01/02/2011

Une caisse publique?

Et voilà, c'est fait, le PS et le Mouvement Populaire des familles annoncent enfin le lancement de leur initiative sur une caisse publique, et non pas une caisse unique, puisque le projet prévoit des antennes cantonales, à peu près sur le modèle de la SUVA.

Certes, on pourrait gloser sur le moment choisi...Il eût été préférable de lancer ce projet en septembre passé, au momnet des annonces des hausses de primes mais, électoralisme oblige, le PS a choisi le début de l'année électorale, pensant ainsi récupérer des voix que les sondages ne lui prédisent guère...Mais c'est de bonne guerre, et il faut se concentrer sur le fond.

L'initiative actuelle a deux avantages: elle ne parle pas de "caisse unique", et elle ne propose plus un lien entre les primes et les revenus.

Son but est simple: laisser la gestion de l'assurance de base à l'Etat, par le biais d'une caisse publique fédérale avec des antennes cantonales ou régionales, et assurer plus de transparence.

Les opposants, santésuisse et les assureurs en tête, hurlent à l'étatisation...et alors?

Le modèle actuel, qui permet à des assureurs sociaux, ou plutôt dits comme tels, de sélectionner les risques, de pratiquer les assurances complémentaires et d'autres types d'assurances (choses, personnes et autres..) a montré ses limites.

L'assurance maladie est le seul secteur dans lequel - pour une assurance sociale - on parle de concurrence. Qui parle de concurrence en matière de chômage, d'AI ou de 2ème pilier? Personne, et cette aberration doit cesser.

On ne peut pas parler de concurrence dans le domaine social, c'est un coup de canif majeur dans le principe de solidarité et d'accessibilité.

D'ailleurs, les assureurs dits sociaux sentent venir le vent et commencent à faire des concessions...

Trop tard, la machine est lancée, et le succès n'a jamais été aussi proche...

 

 

 

23:14 Publié dans Assurance maladie | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

situation très bien exprimée. merci!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02/02/2011

La comparaison entre la France à 65 millions d'habitant avec un système centralisé et la Suisse presque 8 millions ou la gestion est décentralisée et cantonale est plus efficiente.
Si l'assurance obligatoire était si pénible à supporter pour les assureurs, pourquoi font-ils autant d'effort en publicité et en propagande dans les forum pour couler cette caisse publique ? Réfléchissez à qui profite votre argent dont leurs comptes opaques ne sont pas consultable: en bourse; en dépense pour les courtiers en assurance; en dépenses salariales, administratives, etc...Ne vous laissez pas berner et votez pour la caisse publique.

Écrit par : mohame Levy | 02/02/2011

On espère qu'ils peaufinent leur initiative pour mieux la comprendre.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 02/02/2011

Pour compléter votre intervention, il faut se pencher sur le problème de la gestion des réserves. Celles-ci s'élèvent de 10 à 15% des primes selon le nombres d'assurés que compte une caisse maladie. La Lamal autorise qu'une partie de celles-ci soit placée en bourse ou dans l'achat de biens immobiliers. Dans les faits, la plupart des assureurs avancent comme gage de leur bonne gestion le fait qu'il achètent entre autres leurs propres bâtiments administratifs au moyen de leurs fonds propres sans recourir à un emprunt. Or ces fonds propres sont en réalité les réserves. En s'informant un peu on découvre que ces même assureurs ne lésinent pas lorsqu'il s'agit de dépenser cet argent: terrains coûteux en centre-ville, prix d'acquisition surévalués, aménagements luxueux, voire népotisme dans l'attribution de contrats d'équipement... Le tout dans la plus parfaite opacité.
Même lorsque les réserves deviennent insuffisantes, les assureurs préfèrent augmenter les primes plutôt que de revendre des biens immobiliers ou autres actifs dont la valeur réelle excède de loin celle inscrite dans les comptes.
L'autre versant des réserves concerne les placement boursiers dont la gestion est assurée à l'interne ou alors confiée à une banque. La récente crise boursière à démontré la fragilité de ce système. L'ampleur des pertes était telle qu'elle laissait supposer des placement à hauts risques tandis que les rendements dans les années de haute conjoncture étaient si faibles qu'ils suggéraient plutôt une prise de risques réduite. Cette incohérence révèle soit la présence de malversations soit une incompétence rédhibitoire.
Il faut aussi prendre en compte que la gestion des réserves dispersée entre 80 assureurs est dispendieuse. Les frais de courtage boursiers sont multipliés par autant d'acteurs qui agissent sans concertation et selon des motivations peu transparentes.
Véritable bouée de sauvetage censée couvrir une hausse des dépenses imprévue et importante, on constate que les réserves sont la plupart du temps maintenues à un niveau exagérément élevé pour être dévoyées dans une perspective de stratégie commerciale.
Une caisse publique présenterait l'avantage d'une gestion commune d'un fonds de réserve à l'échelle cantonale ou fédérale. On pourrait ainsi en abaisser le taux, optimiser sa gestion et la rendre transparente. Cela se traduira par une modération sensible des primes et allègera ainsi le fardeau qui pèse sur de nombreux citoyens de ce pays.

Écrit par : TV | 02/02/2011

Je trouve cette proposition interessante. Une question à TV: Vous parlez des réserves, dans le cas d'une acceptation de la caisse publique, que deviendront les réserves qui sont dans les caisses des assureurs? Les immeubles, terrains, etc. ? Tout ces biens seront-ils rendus à la caisse publique et donc aux assurés?

Écrit par : Nina | 02/02/2011

Il me semble que l'initiative prévoit le transfert de tous les actifs des assureurs Lamal vers la ou les caisses maladie publiques. Rien de plus normal dans la mesure où cette fortune a été constituée sur les primes payées par les assurés.
Mal surveillées et insuffisamment réglementées, ces réserves sont devenues au fil des années une véritable vache à lait pour les assureurs. Ceci ainsi que l'accès aux données personnelles que leur fournit l'assurance de base explique leur acharnement à ne pas vouloir se séparer d'une activité qui leur interdit théoriquement toute prise de bénéfices.

Écrit par : TV | 02/02/2011

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