13/05/2011

La Confédération se fiche des coûts de la santé...

Parmi les assureurs, comme bien sûr dans d'autres professions, il y a les bons (si, si, j en connais...), les rebelles et les sournois.

Le rebelle, c'est souvent Assura. Pas toujours à bon escient, mais cette fois, oui! Assura défie l'OFSP et décide d'offrir à ses assurés concernés l'Avantis, médicament efficace pour le traitement de la dégénérérescence maculaire, mais non encore homologué en Suisse. L'Aventis, dont une seringue coûte 80 francs environ, est opposé au Lucentis qui, pour la même efficacité et la même seringue, coûte 1'500 francs. L'utilisation de l'Aventis, compte tenu du nombre de patients âgés qui pourraient en bénéficier, permettrait une économie de 300 millions  de francs par an. Las, la procédure d'homologation est lente, comme tout ce qui se fait en Suisse. Donc, en attendant, ce médicament 40 fois moins cher n'est pas remboursé. Espoir: P.-Y. Maillard a décidé de couvrir dans le canton de Vaud les médecins qui le prescriraient.

Et Assura décide de l'offrir...c est bien, mais avec quel argent?

Dans les sournois, il y a Intras, bonne vieille caisse maladie bien genevoise, dont les prestations et la communication se sont singulièrement détériorées, au dire de ses affiliés, depuis qu'elle a été reprise par la CSS.

Intras propose ces jours à ses assurés de ne plus passer chez leur pharmacien pour honorer leurs ordonnances. Pratique, l'assuré envoie son ordonnance à Mediservice qui lui envoie, dans les 48 h, les médicamaents prescrits, moyennant un rabais de 12 % sur les médicaments de moins de 300 francs, ou de 12% s'il s'agit d'un générique, et en prime un bon d'achat de 50 francs chez Coop...

Puisque les assureurs sociaux ne vivent qu'en fonction des primes, que celles ci ne sont fixées qu en fonction des coûts effectifs, d'où viennent les fonds qui permettent de faire ces cadeaux? Des réserves, ou des complémentaires...?

De surcroît, Intras ignore superbement les intérêts de ses assurés:

- en allant dans l'officine du pharmacien, le patient est conseillé

- le pharmacien lui explique le dosage et la prise

- son dossier est mis à jour, et l'on évite les prescriptions "sauvages" et les mauvaises conséquences d'interactions médicamneteuses.

Un patient suivi par son médecin et son pharmacien a la garantie que ses traitements sont adéquats et performants. En passant par des boîtes comme Mediservice ou zur Rose, le patient n'a plus l'assurance d'être suivi correctement.De plus, on sait que beaucoup de personnes âgées, malades chroniques, préfèrent sortir un peu et aller voit leur pharmacien.

Bref, deux exemples: une caisse soucieuse d'économies logiques, Assura, et une autre, Intras, qui sombre dams le mercantilisme et le marketing "grande surface"... Le choix est ouvert...

21:34 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

07/05/2011

La guerre des transports se rallume

Le week-end prochain, nous serons appelés à voter sur l'IN 144, qui inscrit la nécessité de développer les pistes cyclables. Aussitôt, c'est la guerre, la passion, comme d'habitude dans notre république et canton quand on touche à la problématique des transports.

"La mobilité n'est ni de gauche, ni de droite, elle est une question de santé", a déclaré le Pr Morel, député PDC, qui défend l'initiative. J'ajouterais que c'est une question de mentalité.

Je suis assez souvent à Zuerich, Berne, Winterthur ou Bâle. J'y vais en train, j'y utilise les transports publics ou les vélos de la gare.

Dans ces villes, lorsque je pédale sur une artère trop étroite pour permettre à des automobilistes de me dépasser, pas un seul coup de klaxon, l'automobiliste patiente, me respecte.

Dans les bus ou les trams, les passagers souhaitant monter laissent la place libre pour ceux qui souhaitent descendre.

Les piétons n'empiètent pas sur les pistes cyclables et laissent le passage aux cyclistes la possibilité de passer, sachant qu'il est plus difficile de démarrer.

Les pistes cyclables sont sûres, continues et clairement indiquées.

Ici, c'est le contraire, et on ne sait pas pourquoi...

Nos pistes cyclables sont des abris trompeurs, elles s'interrompent sans raison, elles sont à contre sens, peu visibles et dangereuses.

L'IN 144 permettrait de les améliorer et de les sécuriser.Il est faux de prétendre, comme le font des opposants de mauvaise foi, qu'elles vont donner une priorité absolue aux cyclistes, y compris sur les transports publics. C'est une affirmation démagogique et mensongère.

Cela dit, les villes de Copenhague et Amsterdam ont donné la priorité absolue aux cyclistes, y compris envers les piétons, et ce sont des villes agréables à visiter et à parcourir.

Un exemple. Depuis peu, les cyclistes ont la permission d'emprunter les trottoirs du Pont de la Coulouvrenière. Un logo le signale. C'est une hérésie, car cela fait cohabiter sur une même surface les piétons et les cyclistes, sans délimiter clairement la place laissée à chacun.

L'IN 144 a le mérite de donner une vue d'ensemble, une vision gérable. Genève, moins pentue que Lausanne, se prête bien à la circulation cycliste.

L'IN 144 n'est pas une solution miracle, mais elle fera peut être changer ces mentalités. Osons le pari, et votons oui...

 

20:42 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Primes 2012, les manoeuvres commencent

La presse a annoncé que la commission de sécurité sociale et de santé (CSSS) du Conseil des Etats avait lancé une initiative visant à interdire aux assureurs d'augmenter leurs primes en prévision du nouveau mode de financemant des hôpitaux.

Etrange, quand on sait que la majorité des sénateurs de cette commission sont membres du conseil d'administration de caisses maladie ou d'organes administratifs de santésuisse, association faitière des mêmes assureurs.

D'autre part, la même association annonce pour 2012 des hausses de prime de 1 à 4% seulement...

Les coûts de la santé auraient ils été maîtrisés? Les assureurs auraient ils remboursé le trop perçu? Les membres du Conseil des Etats deviendraient-ils conscients des coûtes de la santé?

Que nenni...!

En fait,le peuple va se prononcer bientôt sur la caisse publique unique. Donc les assureurs se font patelins et sympas, comme leurs parlementaires...

15:56 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook