dans l'urne. Merci à tous, et plaçons nos espoirs dans un canton dont la population a choisi la nouveauté.

Ce qui compte mantenant, c'est le délai de cinq ans qui doit permettre au Grand Conseil, d'une part d'adapter la législation actuelle, et de l'autre de créer les normes légales nouvelles voulues par le texte constitutionnel et ce, avec les mêmes majorités constructrices de gauche, du centre et de droite qui ont accepté le texte constitutionnel.

Et c'est durant ce délai, et en définitive à son terme, que chacun pourra réaliser les progrès réalisés.

 

23:43 Publié dans Constitution 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/10/2012

Le Conseil fédéral rejette l'initiative sur la caisse publique

Selon le communiqué de presse de ce jour, il décide toutefois de présenter un contre-projet indirect dont les éléments cadres sont la création d'une réassurance pour les coûts les plus élevés, l'amélioration de la compensation des risques - en y incluant notamment les coûts des médicaments - et une séparation plus stricte entre l'assurance de base et les complémentaires.

Ce dernier point n'est pas nouveau, puisqu'il a fait l'objet d'une initiative lancée notamment par les médecins genevois, qui malheureusement n'a pas récolté les 100'000 paraphes nécessaires.

Le Conseiller fédéral Alain Berset est habile et son contre-projet - on y reconnaît sa patte - est susceptible de rassembler sur lui les faveurs du centre et de la droite, cette dernière étant tout sauf favorable à ce qu'elle considère comme une étatisation de l'assurance sociale qu'amènerait l'initiative du MPF, de la gauche et des syndicats.

Selon lui, vraisemblablement, l'initiative pour une caisse publique aurait peu de chances de passer. Certes, après l'annonce récente par les assureurs de hausses de primes très modérées pour 2013 - mais est-ce un hasard...? - on peut considérer qu'un contre-projet indirect est une bonne solution.

Toutefois, pour convaincre, il lui manque deux éléments: le premier, c'est que le fait de parler de concurrence dans le domaine de l'assurance sociale est et reste un scandale. C'est un élément que l'on n'invoque jamais en matière de chômage, d'AI ou autres... Or, le Conseil fédéral s'y accroche et ceci est insupportable.

Le deuxième, c'est que rien n'est fait ni proposé pour résoudre le problème des réserves. Ce n'est qu'à grand'peine, après près de dix ans de lutte, que les cantons concernés par les réserves abusives constituées par les assureurs ont obtenu la garantie d'un remboursement partiel et assez négligeable. Si le contre-projet de Monsieur Berset ne propose rien en la matière, par exemple une réserve fédérale gérée par une fondation, il ne sera pas convaincant.

Mais attendons pour voir...

17:30 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

04/10/2012

Constitution: Descaillet se déchaîne

Dans le GHI de cette semaine, Pascal Descaillet tire à boulets rouges sur le texte de la Constitution 2012. Certes, sa plume est toujours belle, mais le raisonnement est étrange. A quoi cela rime-t-il de railler les Constituants, traités soit de jeunes éphèbes aux joues duveteuses, ou de vieux sages sortis de leurs entreprises? C'est de la moquerie inutile et peut-être blessante, qui privilégie la forme plutôt que le fond et qui néglige le fait que ces gens sont des élus.

Quant au fond, reconnaissons tout d'abord qu'au moins  Pascal Descaillet a lu la constitution. Bon point par rapport à toutes les personnes qui véhiculent des contre vérités sans connaître le texte.

Il déplore que la Constitution manque de souffle révolutionnaire et que personne n'en parle dans la rue. Certes, il a raison sur ce point. Mais c'est oublier que la Constitution de James Fazy, qu'il cite bien entendu, est issue d'une révolution et qu'elle est l'oeuvre d'un seul homme. C'est nettement plus facile d'être révolutionnaire tout seul qu'à huitante issus de partis et de groupes divers, et obligés de trouver un dénominateur commun au-delà des clivages politiques. Pour le surplus, je doute que de 1847 à nos jours, les genevois aient parlé très souvent de leur constitution dans les transports publics ou la rue.

C'est là la difficulté: une constitution est un texte général et abstrait. Mais il pose les jalons nécessaires au législateur afin d'adopter des lois.

Et ce texte, soumis en votation le 14 octobre, obligera le Grand Conseil à adopter et à modifier des lois qui permettront des progrès. Protection de l'environnement, politique en faveur de la famille, des jeunes, des aînés, accès universel aux soins, construction de logements, protection des handicapés, réformes institutionnelles, écologie industrielle...pour n'en citer que quelques uns.

Il est facile de gloser sur des travaux traités de soporifiques, qui se sont déroulés dans un climat agité au début, puis constructif, mais sans insultes ni verres d'eau et dont le résultat concret est bien là. Pascal Descaillet joue le grand censeur, le sage dans l'éther, le faiseur de rois qui juge et casse. Il est parfois bon de se faire la mouche du coche, certes, mais cela ne justifie pas la dérision et la moquerie faciles.

16:42 Publié dans Constitution 2012 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

01/10/2012

Constitution 2012: oui le 14 octobre

J'ai fait ce week-end une balade dans les bois de Jussy...De loin, la tête blonde du garçon et le pelage brun roux du renard ne m'ont pas trompé...J'ai eu beau me frotter les yeux, mais c'était bien vrai: en face de moi se trouvaient le petit prince et le renard...
Le renard était faché, il me reprochait d'avoir réintroduit la chasse é Genève.
J'ai alors montré au petit prince le texte de la nouvelle constitution...Il a dit:"Mais alors, on nous ment?"
Oui, la chasse demeure interdite, tu n'as pas de soucis à te faire pour on ami le renard.

Photo : J'ai fait ce week-end une balade dans les bois de Jussy...De loin, la tête blonde du garçon et le pelage brun roux du renard ne m'ont pas trompé...J'ai eu beau me frotter les yeux, mais c'était bien vrai: en face de moi se trouvaient le petit prince, son renard et sa rose.
Le renard me reprocha la réintroduction de la chasse à Genève, ce qui le rendait très malheureux. Je lui demandai d'où il tenait ça? Il me répondit qu'il l'avait vu sur des affiches, dans les villages.
Alors j'ai pris mon texte de la Constitution 2012, et je l'ai fait lire au petit prince...
"Ah, dit le renard, alors ce que j'ai vu n'est pas juste, la chasse reste interdite".
Je lui ai répondu que oui,et je crois qu'il était content, et le petit prince aussi...

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Constitution 2012: OUI le 14 octobre

L'Adepas, Association de défense des patients et assurés, que l'on a connu parfois connue fort discrète, prône le "NON" à la Constitution 2012 en affirmant des ses slogans que les HUG seraient privatisés. De quoi parle-t-on? Les articles sur la santé garantissent l'accès aux soins pour tous et le libre choix de son professionnel de santé. Ils prévoient en outre que l'Etat soutient les proches aidants, garantit le déficit des HUG et favorise la coordination entre tous les acteurs du système de santé. Sauf à travestir , comment interpréter un seul mot du texte constitutionnel comme étant une incitation à la privatisation de nos institutions de santé, dont la nouvelle constitution garantit fermement et clairement le caractère de droit public? Enfin, les responsables de l'Adepas devrait connaître les dispositions de la Loi fédérale sur l'assurance maladie: celles ci gèrent sur le plan légal le système suisse de santé, dont le concept est fédéral. Seule l'application en est cantonale, et les cantons ont l'obligation de conduire un système de santé public. L'affirmation est donc fausse et excessive. Mais tout ce qui est excessif est finalement insignifiant....

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