09/09/2012

"Les assurés paient toujours trop"

On le savait, Bon à Savoir de septembre nous le confirme....


Selon le no 9 de Bon à Savoir, la comparaison des réserves de onze assureurs maladie est édifiante: ces onze caisses, parmi les plus grandes, dépassent toutes les 10% de réserve que la loi fédérale sur l'assurance maladie leur impose. La plus modeste, la CPT, affiche un taux de 11, 4%, ce qui représente plus de 130 millions. La plus vorace, Concordia, affiche un taux de 23,2%, soit plus de 350 millions. Le Groupe Mutuel, leader en Suisse romande, affiche quant à lui un taux de 15,5%, soit près de 500 millions.

On s'en souvient, après de durs combats menés notamment par Pierre-Yves Maillard et Pierre-François Unger, la Confédération avait enfin accepté de considérer, chiffres à l'appui, que les assurés de Vaud, Genève et Zürich avaient payé 500 millions de primes en trop entre 1996 et 2011. Pour l'ensemble des assurés en Suisse, ce montant ascende à plus de 2 milliards de francs.

Mais voilà, les cantons, en particulier ceux qui ont vu leurs primes maintenues artificiellement basses, s'opposent à tout remboursement des assurés lésés et à toute modification du système, craignant que les primes de leurs ressortissants n'augmentent drastiquement, ce qui correspondrait à la réalité.

Ces craintes purement statistiques et politiques, visant à préserver l'ego et le capital de confiance de certains directeurs de la santé, ne tiennent simplement pas compte des intérêts des assurés dont les primes, par famille, dépassent souvent les charges de loyer.

Il reste donc à espérer que la commission santé et sécurité sociale des Etats parvienne à un compromis, mais compte tenu de la présence massive des assureurs - ou de leurs représentants - dans cette commission, on peut en douter.

Quant à la confiance que l'on peut placer dans l'Office fédéral de la santé publique, chargé d'accepter les primes de assureurs tout prochainement, osons en douter. Jusqu'ici, cet Office n'a pas vraiment démontré des qualités de pugnacité et d'inquisition vis-à-vis des assureurs.

Sans surveillance, sans pilotage, avec des "diktat" posés en toute impunité par certains assureurs, les partisans d'une caisse unique voient leurs rangs grossir... Et c'est tant mieux!

12:46 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Il serait urgent de voir instauré un plafonnement des taux de ces réserves aujourd'hui dévoyées et converties en variable d'ajustement sur le marché des primes. Une autre solution consisterait à créer un fonds fédéral de réserve unique qui permettrait d'abaisser ces taux en élargissant le pool de risques à l'échelle du pays.
On oublie souvent que ces réserves ne servent en théorie qu'à préserver un assureur de l'insolvabilité en cas d'élévation massive des coûts en cours d'année. Dans la pratique deux cas pourraient occasionner une telle variation: une erreur de calcul grossière dans le fixation des primes ou une pandémie. Deux évènements fort peu probables pour lesquels on pourrait imaginer une solution de réassurance moins coûteuse que l'immobilisation et la gestion hasardeuse de 10 à 20% du volume annuel des primes.

Écrit par : F. Salina | 09/09/2012

Actuellement tout est au point mort et il est à craindre que la majorité, comprenez, les profiteurs, n'impose le détournement comme un fait acccompli. Pour info, le texte que j'ai déposé devant le Parlement:
http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20114089

Écrit par : mauro poiggia | 10/09/2012

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