16/12/2010

Bernard Rappaz: le retour

Je m'étais déjà prononcé sur le cas de B. Rappaz sur ce blog: http://guinchard.blog.tdg.ch/archive/2010/11/13/soyons-originaux-le-cas-b-rappaz.html

J'apprends sur le blog de la TG qu'un comité international (sic...) de soutien est en train de se constituer pour soutenir sa cause et fustiger l'attitude des autorités suisses en la matière..http://christianbrunier.blog.tdg.ch/archive/2010/12/16/comite-international-de-soutien-a-bernard-rappaz.html

Je ne veux pas me répéter, et je respecte les choix de B. rappaz, dans la mesure où il n'en fait pas un usage purement médiatique et personnel...et surtout dans la mesure où il assume les risques lui-même...

Il s 'est livré à des activités illicites,et a été puni pour cela, comme n'importe qui qui se serait trouvé dans le même cas. Si chaque dealer, producteur, importateur ou fournisseur de drogues illégales de ce pays, condamné, décidait de faire la grève de la faim, et de constituer un "comité international de soutien", où irions nous?

Devrions nous dès lors gracier, sous cette menace, tous les auteurs de délits ou de crimes condamnés à 5 ans de prison?

Ce n'est pas sérieux, et il est décevant de voir des hommes politiques élus par le peuple, anciens ou actuels, tremper dans cette affaire, alors même que leur rôle est d'élaborer des lois dont ils demandent ensuite la violation?

B. Rappaz a violé la loi, c est un fait admis. Qu'il conteste sa peine, d accord, avec ses moyens, mais avec une grève de la faim qui n'en est plus une, puisqu'il se nourrit partiellement.

Qui plus est, qu'un obscur éditeur français entame une grève de la faim "solidaire" n'apporte rien au débat.

Bernard Rappaz est en train de nous prendre en otage, et qui plus est pour une cause indéfendable, en l ' état de la législation, alors assez...!!

 

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Commentaires

Merci de votre billet dont je partage le contenu.

A épelucher la liste des membres de ce "Comité international de soutien de la cause de Bernard Rappaz", on y découvre les habituels ténors des causes les plus baroques et ... l’ambassadeur de France, Stéphane Hessel. C'est ce que nous dit le blog de Christian Brunier.

Mais que vient donc faire un représentant diplomatique officiel de la République française dans cette galère ?

L'ordre judiciaire suisse serait-il à ce point bancal qu'il justifie qu'on en émeuve en hauts lieux en Sarkozie ?

Cette ingérence dans les affaires d'un pays démocratique, souverain et voisin, qui plus est un Etat de droit, n'est-elle pas indécente ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/12/2010

Avec mes excuses :

" ... qu'on s'en émeuve ..."

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/12/2010

Je na’ pas pu finir votre billet…
Si chaque…
Il n’y a pas 100 ni 10 capables de le faire, Monsieur !!
Il n’y a pas 100 ni 10 avec le même coeur, Monsieur !!
Il n’y a pas 100 ni 10 avec les mêmes motivations, Monsieur !!
Il n’y a pas 100 ni 10 comme lui. Par contre, comme vous, il y en a.

Écrit par : abc | 17/12/2010

On veut construire une légende. Bernard Rapppaz n'a pas été condamné uniquement pour avoir cultivé du chanvre. Il a été condamné pour "pour lésions corporelles simples, gestion déloyale aggravée, blanchiment d'argent, violation grave des règles de la circulation routière, violation grave de la loi fédérale sur les stupéfiants, violation de la loi fédérale sur l'assurance vieillesse et survivants, violation de la loi fédérale sur l'assurance-invalidité, violation de la loi fédérale sur les allocations pour perte de gain et violation de la loi fédérale sur l'assurance-accidents". Il avait notamment roulé ses associés de près de 2'000'000 et employé du personnel sans payer les charges sociales.

S'il est donc en prison c'est pour des actes de criminel en col blanc, et il est piquant de voir des socialistes prendre sa défense.

Écrit par : Andres Gomez | 17/12/2010

Si la condamnation de Mr. Rappaz servait à diminuer la quantité de drogue à disposition sur le marché, alors là je serais d'accord. Mais on voit bien qu'il s'agit d'un règlement de compte de la part de la justice de son canton. Il s'agit d'une chasse aux sorcières plutôt qu'une lutte contre le trafic international.

Le droit pénal n'est pas fait pour réprimer les actions qui ne font pas de tort à autrui. C'est un principe fondamental, ainsi le suicide n?est pas réprimé, la grève de la faim de Bernard Rappaz non plus.

Donc on doit à protéger la santé publique. Comment? Le seul moyen est de réglementer de la même manière que pour les médicaments, l?alcool, le tabac. Le cannabis est dangereux parce qu?il est interdit.

Il est inadmissible que la police s?en prenne à des jeunes qu?elle n?a pas su protéger du marché noir, qui se déroule au vu et au su de tous. Il est urgent de légaliser pour mieux réglementer. Il faut garder les jeunes dans le giron de la société, au lieu de les pousser dans le caniveau.

Dick Marty :

J?ai combattu pendant 15 ans la criminalité de la drogue et j?ai reçu des distinctions. Pour ma gloriole, ce serait aisé de dire: il faut continuer la lutte. Mais des scientifiques, des Prix Nobel d?économie, des politiciens arrivent aujourd?hui à la même conclusion. Peut-être qu?un jour on fera preuve de moins de dogmatisme et qu?on fera face à la réalité avec des instruments plus réalistes.

Je constate que la lutte contre la drogue est un échec. Vous pouvez vous en procurer partout, même en prison. Nous vivons le même phénomène de prohibition qu?a connu Chicago avec l?alcool dans les années 30. Le crime s?est emparé de la production et du commerce des drogues, qui ont pris une valeur disproportionnée par rapport à leur valeur intrinsèque parce qu?elles sont interdites. La prohibition a créé le phénomène criminel le plus grave de tous les temps, avec un chiffre d?affaires de centaines de milliards de dollars. Cet argent est recyclé dans l?économie réelle, cause de corruption à tous les niveaux. Désormais des Etats entiers sont noyautés par la criminalité organisée.

Maintenant le cannabis est cultivé « indoor » ; cela va affaiblir le marché noir, mais c?est un comble pour une plante écologique de se retrouver sous des lampes gourmandes en électricité !

http://www.lematin.ch/actu/suisse/cannabis-swiss-made-361172

Écrit par : Topten | 17/12/2010

Là, je n'ai pas compris, M. ou Mme Topten. La gestion déloyale aggravée, le non-paiement des charges sociales, la violation grave des règles de la circulation et le blanchiment d'argent seraient des infractions qui ne font de tort à personne ?

Ainsi, à vous suivre, parce que la lutte contre la drogue serait un échec, il ne faudrait laisser des individus comme Rappaz voler plus de 2'000'000, ne pas payer les charges sociales de ses employés et rouler comme un dingue sur la route, tout en recyclant de l'argent obtenu en vendant de la drogue? Je ne vous suis pas très bien.

Écrit par : Andres Gomez | 17/12/2010

@ Andres Gomez

Vous ne me suivez pas car vous ne vous êtes pas suffisamment renseigné sur l'affaire Rappaz. Avez-vous lu sa version des faits?

http://rappazbernard.romandie.com/blog/14503/page/2

http://www.dailymotion.com/video/xp3tf_au-nom-du-chanvre_shortfilms

Si vous ne les connaissez pas, je vous demande d'aller jusqu'au bout des liens proposés. Nous parlons d'une personne qui est avant tout un paysan cultivateur.

D'autre part, voici le site où l'on vend actuellement des produits pour lesquels Bernard Rappaz était pionnier; peut être trouverez-vous quelque chose qui vous conviendra:

http://www.swisshempshop.com/cannabis/chanvre/

Écrit par : Topten | 18/12/2010

@ Topten :

Vous défendez Rappaz et c'est bien votre droit. Vous vous appuyez pour cela sur les thèses de Dick Marty, personnalité politique pour laquelle j'ai beaucoup d'admiration.

Sur la libéralisation du canabis chacun, ou presque, à un avis et je respecte celui de Dick Marty, comme le vôtre. Permettez-moi toutefois de vous faire remarquer qu'à ce jour, la culture, la vente et l'usage du canabis sont prohibés en Suisse, ainsi que dans la plupart des pays d'Europe, que toute transgression de la loi implique des poursuites et des sanctions. Par conséquent je ne vois pas pourquoi Rappaz devrait y faire exception, lui qui par ailleurs a été condamné également pour d'autres chefs d'accusation.

Pour légaliser le canabis, il faudrait modifier la loi. Toutefois, si la Suisse seule légalisait le canabis, il y a fort à craindre que notre pays serve alors de pourvoyeur pour les consommateurs des pays voisins. L'appel d'air ainsi créé engendrerait inévitablement de la criminalité pour le contrôle des marchés d'exportation, sans même parler des nuisances du produit lui-même sur la santé.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 18/12/2010

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