13/11/2010

Soyons originaux: le cas B. Rappaz

Dans son blog, Mauro Poggia  http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2010/11/12/bernard-rappaz-mort-ou-vif.html se prononce sur le cas de Bernard Rappaz en stigmatisant l'attitude des médecins des HUG et en les menaçant, qui refusent de nourrir le détenu de force et contre sa volonté. A l'appui de sa position, il se réfère à une affaire qu'il a diligentée il y a 20 ans...

Depuis, les choses ont évolué: la loi sur la santé genevoise, entrée en vigueur en septembre 2006, a consacré le principe des directives anticipées, comme par exemple dans le canton de Neuchâtel, cité ce matin dans Le Matin dans un entretien de Jean Studer, Conseiller d'Etat.

Ces directives, véritable ordre donné au corps médical, permettent à tout patient qui les édite de faire savoir ce qu'il exige - et non ce qu'il souhaite - au cas où il se trouverait dans une situation de fin de vie.

B. Rappaz a signé de telles directives, et a clairement déclaré qu ' il ne souhaitait pas être alimenté de force en cas de grève de la faim...

Il a été condamné, sachant parfaitement pourquoi, et il n y a aucune raison de rejeter sur le corps médical des HUG une responsabilité que l'Etat du Valais botte en touche. En effet, vu l'état actuel de B. Rappaz, il y a de forts risques qu'il ne décède avant que le parlement valaisan ne se prononce sur sa deande en grâce...belle preuve de Ponce Pilatisme des valaisans, dont la responsabilité ultime ne doit pas être reportée sur les HUG.

Les directives anticipées de B. Rappaz ont fait l'objet de discussions entre lui et les médecins, il était conscient des risques qu'il prenait, à lui maintenant de les assumer.

Mais de grâce, pas de critique sur les HUG, qui appliquent avec rigueur la loi cantonale et les dispositions en faveur des droits des patients.

Me Poggia se veut menaçant, mais il n 'est plus d'actualité, il devrait adapter  ses lectures à l'air du temps....

 

14:05 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

Le Valais aussi devrait adapter ses réflexions à l'air du temps ...

Écrit par : hortensia | 13/11/2010

"Mais de grâce, pas de critique sur les HUG, qui appliquent avec rigueur la loi cantonale et les dispositions en faveur des droits des patients."

Pas si simple que cela. La loi genevoise ne prévoit pas ce que vous prétendez y lire.

S'il appartient bien de respecter la volonté libre et éclairée du patient, notamment par des directives anticipée (art. 48), ce principe souffre de dérogations textuellement prévue à l'article 50 alinéa 2 de la loi sur la santé publique :

"Art. 50 Mesures de contrainte

2 A titre exceptionnel et, dans la mesure du possible, après en avoir discuté avec le patient, respectivement le représentant qu’il a désigné, le représentant légal ou ses proches, le médecin responsable d’une institution de santé peut, après consultation de l’équipe soignante, imposer pour une durée limitée des mesures de contrainte strictement nécessaires à la prise en charge du patient :

a) si d’autres mesures moins restrictives de la liberté personnelle ont échoué ou n’existent pas et

b) si le comportement du patient présente un danger grave pour la sécurité ou la santé de lui-même ou d’autrui."


Le médecin PEUT..

Mauvaise loi qui laisse en principe à un médecin de décider sans que des critères d'exercice du pouvoir discrétionnaire, s'agissant de vie ou de mort, n'ait été sérieusement fixé par la loi.

Mauvaise facture sans importance dans le cas d'espèce. Celui ("le médecin responsable" ou celui qu'il a délégué) sera considéré comme ayant abusé de son pouvoir discrétionnaire au vu des contraintes juridiques résultant du statut de Rappaz et sera pénalement lourdement sanctionné.

Écrit par : CEDH | 13/11/2010

"au cas où il se trouverait dans une situation de fin de vie"
BR n'est pas pus en "situation de fin de vie" qu'en "fin de vie".
-
Pour autant que ce ne soit pas un imposteur, auquel cas il n'a même pas besoin de manger, il n'a qu'à se nourrir.
-
S'il perd conscience, on le nourrira sans le forcer et il ne sera, non plus, ni en "situation de fin de vie" qu'en "fin de vie".

Écrit par : ghf | 14/11/2010

Cher Guinchard,

Votre billet, ajouté à celui de Poggia, n'est que l'iilustration du fait que plus l'on met de juristes autour d'une table, plus l'on obtient d'avis différents. Ce n'est pas très rassurant pour le bon peuple...

Dans le cas de Rappaz, il convient de noter que nous sommes en présence d'un agitateur qui refuse toute sanction contre lui. En cela, il est un âne dénué de bon sens, ainsi que le relevait opportunément son ex-compagne, et mère de leur fille de 10 ans.

La question posée par Rappaz au travers de sa grève de la faim est politique et non juridique. Les états d'âme des médecins des HUG et de leur leader minimal ne sont pas pertinents car la responsabilité appartient au politique.

Il convient dès lors de condamner Rappaz à la vie, de gré ou de force, ne serait-ce que pour faire savoir au bon peuple que n'importe qui ne peut échapper à une sanction infligée par la justice. Et dire clairement à la fille de Rappaz que la société n'a pas laissé son père succomber à sa propre stupidité. Car il existe un fait têtu: Rappaz sera encore plus empoisonnant mort qu'il ne l'est vivant.

Écrit par : Déblogueur | 14/11/2010

Monsieur Guinchard,
Mon commentaire a été enlevé de votre billet.
Je suis persuadé que la raison est liée au fait que j’ai essayé de communiquer latéralement plutôt que verticalement. Si c’est le cas, je vous présente mes sincères excuses et au même temps je me permets de vous demander d’éditer quelques règles qui ne soient pas communes aux autres blogs.
Si la raison était une autre, je vous en prie, prenez un petit peu de temps pour me l’expliquer, vous avez mon email.
Merci d'avance.

Écrit par : Júlio | 14/11/2010

Il n'y a pas que ce M. Poggia. Il y a aussi le rédacteur en chef de 24 Heures, Thierry Meier, qui s'est fendu d'un éditorial insultant pour les HUG.

Ayant eu des contacts professionnels durant près de quatre décennies avec les HUG, j'en garde la plus haute estime, tant par leur compétence, que par leur éthique.

Quant à "les médecins ne sont pas au-dessus des lois" et autres tentatives de détourne un médecin de ce qu'il ressent être juste et bien, je répondrais à ces messieurs par la célèbre phrase d'Albert Einstein en quittant l'Allemagne des années trente pour les USA : " Ne faites jamais rien contre votre conscience, même si l'Etat vous le demande !"

Je respecte infiniment cette assertion d'Albert Einstein.

A son instar, rien ne nous oblige au plus profond de notre être, à mettre au service d'un pouvoir ressenti comme indigne, le meilleur de nous-même.

Si, au Chili de Pinochet ou ailleurs, des médecins ont coopéré avec des autorités pour réanimer des prisonniers afin qu'on puisse les torturer encore plus, ce sont à mes yeux des ordures qui devraient être déchus de leur autorisation de pratiquer la Médecine.

Dr Richard Spitz
Chargé de Cours Universitaire.

Écrit par : Dr Richard Spitz | 18/11/2010

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