28/12/2011

Pierre-Yves Maillard et Stéphane Rossini mauvais perdants...?

C'est ce que le lecteur pourrait conclure à la lecture de l'article du Matin de ce jour, page 6, sous le titre "Caisse unique: Berset mal pris".

L'article est consacré au succès incontestable de l'initiative pour une caisse maladie publique - et non "unique" - annonçant la validation, après 11 mois seulement sur les 18 impartis, de 120'000 signatures.

Pierre-Yves Maillard et Stéphane Rossini font pression sur Alain Berset, le rappelant à ses devoirs de socialiste. Réaction de mauvais perdants?Que nenni..., le PS tout entier exercera la même pression sur son Conseiller fédéral, et c'est un jeu normal, même s'il débute quelques jours avant l'entrée en fonction effective du Conseiller fédéral élu.

Les paramètres n'ont jamais été aussi bons: d'abord une initiative bien plus équilibrée que la précédente (qui a essuyé 70 % de refus), et qui a sagement renoncé à fixer des primes, sans plafond, en fonction de la capacité économique des assurés. L'arrivée au DFI d'un socialiste ensuite, aprés l'horrible parenthèse de Pascal Couchepin. Ce dernier, peu subtil, croyait connaître ce domaine sous le seul prétexte d'avoir présidé quelques années le Conseil d'administration du Groupe Mutuel. Bonne initiation, certes, mais néanmoins subjective, univoque et peu critique.

Quelques bémols tout de même:

- la récolte des signatures a été massive en Suisse romande, et l'on connaît la position de nos frères d'outre Sarine vis à vis du rôle de l'Etat et de la responsabilité individuelle. Et c'est bien connu, ces romands s'écoutent trop, se plaignent constamment et courent chez le médecin pour un oui ou pour un non, vu leur tempérament latin et pleurnichard,

- les socialistes sont minoritaires, tant au Conseil fédéral qu'aux Chambres, et ce n'est pas le seul Alain Berset qui va changer, en une séance, l'opinion de ses collègues,

- un conseiller fédéral est membre d'un collège, ce n'est pas un président de parti, encore moins un chef de meute, reproches que les mêmes Maillard et Rossini avaient d'ailleurs adressés à Christophe Blocher, et qui étaient pleinement justifiés.

La caisse publique est une bonne solution, n'en déplaise aux Ruey et Parmelin. Elle ne promet pas de baisse de primes, mais elle assurera à tout le moins la transparence dans la gestion d'une assurance sociale - on l'oublie parfois...- qui est d'ailleurs la  seule à être soumise à des principes de concurrence, ce qui n'est imposé ni à l'AI, ni à l'AVS, ni au chômage.

Le seul levier qu'Alain berset peut utiliser face à ses collègues est lé'laboration rapide d'un contreprojet, direct ou indirect, permettant de régler au moins dans un premier temps les problèmes de la séparation de la gestion des assurances de base et privées, de la chasse aux bons risques, de la disparité entre cantons et régions, de la solidarité entre jeunes et vieux, ainsi que d'une gestion centralisée des réserves, aux mains de la Confédération.

 

16:06 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

Commentaires

L'assurance-maladie est la seule assurance-sociale à être soumise à des principes de concurrence, ce qui n'est imposé ni à l'AI, ni à l'AVS, ni au chômage, dites-vous!
Vous avez raison, c'est la raison pour laquelle, à la différences des autres assurances sociales, l'assurance-maladie ne fait pas des milliards de déficit. Grâce à la concurrence précisément. Et vous voulez la supprimer?Pour reprendre le modèle de la Sécu, avec ses milliards d'Euros de déficit? Bravo!

Maurice Boiteux

Écrit par : Maurice Boiteux | 28/12/2011

Cher Boiteux, (le nom est bien choisi, ma foi....)

L'assurance maladie fait du déficit, compensé par des augmentations de 2 à 7 % par an, suivant les catégories d'âge, chaque année depuis 1996. Vos cotisations AVS AI AC ont elles augmenté dans la même proportion?

Écrit par : Jean-Marc Guinchard | 28/12/2011

Navré, mais on voit que vous ne connaissez pas vraiment l'assurance-maladie ou alors avec des parti-pris. On n'y paie pas des cotisations, mais des primes.
Et ces primes couvrent les factures des médecins, des hopitaux et des autres soignants. Or les factures ont en dix ans augmenté de 10 milliards de francs, soit de plus de trois millions par jour!
Tout l’argent encaissé pour l’assurance de base est entièrement utilisé pour les prestations de soins et les services aux assurés,les assureurs n'ayant pas le droit de faire du profit. les frais administraifs, publicité comprise, n'atteignent que 5%, ce qui est moins que partout ailleurs...
Lä où il y a un système étatique unique, les coûts explosent... Cherchez l'erreur.
Bonne année 2012 tout de même.

Écrit par : Maurice Boiteux | 28/12/2011

Notons aussi que, si la Sécurité sociale fait du déficit, ce n'est pas à cause de l'assurance maladie, mais des autres secteurs, comme celui des retraites. La Sécurité sociale regroupe, ne l'oublions pas, toutes les assurances sociales françaises. C'est un peu comme si, en Suisse, nou s 'avions qu'une assurance regroupant l'AVS, l^'AI, l'assurance maladie, les caisses de chômage, l'assurance accident. Rien à voir avec la caisse maladie unique de l'initiative PS/MCG.

Écrit par : Jean-P. Lusson | 28/12/2011

À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
Les camarades de gauche ne lui feront aucune concession. Dans Le Matin du 28.12.2011 la remarque très ironique de l’évincé du ticket Stéphane Rossini le prouve à souhait.
Quant à moi je suis satisfait du changement opéré au sein du Conseil fédéral. Burkhalter fera merveille sur le paquet international comme tous les neuchâtelois qui l’ont précédé à ce poste.

Écrit par : Hypolithe | 29/12/2011

Si, si, le déficit de la sécu est dû principalement à l'assurance-maladie.
La Commission des comptes française a dévoilé que le déficit de la Sécurité sociale, toutes branches confondues (maladie, vieillesse, famille, accidents du travail/maladies professionnelles), s'établissait à 18,6 milliards d'euros en 2011. Sur ces 18,6 milliards, le déficit de la branche maladie, le plus important, représente juste un peu moins de 10 milliardsd'Euros en 2011.
Et les rationnments de prestations de soins imposés imposés par l'Etat pour diminuer ce déficit obligent les Français à devoir se payer des assurances privées complémentaires. Le PS veut-il vraiment et les déficits et la médecine à deux vitesses? Non décidément un système étatique de caisse unique n'est vraiment pas un bon remède!

Écrit par : Maurice Boiteux | 29/12/2011

@ Jean-P Lusson,

Les comptes de la sécurité sociale en France sont aussi publiés secteur par secteur. Rien que pour l'assurance maladie ce sont plusieurs milliards de déficit. La branche maladie est justement celle qui creuse le plus gros trou de la sécu.

http://www.rfi.fr/france/20100928-le-casse-tete-deficit-securite-sociale-france

D.J

Écrit par : D.J | 29/12/2011

Pas d'étatisation de la caisse maladie cela reviendra bien plus cher.

Écrit par : Chauffat Albert | 29/12/2011

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