01/01/2012

La forme et le fond

Marc Bonnant, l'avocat genevois qui fait de l'art oratoire son seul plaisir et sa seule passion, malheureusement peu partagés par les lecteurs, commet ce dimanche dans le matin un nouveau billet intitulé "Alain Berset, le husky perdu et autres insignifiances..."

En fait, sur presque une moitié de page du Matin Dimanche, seul journal romand à paraître en version dominicale, Marc Bonnant livre ses impressions sur la composition du nouveau Conseil fédéral.

Comme d'habitude, on attaque la lecture de l'article avec un dictionnaire à portée de main, ou à tout le moins la souris de notre ordinateur pointée sur "wikipedia", seules sources propres à nous éviter d' achopper sur un mot sur dix.

Que l'on privilégie la forme, le style, le vocabulaire recherché, cela peut e comprendre...Mais que cela soit le seul but d'une chronique, cela devient lassant, et surtout vide de sens.

Un autre vocat genevois, Carlo Poncet, met en exergue dans ses chroniques le fiel et la méchanceté; Marc Bonnant, lui, n'y met que la recherche du style et d'un vocabulaire si compliqué que 95% des lecteurs cessent de le lire dès la troisième ligne, ce qui laisse au message souhaité une durée de vie pour le moins abrégée.

Genevois, il se permet de reléguer le canton d'Alain Berset, Fribourg, au rang de de canton "primitif", montrant ainsi sa faible connaissance de ce qui se passe au-delà de la Versoix, défaut redhibitoire chez nombre de genevois qui, comme lui, font preuve d'un nombrilisme effarant, en ignorant les difficultés financières de leur canton, alors que ses voisins réduisent leurs dettes et assainissent leurs comptes, en ne comptant pas sur des recettes illusoires, mais en gérant leur bien à bon escient et au bénéfice de leurs habitants.

Mais le plus impressionnant, c'est le fond: arrivé au terme de l'article, et en s'infligeant le cas échéant une deuxième lecture - pas une troisième, n'exagerons pas... - la question est posée: qu'a-t-il voulu dire? En fait, on ne sait pas trop..., ou plutôt on le sait de plus en plus. Au fil de ses chroniques, on retient que Marc Bonnant joue avec les mots, choisit son vocabulaire, use et abuse des subjonctifs imparfaits, mais sans rien nous fournir de concret.

Il prend plaisir à le faire, sans se soucier des éventuels dix lecteurs qui le supportent chaque dimanche, et c'est donc un plaisir quasi solitaire que Le Matin lui permet de façon hebdomadaire. C'est de l'onanisme linguistique, dédié au seul plaisir de celui qui le pratique...

18:01 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

Commentaires

On peut se demander si cet histrion est adulte ou s’il est encore en préadolescence.
Sûr qu’il serait grand temps qu’il arrête de jouer tout seul s’il veut se montrer homme accompli !
Qui peut donc mandater ce bateleur pour être défendu devant un tribunal, sinon des « m'as-tu-vu » fortunés et fous…

Tous mes vœux pour l’an neuf, pardon, pour l’an deux mille douze !

Écrit par : Benoît Marquis | 02/01/2012

Bonnant rédigeant
Matin chagrin

Écrit par : Cramia | 02/01/2012

"On considère généralement que c'est avec l'avènement de la démocratie en Grèce antique que la parole devient un art pour convaincre. On peut y voir un progrès de civilisation, puisque la parole s'institue alors en "alternative à la violence" physique : la parole plutôt que l'ordre et la coercition. Mais peu à peu, la parole a perdu "sa vocation première : imprimer au verbe la capacité à entraîner la conviction" pour devenir rhétorique, c'est-à-dire l'art de la persuasion, de la belle parole, du beau parler. Ce qui est rhétorique n'est alors pas forcément vrai, mais bien dit." (Thierry Guilbert, L'"évidence" du discours néolibéral, p. 107)

Ce petit extrait du livre de Thierry Guilbert est particulièrement illustratif de la production discursive de Marc Bonnant. Sous le doux confort de la sophistication et du raffinement lexical, cet être anachronique s'évertue péniblement à masquer une pensée peu rigoureuse, le plus souvent dépourvue de substance et qui ferait rougir son auteur si seulement ce dernier faisait l'effort de s'affranchir du sens commun. Hormis pour distraire les quelques membres de l'Almanach du Gotha à la culture étriquée ainsi que pour donner l'illusion de la légitimité intellectuelle aux classes populaires, les propos de Marc Bonnant sont d'un intérêt et d'une portée très limités.

Écrit par : Pierre-Antoin | 02/01/2012

En ce premier jour de l'an, Me Bonnant s'exprime. Bonnant mal an, combien de fois le fait-il?

Me Marc Bonnant, mâle en... beau parler, un lion qui, jamais, malgré la sienne, ne crie "gnière". En chaque occasion, il rugira "individu", "quidam", "bougre" ou "énergumène", éventuellement!

Écrit par : Baptiste Kapp | 03/01/2012

Concernant Bonnand, à part constater que le temps ne fait rien à l'affaire ... que dire, que dire !

Écrit par : djinus | 03/01/2012

"Marc Bonnant, lui, n'y met que la recherche du style et d'un vocabulaire si compliqué que 95% des lecteurs cessent de le lire dès la troisième ligne,"

Il ne reste donc plus que 5" qui apprécient et comprennent le "vocabulaire si compliqué" de Proust. Quel bel hommage que vous rendez-là, sans le vouloir, à la langue française et à Marc Bonnant!

"Concernant Bonnand, à part constater que le temps ne fait rien à l'affaire"..

Parce que pour vous, le djinius par dérision, il vous arrangera?

"que dire, que dire!"

Fermez.là! Vous insultez le détenteur de ce blog....

Écrit par : Patoucha | 04/01/2012

Marc Bonnant, l'embaumement intellectuel porté à son comble... ou l'art de masquer une vision politique cadavérique par un pompeux galimatias.

Pour preuve, l'entretien que sieur Bonnant donna à la Télé, le 27 février 2011, et au cours duquel, il fait étalage de son aversion, ou du moins de son indifférence soutenue, pour la démocratie et la souveraineté populaire, en avouant regretter l'Ancien Régime... Puis, en grand humaniste, il décerne les bons et les mauvais points, et déclare tout de go, que certaines vies sont décidément bien insignifiantes, superflues, et semblent indignes de respirer le même air que "Sa Majesté"...

http://www.lemanbleu.ch/vod/le-grand-oral-27022011


Il est intéressant de constater que le journaliste qui le confesse, Pascal Décaillet, semble jouir de plaisir à chacune des flatuosités oratoires de maître Bonnant! En quelque sorte la parfaite illustration du dicton: le chien et la voix de son maître.

Écrit par : Nono | 04/01/2012

Monsieur Guinchard, pourquoi, avec tous ceux que sa prose insupporte, n'écririez-vous pas au "Matin Dimanche" pour faire part de vos doléances?

Car confinées ici,elles risquent bien de rester sans grand écho.

Indignez-vous!

Le pis? Il risque bien de ne pas même prendre la peine de vous en tenir rigueur.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 07/01/2012

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