06/12/2010

Assistante au suicide...: vers un changement?

Le tribunal correctionnel de Boudry a acquitté ce lundi matin l'ancien médecin madecin cantonal de ce canton, membre d'Exit, qui avait elle - même procédé à un injection létale afin de délivrer une patiente, qui le voulait, des souffrances dues à une maladie incurable.

Arrivée trop tard à son chevet, l'ancienne médecin cantonale avait elle - même enclenché le processus fatal sur un signe du pied de la patiente, seul geste que celle-ci était capable d'accomplir.

En Suisse, l'assistance au suicide n'est possible en principe que si le patient lui-même enclenche la perfusion ou boit le mélange ad hoc. En l'espèce, cette patiente ne pouvait exécuter le geste elle-même, dans la mesure où elle était paralysée par une atteinte grave due à une maladie connue pour être incurable, douloureuse et fatale à terme.

La prévenue a donc procédé à ce qu'on appelle une euthanasie active, interdite par la loi actuellement, celle-ci n'autorisant que l'euthanasie passive, soit le fait de laisser mourir quelqu'un en s'efforçant de diminuer ses douleurs.

La frontière entre ces deux comportements est assez floue, et particulièrement hypocrite. En effet, où se situe la limite entre l'administration massive de morphine dont on connaît l'issue et l'injection létale directe...?

Seule la Hollande autorise l'euthanasie directe et active. La Suisse, pourtant pas trop en retard en la matière, devra certainement changer sa législation, sur la base de cette nouvelle jurisprudence. La volonté affirmée du patient, atteint gravement dans sa santé, et qui a manifesté clairement sa volonté, doit en effet primer sur toutes autres considérations.

La Constituante genevoise n'est pas entrée en matière sur ce point, partant du principe que le droit de mourir dans la dignité - et c est un droit majeur du patient - se rattachait aux droits généraux du patient. Elle l'a fait à juste titre, mais notre législation fédérale doit bientôt ancrer ce principe dans ses textes, et vite, afin de répondre aux souhaits légitimes des patients qui désire s'en aller de façon élégante et douce, conforme à la dignité humaine et à la préservation de ses intérêts légitimes.

21:21 Publié dans Constituante | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

l'avortement en soi n'est -il pas une forme d'euthanasie?les eugénistes l'ont pratiquée sans trop se poser de questions !
bien à vous et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 08/12/2010

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