25/04/2012

"Merck Salerno...?"

Indépendamment des diverses conjectures relayées par la presse concernant la fermeture du site de Serono à Sécheron, il n'en demeure pas moins que ce sont 1'250 emplois qui seront purement et simplement supprimés à Genève. Certes, l'entreprise "offre" des reclassements à 750 des employés, mais comme l'écrit très justement Thierry Apotheloz sur son mur, ces nouveaux postes se trouvent aux Etats Unis, en Allemagne ou en Chine, ce qui ne facilite guère les choses pour les employés et leurs familles.

Il conclut à juste titre que ce ne sont donc pas "seulement" les 500 employés victimes d'un licenciement sec qui émargeront - au moins pour un temps - au chômage, mais certainement beaucoup plus. Il a raison, et son propos est teinté d'une profonde sympathie et de beaucoup de compréhension.

Sa camarade de parti, la Conseillère administrative Salerno, après des déclarations récentes et dommageables sur les entreprises internationales à Genève, fait montre derechef d'un dogmatisme simplet en déclarant que le sort des employés de Serono lui cause moins de souci que dans le cas de Novartis, dans la mesure où il s'agit de "cols blancs" hautement qualifiés qui n'auront guère de peine à retrouver un emploi.

La définition des cols blancs et des cols bleus est désuète et paratiquement plus utilisée. Le faire de nos jours montre un certain entêtement à conserver une vision manichéenne de la distinction entre employés, vision dépassée et qui date du XXème siècle.

Imaginer que du personnel hautement qualifié - qui va arriver en masse sur le marché du travail, et ce dans les mêmes délais - va retrouver facilement du travail, c'est nier les difficultés des employés âgés de plus de 45 ans, par exemple,  et la réalité de la situation actuelle du marché de l'emploi.

C'est surtout afficher du mépris et fort peu d'empathie à l'égard de personnes dont le seul tort est de se retrouver dans une situation difficile, position qui devrait au moins susciter le respect et l'écoute d'une magistrate de gauche.

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Commentaires

Excellent.
Si nous pouvions révoquer les elus qui disent des bêtises.
Dommage que dans la constitution vous n'ayez pas introduit la notion de révocation.

Écrit par : Bertrand Buchs | 25/04/2012

Là, je suis entièrement d'accord avec toi!

Écrit par : olivier | 25/04/2012

Ils étaient où les pleurnicheurs lorsque disparaissaient tous les fleurons de l’industrie genevoise ?
En son temps par une larme à tirer de ces bobos urbains qui se réjouissaient des départs de

Sécheron, Ateliers des Charmilles, Tavaro, Instruments de Physique, Usine de dégrossissage d’or, Ed.Laurens, Laboratoires Sauter, les Compteurs Gardy.

Ma liste est bien incomplète. J’ai fait mon deuil de ces sociétés qui furent les vedettes de la cote à la bourse de Genève.

Alors que Merck-Serono parte ! Je ne vais pas verser la moindre larme car j’estime que la ville en trop fait pour cette société qui ne mérite nullement de survivre comme le furent les pharmaceutiques américains Syntex et Upjohn qui n’avaient plus aucun produit nouveau dans le pipeline.

Écrit par : Hypolithe | 26/04/2012

C'est intéressant de constater comme la droite à Genève, de façon très unifiée et quasi-machinale, ne rate jamais l'occasion d'instrumentaliser les propos rapportés d'un-e élu-e de gauche pour nous rappeler ce qu’est ou n’est pas la gauche ; et ce, quant bien même la substance de ce propos n'est pas fausse (en l'occurrence, il est juste de dire que les personnes hautement qualifiées trouvent plus facilement du travail que ceux qui ne le sont pas), mais où seule la forme est parfaitement contestable. A l'inverse, cette même droite ne s'offusque curieusement pas de la récupération idéologique grossière qui est faite dans son propre camp politique de l'affaire Merk Serono.

Il est certainement intéressant (voir rassurant ?) pour certains de vous voir répéter les indignations que l'on peut lire ici et là sur les propos discutables de Mme Salerno. Il faut sans doute le faire. Néanmoins, il aurait été encore plus intéressant si vous aviez été capable de faire preuve de cette même réflexivité concernant les propos tenus par la droite patronale, notamment la FER ou le PLR à travers son président, qui apparemment a le privilège de pouvoir produire les plus grandes digressions idéologiques, sans que cela ne semble étonner personne (lire le blog du PLR-Genève).

Écrit par : Christian | 26/04/2012

La notion de cols blancs/col bleus, est très utilisée dans les instituts LPP, qui gère les employés de secteur mixte (la construction par exemple), où les cols blancs (employés de bureaux), ayants moins de risques d'invalidités que les cols bleus (employés de chantiers), ont - comme par magie ! - des primes inférieurs.

Bref, ce que vous dites donc totalement inexact, et en plus la notion est utilisée au mépris de la solidarité qui devrait régner entre tous les travailleurs au sein d'une entreprise / d'une région / d'un pays.

Écrit par : Djinus | 26/04/2012

Vous êtes mal informé.
En plus d'être un élément de langage largement utilisé dans la langage courant, les notions de "cols blancs" et "cols bleus" sont utilisées également dans le monde de la recherche. Certains spécialistes ont encore recours à ces notions notamment pour parler de la criminalité financière ("White-Collar Crime"). Par ailleurs, certains sociologues continuent à se reférer aux classes sociales établies par Max Weber qui intègrent ces notions.

Écrit par : Florent P. | 27/04/2012

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