30/04/2011

L'armailli des 8000 s'en est allé

Erhard Lorétan est mort, ce jeudi 28 avril, jour de son 52ème anniversaire, victime d'une chute de 200 mètres sur l'arrête sommitane du Grünhorn.

Curieux, ce nom de "Corne Verte". En effet, ce surnom était celui des étrangers fraîchement débarqués au far-west, celui-ci, ou "Pied Tendre".

Fraîchement débarqué, Erhard ne l'était pas, il a grandi avec la varappe, la grimpe, les montagnes.

Pied tendre, pas plus. Son pied était sûr, précis et élégant.

La première fois que je l'ai eu comme chef de cordée, nous nous trouvions devant un mur de granit, de 20 mètres de haut environ, qui me  paraissait bien lisse...Il l'a escaladé en deux temps trois mouvements, à tel point que je n'ai même pas eu le temps de voir où et comment il posait ses pieds et ses mains. Avant que je ne me lance à mon tour, il m a dit: "La montagne est belle, elle ne ment pas, fais t' en une copine. Elle ne tue pas, c'est l 'homme ou son matos qui sont faibles..."

Cruelle réalité, surtout si l'on pense que le Grünhorn est réputé comme peu difficile.

Erhard était un danseur de granit, un chamois de l'élégance, un bouquetin d'endurance.

Il était parfois un peu rugueux, mais c'était sa face timide et prude. Comme un armailli, opiniâtre, modeste, doux et chaleureux,

Cette image, on se la garde, Erhard, et on tâchera de te suivre

 

16:53 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Merci et bravo pour ce bel hommage !

Écrit par : Drope | 30/04/2011

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