04/10/2010

primes maladie: l'effet pervers d'une concurrence scélérate

Belote, rebelote et dix de der...Chaque automne voit la ronde des assureurs et de l'OFSP lors de l'annonce des primes de l'année suivante. A nouveau pour 2011, hausse programmée de plus de 6% en moyenne suisse, en particulier pour les jeunes (et la classe moyenne repasse à la caisse), et plus de 3% à Genève, alors que ce même canton réussit depuis 4 ans à maîtriser raisonnablement ses coûts et que les réserves de ses assurés atteignent allègrement les 500 millions de francs.

Premier constat: si ces réserves n'étaient pas exportées vers les cantons de nos frères alémaniques, elles permettraient de maintenir les primes des genevois au même niveau pendant deux à trois ans, forçant les assureurs à ramener ces réserves de 40% aux 10%, respectivement 15% prévus par la LAMal.

Deuxième constat: les assureurs ont tout intérêt à demander des hausses exagérées - de surcroît peu ou mal contrôlés par l'OFSP - que dès que ces annonces automnales tombent, les assurés se précipitent sur les sites qui comparent le niveau des primes pour 2011. Nantis de ces informations, ils envisagent dès lors de changer de caisse afin de choisir la plus favorable.

Troisième constat: ils y sont encouragés, et c 'est regrettable, par les directions cantonales de la santé, du moins pour les assurés que celles-ci subventionnent. Erreur crasse.

Quatrième constat: un assuré qui quitte sa caisse y laisse ses réserves, forçant ainsi la caisse nouvelle qui l'accueille à reconstituer des réserves sur sa tête. Fatalement, cette même caisse relativement bon marché devra, d'ici deux à trois ans, augmenter ses primes pour les nouveaux assurés qu'elle aura dû accepter. Le cycle infernal, cette pyramide des hausses artificielles, n'a ainsi pas de fin.

C'est là l'effet pervers de cette fameuse concurrence voulue entre les caisses, notion qui n'existe que dans le domaine de l'assurance-maladie et que l'on ne rencontre dans aucune autre assurance sociale de base.

Le remède: la caisse unique, avec une franchise en fonction des revenus, gérée sur le modèle de la SUVA, avec une représentation des assurés, des prestataires de soins et sous un contrôle enfin efficace de la Confédération.

Patience: la morgue des assureurs, la pauvreté de leurs campagnes publicitaires, la pénurie annoncée des prestataires et le ras le bol des assurés feront prochainement leurs effets. Le terreau n'a jamais été aussi favorable...

 

23:09 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Parfaitement d'accord ! Amitiés

Écrit par : Murat Julian Alder | 04/10/2010

J'aimerais bien quand même que quelqu'un m'explique une fois pour toutes et de manière convainquante pour quelle raison la caisse unique leur semble la panacée. Car j'ai beau réfléchir, je ne vois vraiment pas de raison objective à ce qu'une caisse unique faisse baisser les primes... Sauf à passer à une prime unique pour toute la Suisse. Mais dans ce dernier cas, pas nécessaire d'avoir une caisse unique...

Écrit par : Punica Fides | 05/10/2010

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