21/07/2011

Le salaire de la peur

L'été et sa torpeur - quoique, cette semaine... - ont en général pour effet d'endormir les réactions du public et laissent les journalistes en mal de copie. Des nouvelles qui auraient soulevé des cris d'orfraie en juin suscite à peine le résumé d'un entrefilet d'une dépêche ATS.

C'est ainsi que le nouveau financement des soins hospitaliers, qui devrait entrer en vigueur en janvier 2012, a soulevé quelques craintes des assurés et des assureurs, comme de certains cantons, en mai et juin, s'agissant des possibles augmentations de primes et de subventions pour 2012.

La signature de la convention qui traite de ce profond changement et de l'introduction des forfaits par cas (DRG), révèle une surprise de taille: les hôpitaux suisses, privés et publics, regroupés au sein de H+, leur association faîtière, auraient accepté de transmettre aux assureurs tous les diagnostics en clair des patients traités. C'est ce que nous apprenait il y a une semaine une timide dépêche de l'ATS. H+, un peu gênée, déclare s'en remettre à la décision du Conseil fédéral, qui doit donner son aval à cette convention et qui, le cas échéant, pourrait corriger le tir.

Grave. Très grave, car le combat mené par les associations d'assurés et les professionnels de la santé au moment de l'introduction du Tarmed dans les années 2000, qui avait fait  plier les assureurs sur la question du secret médical, est donc aujourd'hui battu en brèche par H+ et santésuisse, la première n'ayant pas le courage de résister à la seconde, par peur de ne pas voir les prestations de ses membres remboursées.

C'est le salaire de la peur, la rançon de la lâcheté. H+ livre donc en pâture ses patients au mépris de leur droit légitime à bénéficier du secret médical. Les assureurs ont définitivement gagné et ils sauront tous, dès 2012, pourquoi nous sommes hospitalisés, et quelles sont les co morbidités dont nous sommes atteints (diabète, rhumatisme, VIH, hépatites A, B ou C, j'en passe et des meilleures).

Pour l'anecdote, les présidents de santésuisse et de H+ sont tous deux PLR et conseillers nationaux vaudois: Claude Ruey pour santésuisse et Charles Favre pour H+. Le premier a été Conseiller d'Etat chargé de la santé, et le second est médecin. Ce dernier a dû oublier méchamment le serment d'Hippocrate: "Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. ». Ben voyons...

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Commentaires

Scandaleux! Merci pour l'info. Quelle infâme magouille orchestrée par Ruey et Favre.Une main lave l'autre...L'Assuas va intervenir.

Écrit par : mauro poggia | 21/07/2011

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