15/01/2012

Les experts Genève

Les séries télévisées de ce genre portent sur des affaires criminelles généralement difficiles à résoudre. A Genève, les experts ont planché pendant longtemps sur la réintroduction et l'extension du tram et sa connexion au reste du réseau. Tout alla bien jusqu'à ce fameux 11 décembre, journée pluvieuse et froide de surcroît, où nous avons eu le plaisir de tester le nouveau réseau TPG, dont l'efficacité était vantée depuis de longues semaines. Las, ce fut et c'est encore la gabegie...

Certes, un nouvel horaire et de nouvelles lignes doivent susciter de la part des usagers beaucoup de compréhension, d'autant que des mesures correctrices étaient annoncées, voire un plan B.

Déception, une grosse conférence de presse pour accoucher de trois changements ridicules: réintroduction de deux lignes de bus, la 3 et la 7, pour satisfaire certains usagers, et accélération de la mise en place de la voie réservée aux bus sur le pont du Mont Blanc, mesure juste assez forte pour ne susciter que l'ire des probagnoles du canton.

En fait, si les cadences sont bonnes et les trams moins bondés (positivons...), les trajets sont en moyenne plus longs, et cela est dû principalement aux transbordements. A rive, Plainpalais, Bel-Air ou au PR de Bernex, l'usager doit, en quittant son tram, traverser un carrefour où se croisent au moins une ou deux voies automobiles, avec des passages pour piétons peu régulés par des feux. En descendant de son tram, et en voyant son bus au loin, l'usager se précipite donc sur la chaussée au mépris de toute prudence, sachant bien que le bus n'attend pas...

On nous a vanté le nouveau réseau comme la réplique d'un métro... Quelle superbe...A Londres, Paris ou Moscou, il est vrai que l'usager parcourt un nombre impressionnant de couloirs pour sa correspondance, mais il est protégé, c'est là toute la différence.

Soyons justes: la situation s'est bien améliorée, surtout pendant la semaine du 3 au 9 janvier, soit pendant que cette ville voit la moitié de ses habitants filer en vacances de fin d'année...Un réseau qui fonctionne bien quand personne ne l'utilise, c'est un bel objectif.

On nous promet encore des mesures d'amélioration, sous la conduite d'un comité de pilotage présidé par Mark Müller (!), qui aura certainement bien d'autres soucis en tête.

Mais comment croire ces promesses: les TPG ont augmenté leurs tarifs sans fournir leur équivalent en qualité. Ils ont subrepticement supprimé les bonus des "carta" du même nom. Enfin, ils installent de nouveaux distributeurs qui rendent la monnaie, certes, mais qui refusent les dites cartabonus...! Et ce après avoir gardé des millions de francs de monnaie pendant des années avec les distributeurs qui ne rendent aucune monnaie.

En principe, une régie publique, même autonome, réfléchit en fonction de la satisfaction des usagers. Ce ne semble pas le cas pour les TPG, dont les experts font leurs projections en partant du principe que les trams et bus peuvent se déplacer en ignorant qu'il y a aussi, eh oui, des voitures, des camions, des deux roues, et mêmes des piétons qui se déplacent dans cette ville.

Ou alors, les TPG estiment peut-être que la pluralité des moyens de transport est déjà dépassée.

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